Souples et gracieuses : les secrets des gymnastes russes enfin révélés

Ruslan Shamukov / TASS
Le gymnastes russes sont les favorites du championnat du monde de gymnastique rythmique qui se tient du 7 au 13 septembre à Stuttgart, en Allemagne. Les primas d’aujourd’hui Yana Kudryavtseva et Margarita Mamun perpétuent les traditions victorieuses d’Alina Kabaeva, Irina Tchachina et Evgenia Kanaeva. RBTH s’est intéressé au secret des gymnastes russes.

1. Compétition à l’intérieur de l’équipe

L’équipe russe de gymnastique rythmique a toujours su compter sur un bon banc des remplaçants. Les leaders de l’équipe étaient toujours couvertes en cas de besoin. L’exemple le plus éloquent de cette entraide et concurrence saine remonte, sans doute, aux Jeux olympiques de 2000 à Sidney. La principale prétendante à l’or lors de l’épreuve combinée, Alina Kabaeva, a fait tomber son cerceau et n’a remporté que le bronze. Ioulia Barsoukova, une autre Russe, a alors remporté le titre.

Alina Kabaeva. Crédit : Reuters

Quand les gymnastes commencent à travailler avec l’entraîneuse en chef de l’équipe russe et présidente de la Fédération russe de gymnastique rythmique Irina Viner, elles doivent apprendre une règle fondamentale.

« Quand une athlète est obsédée par sa grandeur, son statut de star, c’est mauvais pour tout le monde, surtout pour la gymnaste elle-même », explique Viner dans un entretien avec le quotidien russe Rossiyskaya Gazeta. « Dans ce cas, il n’y aura pas de progrès. Quand tu montes sur le piédestal, tu es merveilleuse, une princesse. Mais dès que tu descends, tu oublies le triomphe et redoubles d’effort ».

2. Être son principal rival

Même si les Russes ont un très grand respect pour leurs rivales étrangères, elles ne cherchent pas à dominer quelqu’un d’autre pendant les compétitions, mais à se dompter elles-mêmes.

C’est ce qu’explique, à l’étape actuelle des Championnats du monde, Amina Zaripova, championne du monde et entraîneur de Margarita Mamun, victorieuse à l’épreuve combinée et médaillée d’or dans toutes les épreuves individuelles – cerceau, massues, ballon et ruban.

« J’ai aimé la performance de Margarita à cette étape des Championnats du monde de Kazan, notamment son état psychologique », explique Amina Zaripova, citée par l’agence All Sport. « Elle est sa principale rivale. Elle doit apprendre à combattre ses peurs, ses incertitudes. Pas pour battre Yana Kudryavtseva ou une autre rivale, mais pour se vaincre elle-même ».

 

3. Travailler au maximum

Les gymnastes russes placent la barre très haut. Leaders, elles donnent toujours le ton, tant dans les épreuves individuelles que par équipe. Même si la composition de l’équipe se renouvelle presque entièrement. Au championnat du monde par équipes, la Russie sera représentée par Anastasia Maximova, Diana Borisova, Daria Klechtcheva, Maria Tolkatcheva, Sofia Skoromokh et Anastasia Tatareva.

Margarita Mamun. Crédit : Reuters

Parmi les six jeunes femmes, seule Anastasia Maximova a de l’expérience et des titres. Elle est triple championne du monde. Pourtant, dès le début de la saison, la célèbre chorégraphe bulgare Lucy Dimitrova a donné aux Russes des programmes extrêmement compliqués avec des « tours fous et un rythme effréné ».

L’entraîneur du groupe Tatiana Sergaeva explique : « Nous ne choisissons jamais la voie de la facilité. L’équipe russe est un leader et elle doit être au-dessus de tout le monde. Il faut travailler et concourir de telle manière que les compétitrices disent : « La Russie c’est le cosmos, nous ne pourrons jamais la rattraper ».

4. Entraîneur avec un grand « E »

Quand, aux Jeux européens de Bakou, les journalistes étrangers ont une fois de plus demandé comment les gymnastes russes parvenaient à rafler presque toutes les médailles d’or aux compétitions importantes, Yana Kudryavtseva a répondu : « Nous avons la meilleure école de gymnastique rythmique, toutes les conditions y sont réunies pour gagner et grandir professionnellement. En Russie, on nous fournit tout – le logement, la nourriture, les salles ».

Margarita Mamun ajoute que tout cela est possible grâce à Irina Viner. Elle sait effectivement travailler avec « ses filles ».

« 70% de mon travail est un travail psychologique », explique Viner. « On ne peut le remplacer ni par l’exercice physique ni par les chorégraphies fabuleuses. J’essaie d’expliquer et de montrer en quoi consiste le sommet de la maîtrise. C’est une attitude bonne et positive vis-à-vis du travail, c’est un exercice fait avec amour, c’est le fait de se laisser emporter et de sortir de l’emprise du temps et des problèmes techniques ».

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.