Saransk se rêve en capitale mondiale du football

Le projet du future du stade à Saransk. Crédit : service de presse

Le projet du future du stade à Saransk. Crédit : service de presse

Une petite ville russe, située à plusieurs centaines de kilomètres de Moscou et dont presque personne en dehors de la Russie ne connaît l’existence, est-elle capable d’organiser une compétition sportive internationale de grande envergure – l’étape finale de la Coupe du monde de football ? Le gouvernement de la république de Mordovie, située dans la région de la Volga, est convaincu que la Coupe du monde 2018 à Saransk se déroulera au plus haut niveau.

Saransk, une ville de 300 000 habitants, capitale de la république de Mordovie située dans les plaines de la Volga, en a surpris plus d’un quand elle a été sélectionnée, aux côtés de Moscou et Saint-Pétersbourg, pour accueillir la Coupe du monde de football 2018. Sur les 11 villes russes qui accueilleront la Coupe du monde d’ici quatre ans, Saransk est, sans doute, la moins connue en dehors de la Russie. Toutefois, le gouvernement de Mordovie compte remédier à cette situation.

Alexeï Merkouchkine, vice-premier ministre de la république, nous raconte comment la région se prépare à accueillir la Coupe et des milliers de spectateurs étrangers.

RBTH : Où en est actuellement la construction du nouveau stade de Saransk ?

Alexeï Merkouchkine Crédit : service de presse

Alexeï Merkouchkine : Nous avons décidé de construire un nouveau stade avant même que la Russie ne soit sélectionnée pour accueillir la Coupe du monde, ainsi la construction a débuté avant les autres villes et est actuellement à un stade plus avancé. Nous avons connu une pause, car cette année, nous avons dû apporter des modifications au projet afin qu’il puisse remplir la nouvelle (sixième) version des exigences de la FIFA concernant les stades (handbook). Nous avons également légèrement modifié les solutions techniques (notamment, en ce qui concerne le nombre de loges), car nous avons proposé notre stade pour les matchs de poule et pour les quarts de finale (auparavant, nous ne préparions le stade que pour les matchs de poule).

Des milliers de supporters viendront assister aux matchs. Vous avez récemment annoncé vos projets de construction de nouveaux complexes hôteliers à Saransk. Qui financera ces projets ?

A. M.: Le programme russe de préparation à la Coupe du monde ne prévoit pas de financements publics pour les hébergements. Tous les investisseurs sont russes. L’hôtel Sheraton est en construction depuis un an et demi et sera finalisé l’année prochaine. Pour l’hôtel Mercure, nous avons finalisé l’appel d’offres il y a quelques jours.

Vous avez annoncé la construction, avec la compagnie britannique Snoozebox, d’un hôtel capsule démontable pour les supporters, et avez dit que l’un des hôtels serait, par la suite, transformé en un complexe résidentiel. Pourriez-vous nous parler de ces projets ?

A. M.: Notre idée est la suivante : nous ne construisons que ce dont la ville a besoin. Le complexe résidentiel Tavla est l’un des exemples de ce que nous recherchons. C’est un pur projet d’investissement de développement immobilier. Nous comprenons que du point de vue économique, il est un peu « lourd » pour les investisseurs, c’est pourquoi nous avons développé une série de mesures de soutien public.

Le budget prend en charge la préparation du terrain pour l’investisseur, l’installation de toutes les communications et les dépenses liées à la documentation de conception et d’expertise. La construction sera lancée au printemps prochain. Selon nos prévisions, il s’agira de six tours de 25-30 étages, soit 1 700 studios et deux-pièces. Le complexe sera situé à 500-600 mètres du stade, dans une partie de la ville qui est en pleine expansion.

Concernant Snoozebox, cette compagnie a travaillé lors des Jeux de Londres et des étapes de Formule 1. Ils proposent un concept intéressant d’hôtels mobiles. En fait, il s’agit d’un conteneur qu’on apporte, déploie et assemble. Il peut être simple ou plus complexe, jusque 4 étoiles. Nous leur allouerons un terrain à proximité de l’aéroport, à côté d’un étang.

Quel avenir attend l’aéroport et l’infrastructure des transports ?

A. M.: Le programme fédéral prévoit un montant de 2,5 milliards de roubles (environ 50 millions d’euros) pour la reconstruction de la piste de décollage et d’atterrissage, des parkings pour les avions et des systèmes de navigation. Au printemps prochain, nous lançons la construction d’un nouveau terminal ; en 2018,  pour le championnat, nous installerons également un terminal temporaire d’une capacité de 1 100 passagers par heure. La construction du terminal même sera probablement réalisée via un partenariat public-privé. Nous estimons que l’aéroport est une ressource stratégique importante, donc il ne sera pas entièrement transféré dans les mains du privé.

Quant aux autres moyens de transport, nous n’avons pas de problèmes ; un grand centre ferroviaire est situé à Rouzaïevka, ville satellite de Saransk. Des trains pour Moscou quittent cette ville toutes les dix minutes. Saransk est assez proche de Moscou, donc les visiteurs européens ne devraient pas avoir de mal à rejoindre la ville en voiture.

Comment envisagez-vous l’avenir du stade et des installations de transport ?

A. M.: Nous essayons de tout calculer, de tout prévoir. Prenez, par exemple, l’aéroport. Actuellement, avec un partenaire étranger, nous sommes en train de créer une compagnie aérienne interrégionale. Elle effectuera des vols réguliers dans la partie centrale de la Russie. Nous visons un modèle low-cost : petits avions, vols fréquents, prix modiques. Ce modèle marche au Brésil, comme au Canada et aux États-Unis. En Russie, l’aviation interrégionale est peu développée. Dans le monde entier, les transits interrégionaux ne peuvent fonctionner sans le soutien de l’État. Le ministère russe des Transports offre un soutien actif et des subventions au développement de l’aviation interrégionale. De fait, le nouveau terminal voit le jour pour cette nouvelle compagnie aérienne.

Avec la compagnie allemande Sport Five, nous travaillons sur l’utilisation commerciale future du stade. Une telle construction ne pourra jamais être rentable uniquement grâce au football. Les meilleurs stades du monde accueillent entre 150 et 200 manifestations par an. Le stade est situé dans le centre-ville avec un nouveau micro-quartier qui se développe autour, cela joue à notre avantage. Notre objectif est de construire un stade compact, multifonctionnel, économique et agréable. Deux entreprises étrangères souhaiteraient assurer la gestion du stade, nous sommes en négociations.

L’expérience montre que les villes les plus prospères sont celles qui proposent une histoire attrayante, une idée qui présente la région sous une lumière originale. Quel est pour vous le principal message de Saransk et de Mordovie pour le monde entier ?

A. M.: L’une des raisons pour lesquelles Saransk a été choisie et la FIFA nous a donné une bonne appréciation est le fait que nous sommes une république nationale. Le fait qu’une région finno-ougrienne ait obtenu le droit d’accueillir des matchs de Coupe du monde est hautement symbolique. Nous pouvons en surprendre plus d’un. Je ne veux pas dévoiler tous les secrets, mais l’un de nos principaux axes est l’aspect ethnoculturel – nous voulons montrer notre culture, notre cuisine et notre histoire. Je suis convaincu que nos visiteurs sauront l’apprécier.

 

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