De Saint-Etienne à Saint-Pétersbourg: Yohann Mollo, le grand bond

Crédit : Evgueni Asmolov. Club Zenit
Un nouveau joueur français est arrivé dans le football russe. Et bien qu’il soit bien moins connu que ses prédécesseurs, il a été choisi par le plus grand nom du football russe, le Zenit de Saint-Pétersbourg.

Pendant les interviews, Yohan Mollo, le petit nouveau du Zenit de Saint-Pétersbourg ne cache pas sa joie : son transfert dans le club le plus riche et le plus performant de Russie de ces dix derniers années est pour lui un grand événement. Rien de très surprenant, car dans la ville sur la Neva, il pourra se battre pour les trophées : l’élève de l'AS Monaco de 27 ans n’a qu’une victoire à son actif, décrochée en 2013 en Coupe de la Ligue au sein du club qui l’a formé.

Entre-temps, Mollo a joué pour les Verts en tant qu'attaquant aux côtés du Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, à présent attaquant principal du Borussia Dortmund. Cependant, contrairement à Aubameyang que les meilleurs clubs du monde s'arrachent, Mollo n'est pas parvenu à décoller. Lui, qui a passé presque toute sa carrière dans des clubs moyens de ligue 1, ne peut plus que rêver d’un recrutement au sein de la sélection française.

Voyages dans la province russe

Mais pourquoi donc, par ailleurs, Mollo a-t-il été recruté par le Zenit, habitué à jouer en ligue des champions et à viser la victoire au championnat russe ? Une chose est sûre : le club ne l'aurait certainement pas appelé à Saint-Pétersbourg si en 2015, le Français n’avait pas accepté l’aventure avec les Krylia Sovetov, un des outsiders de la ligue russe. Le Belge Frank Vercauteren, entraîneur principal de l’équipe de Samara de l’époque, avait appelé Mollo dans la ville sur la Volga, sur quoi le Français a dit « chiche ». Sa mission dans la province russe aura finalement duré un an et demi.

Mollo en compagnie d'un jeune fan.

Tout le monde en est sorti gagnant : le Krylia Sovetov a bénéficié des performances d'un joueur qui a renforcé l'équipe sur le plan de l'attaque : Mollo a inscrit 5 buts et réalisé 9 passes décisives en 35 matchs, gagnant ainsi de lui-même son invitation dans le club Pétersbourgeois de renom.

Mollo signe un contrat avec Zenit.

« J'avais beaucoup de questions lorsque je me suis rendu en Russie. Mais pour moi le plus important était d’avoir la possibilité de jouer. Bien sûr je me suis senti un peu seul au début, mais maintenant je me suis intégré, j’apprécie déjà le championnat et son atmosphère »raconte-t-il aux journalistes.

Tendance à l'économie

Le transfert de Mollo a coûté 3 million d'euros au Zenit, une somme dérisoire pour un championnat encore très riche il y a encore peu. À titre de comparaison, le même club a invité le brésilien Hulk et le belge Axel Witsel pour la somme étourdissante de 100 millions d’euros.

Cependant, impacté par la crise économique de 2014, le club russe a dû réduire la voilure. Et si auparavant les managers de l’équipe chassaient souvent les pointures, ils jettent désormais leur dévolu sur les « chevaux de trait » comme Mollo.

Les grands noms ne sont pas venus en Russie

Les Français sont apparus en championnat russe il y a 17 ans, lorsqu'en 2000 les Torpedo moscovites ont accueilli le milieu de terrain Johann Duveau venu du CS Marítimo portugais. L’étranger, dont la présence était exotique à l'époque pour le football russe, n’était pas resté longtemps, Duveau ayant quitté le club légendaire des usines moscovites ZIL pour l’espagnol de troisième division Torredonjimeno CF après avoir joué trois matchs.

Du reste, il y eu rapidement beaucoup de moyens, et des joueurs européens de renom affluèrent dans le football russe.

Exemple, le transfert du Real Madrid vers l'Anji Makhatchkala du milieu de terrain Lassana Diarra en 2012, qui a laissé un arrière-goût amer. Voué à devenir le grand champion de la ligue russe, Diarra s’est toutefois vite aigri. Le joueur a quitté l'Anji au bout d’un an. L’année suivante, le Français a intégré le Lokomotiv Moscou, sans y briller non plus. On se souvient plutôt de lui pour le scandale qui a entouré son expulsion de l’équipe : les dirigeants du club ont rompu son contrat après qu'il ait raté un mois de sélections d’avant-saison de l’équipe pendant l'été 2014.

Florent Sinama-Pongolle, qui compte sur son CV de grands clubs comme le Liverpool Football Club ou l’Atlético de Madrid, n'a pas non plus réussi à se révéler en Russie. Cependant le joueur, considéré comme une étoile sur le papier, s’est fait beaucoup plus discret dans les rangs du club Rostov et s’est rarement trouvé dans la sélection principale. Après deux saisons peu productives (2012–2014), le Français est parti dans le sud de la Russie. Depuis il a changé plusieurs fois d’équipe, a joué brièvement aux États-Unis, en Suisse et en Irlande. Aujourd’hui, à 32 ans, le natif de La Réunion joue en Thaïlande.

En 2013, il restait encore en Russie un Français célèbre : les Kouban de Krasnodar sont parvenus à recruter Djibril Cissé, qui a porté 41 fois le maillot de l’équipe nationale. Cependant, tout comme Sinama-Pongolle, Cissé est arrivé en Russie à la fin de sa carrière, son heure de gloire remontant à la période 2004–2009, lorsqu’il jouait pour le Liverpool et l’Olympique de Marseille. Avec les Kouban, Cissé n'a pas démérité, marquant 5 buts en 25 matchs, mais il a préféré rentrer en France au bout de six mois, après quoi l'attaquant a rejoint le SC Bastia. Le joueur a annoncé en février 2017 la fin de sa carrière, et compte désormais se reconvertir en DJ.

Enfin, en 2014, un autre joueur de renom a intégré la ligue russe, cette fois-ci au zénith de sa carrière : le Dynamo de Moscou a signé avec Mathieu Valbuena, qui était à 29 ans le leader de l’Olympique de Marseille et une figure de l’équipe française. Au Dynamo, Valbuena a brillé, comme on pouvait l’attendre d’un joueur de haut niveau : au début de la saison, les supporteurs l’ont nommé meilleur joueur de l’équipe. Cependant lui-même ne s’est pas plu à Moscou, et il a quitté la capitale au bout d'un an. Une décision également influencée par le fait que l’UEFA a exclu le Dynamo de toutes les compétitions européennes à cause d’un manque de fair-play financier.

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