Des soldats russes au prochain défilé du 14 juillet ?

Crédit photo : Benjamin Hutter

Crédit photo : Benjamin Hutter

Immigration, football, cosmos ou encore défilé du 14 juillet : l’avenir des relations franco-russes ne manque pas de perspectives. A l’approche de la rencontre entre les premiers ministres russe et français le 1er novembre à Moscou, l’Observatoire franco-russe et le Conseil russe des affaires internationales ont compilé 20 idées pour renforcer les relations entre les deux pays.

Le conflit syrien, le régime de visas ou la construction d’un complexe culturel russe à Paris : ces sujets sont des grands classiques des relations franco-russes. « Nous voulions mettre en avant des axes de coopération moins exploités », introduit Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe.

Après un été de séminaires, de réunions et de consultations auprès du monde des affaires et des institutions scientifiques entre Paris et Moscou, 20 propositions économiques, politiques et symboliques ont vu le jour.

Elargir Erasmus et envoyer des militaires en Afrique

 Proposition numéro un : renforcer la coopération universitaire et scientifique. « C’est notre priorité », souligne Arnaud Dubien.

En clair, il s’agirait de réimplanter des lecteurs de français dans les universités polytechniques russes, d’étendre le programme Erasmus aux étudiants européens souhaitant faire une partie de leur cursus en Russie ou encore faire travailler historiens français et russe sur un manuel d’histoire européenne du XXe siècle.

« Ce travail s’inscrirait dans une réflexion globale sur la Russie et la France face à leurs passés », note le document constitué par l’Observatoire franco-russe et le Conseil russe des affaires internationales.

Autre axe à approfondir selon les experts : celui des partenariats dans les secteurs spatial, nucléaire et de l’armement. « Dans ce domaine nous sommes souvent concurrents quand il s’agit de signer des contrats avec des pays-tiers », remarque Andreï Kortounov, directeur du Conseil russe des affaires internationales.

Des coopérations pourraient pourtant être initiées ou approfondies, comme sur les centrales nucléaires de quatrième génération ou les lanceurs de fusées du futur, note le document. 

« Des contrats comme la vente de Mistral à la Russie, même s’ils sont souvent critiqués, sont très bénéfiques pour nos deux pays et ouvrent la voie à des projets plus ambitieux », ajoute Arnaud Dubien. 

Le document, intitulé « France-Russie : 20 propositions pour un partenariat d’avenir », s’attarde également sur la coopération des deux pays pour la paix dans le monde. Car au-delà de leurs frictions sur le dossier syrien, Moscou et Paris pourraient initier des missions communes là où leurs intérêts convergent.

« A court terme, il pourrait s’agir de la République centrafricaine », précise le document. 

Drogues afghanes et défilé du 14 juillet

 Le retrait militaire d’Afghanistan est programmé pour l’an prochain et les problèmes qui s’ensuivront concernent aussi bien la France que la Russie.

« Avec le départ des troupes internationales la circulation des narcotiques afghans va devenir très sensible. Car sans dispositif adéquat ils risquent de transiter par la Russie puis essaimer partout en Europe, notamment en France », remarque Andreï Kortounov.

Une solution, selon les experts, serait que la Russie et la France contribuent au développement global de l’Asie centrale pour éviter ce bond de criminalité

Le défilé militaire du 14 juillet fait toujours couler beaucoup d’encre en France. La proposition numéro 20 ne devrait pas faire exception, qui consisterait à inviter la Russie aux cérémonies en 2014 à Paris.

« Il y a un peu de provocation dans cette dernière idée mais surtout un grand poids symbolique », admet Arnaud Dubien. Car l’armée et le peuple soviétique ont payé le tribut le plus lourd dans la victoire sur le nazisme avec 27 millions de morts. 5 000 sont d’ailleurs tombés pour défendre Paris.

« La participation de militaires russes au défilé rappellerait la fraternité d’armes entre nos deux peuples et permettrait de tourner symboliquement la page de la Guerre froide », conclut le document. 

D’autres sujets moins sensibles politiquement pourraient également rapprocher les deux pays, qui travailleront ensemble sur l’Euro-2016 de football en France et la Coupe du monde 2018 en Russie. Des partenariats pourraient être noués tant en matière économique que sécuritaire. 

Le document sera transmis aux plus hautes autorités de l’Etat en France et en Russie. Il devrait être discuté dès le 1er novembre lors de la rencontre entre les premiers ministres russe et français Dmitri Medvedev et Jean-Marc Ayrault.

Lisez plus sur les relations franco-russes

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies