« J’aime les équipes de football qui ont soif de victoires ! »

Crédit :  AFP / EastNews

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Frank Vercauteren, âgé de 56 ans, est le premier spécialiste belge dans l’histoire du football russe. Quatre mois après son arrivée, le temps de prendre ses marques en Russie, Frank a répondu aux questions du correspondant de RBTH. Le prétexte de cet entretien était tout à fait positif : son nouveau club Krylia Sovetov est devenu l’un des leaders de la deuxième division de football russe, la Ligue nationale.

RBTH : Comment votre vie en Russie a-t-elle changé au cours de ces 4 derniers mois ?

Frank Vercauteren : Quand on part pour une nouvelle destination, on se pose, bien entendu, plein de questions. Quelles sont la vie et ses habitudes ? Je connaissais peu la Russie, mais ces derniers temps, mon regard sur ce pays a beaucoup changé en mieux. Le pays offre beaucoup de possibilités pour un travail productif.

RBTH : Vous ne regrettez donc pas d’avoir accepté la proposition russe ?

BIOGRAPHIE

Né à : Molenbeek-Saint-Jean

Âge : 56

Ancien entraîneur national, il a remporté le championnat deux fois avec Anderlecht et une fois avec Genk. Il a dirigé les clubs Al-Jazeera (EAU) et le Portugais Sporting.

F.V. : Absolument pas. J’aime les équipes de football qui ont soif de victoires ! Aujourd’hui, je travaille avec une équipe qui a un potentiel non exploité et cela me fait plaisir. Cela apporte une motivation particulière à mon travail.

RBTH : Frank, vous êtes le premier entraîneur belge de l’histoire du football russe. Est-ce que cela booste vos ambitions d'entraîneur ?

F.V. : J’aimerais apporter quelque chose de nouveau au processus. Mais je ne voudrais absolument pas vexer mes collègues russes. Je ne suis pas de passage et j’aimerais atteindre l’objectif qui m’a été fixé.

RBTH : Votre vie à Samara est-elle très différente de votre vie habituelle ?

F.V. : Pas tellement, je suis quelqu’un de très peu exige ant sur ce plan. Mais je n’ai pas encore réussi à m’habituer aux échelles russes. Une distance ridicule pour les Russes est fastidieuse pour nous.

RBTH : Est-ce qu’on vous trouve fou en Belgique ?

 F.V. : Vous avez raison, les Belges connaissent peu le football russe. Pour beaucoup d’entre eux, la Russie est un grand mystère. Mais j’ai remarqué que mes collègues, tout comme de simples amateurs du football, s’intéressent de plus en plus aux tournants inattendus dans ma carrière d’entra îneur. Donc, dans une certaine mesure, je fais la promotion du football russe et de Krylia Sovetov (rires).

RBTH : Quel est l’équivalent de la Ligue nationale en Belgique ?

F.V. : Les meilleures équipes de la Ligue nationale pourraient parfaitement jouer en première division en Belgique. De nombreux joueurs russes sont techniquement meilleurs que mes compatriotes. Le travail dans la Ligue nationale n’est pas ennuyeux. Le niveau de l’équipe a une grande marge de progression. Le choix des joueurs correspond parfaitement aux objectifs de l’équipe.

En Belgique, j’ai franchi presque tous les échelons du football : j’ai travaillé avec des équipes de différentes divisions, et même avec l’équipe nationale. Aujourd’hui, je suis ravi de pouvoir me tester dans le football russe.

RBTH : Récemment, Jeroen Simaeys a rejoint l’équipe. La diaspora de joueurs belges est-elle amenée à s’élargir au sein de Krylia Sovetov ?

F.V. : Pour le moment, il est en train de s’adapter… Mais nous miserons surtout sur les joueurs russes.

RBTH : Les plus grandes stars du football belge jouent, généralement, dans les meilleurs clubs européens. En Russie, c’est tout le contraire. Pourquoi ?

F.V. : La composante financière dans le football russe est plus importante qu’en Europe. C’est pourquoi les Russes préfèrent jouer chez eux. En Belgique, les joueurs quittent le pays dès 16 ans à la recherche d’une rémunération correcte. C’est un grand problème.

RBTH : Quels joueurs de l’équipe nationale russe pourraient-ils concurrencer les stars européennes ?

F.V. : Tous, sans exception, pourraient jouer dans des clubs étrangers. Leur niveau technique le leur permet parfaitement. Mais les clubs russes sont souvent plus riches que les clubs étrangers.

RBTH : Un tiers du championnat de la Ligue nationale est derrière nous. Avez-vous la certitude que l’objectif – le retour de Krylia Sovetov en première division – sera atteint ?

 F.V. : J’essaie de ne pas trop y penser et j’enjoins les joueurs à ne pas trop regarder le tableau de classement. Mon objectif est de construire un jeu d’équipe. Aujourd’hui, le processus est bien plus important que le résultat final. Il faut créer un groupe soudé. Je dois travailler avec ce que j’ai.

Mais la rotation au sein de l’équipe est amenée à se poursuivre. C’est un processus normal. Nous devons hisser la barre de l'équipe toujours plus haut.

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