Dopage : la Fédération russe d'athlétisme dans la tourmente

L’ancien président de l’IAAF Lamine Diack est mis en examen dans une affaire de corruption impliquant des athlètes russes

Les athlètes russes sont de nouveau au centre d’un scandale. Cette fois, la Fédération russe d’athlétisme (FRA) est soupçonnée d’avoir versé des pots-de-vin pour dissimuler des faits de dopage.

L’ancien président de la l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) Lamine Diack a été mis en examen en France mercredi 2 novembre pour corruption. Il est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin de la part de la FRA pour dissimuler des faits de dopage des athlètes russes, informe Reuters.

Récemment, la chaîne de télévision allemande ARD a diffusé un documentaire citant des témoignages selon lesquels Liliya Shobukhova, multiple vainqueur de marathons internationaux condamnée pour dopage, aurait versé 450 000 euros aux dirigeants de l’IAAF pour pouvoir se présenter aux Jeux olympiques de 2012 à Londres.

Mikhaïl Boutov, secrétaire général de la FRA, a déclaré que la fédération « n’avait jamais été engagée dans ce type de relations » (TASS).

Artiom Patsev, juriste sportif, estime que la fédération russe d’athlétisme n’avait aucun intérêt à cacher les tests de dopage positifs de ses athlètes. « Les informations sur les tests de dopage positifs sont d’abord transmises à l’IAAF et seulement ensuite aux fédérations nationales. Cette question concerne en premier lieu l’IAAF. Je ne pense pas que quiconque au sein de la FRA soit prêt à payer un tel montant pour préserver son image dans une affaire qui concerne surtout l’athlète lui-même », a déclaré M. Patsev dans un entretien avec R-Sport.

Par ailleurs, une source anonyme du quotidien russe Kommersant a déclaré que les affaires de corruption dans lesquelles aurait trempé l’ancien président de l’IAAF n’étaient aucunement un secret pour les initiés. « Personne dans le monde de l’athlétisme n’ignorait que via son fils Pape Massata, qui dirigeait jusque récemment les programmes marketing de l’IAAF, Lamine Diack avait créé un système de pots-de-vin et d’extorsions ». L’expert anonyme indique cependant que la Russie n’était pas le seul pays impliqué dans ces schémas. « Des cas de dopage ont été dissimulés dans l’intérêt d’autres pays. Cela avait un coût, bien entendu », a-t-il indiqué.

En août dernier, Lamine Diack, président de l’IAAF depuis 1999, a cédé son poste au Britannique Sebastien Coe, double champion olympique du 1500 m. 

 

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