Gymnastique : échec de l'équipe russe, succès d'estime de Moustafina

Alexandre Baladin a remporté l'argent aux anneaux. Crédit : AFP/East News

Alexandre Baladin a remporté l'argent aux anneaux. Crédit : AFP/East News

C'est avec des résultats modestes – quatre médailles - que la délégation russe a conclu sa prestation aux championnats du monde de gymnastique artistique en Belgique.

Alexandre Baladin a remporté l'argent aux anneaux, tandis qu'Aliya Moustafina s'emparait du bronze au concours général et aux barres parallèles, ainsi que l'or à la poutre, ce qui a conforté la championne olympique dans son rôle de leader de l'équipe russe. Le championnat s'est déroulé pratiquement exclusivement sous la domination des délégations américaines, japonaises et chinoises.

C'est un fait : pour l'équipe russe, réduite par les blessures et les maux de ses meneurs, les championnats du monde s’annonçaient compliqués, son entraîneur principal, Andreï Rodionenko, ne s'en cachait même pas. Que dire quand un quart des femmes ne peut prendre part à la compétition ? Parmi les trois quarts restant arrivés à Antwerp et, dirons nous, toujours en vie, Tatiana Nabieva répondait présente malgré les blessures, sans pouvoir toutefois prétendre à de sérieux résultats. C'est Alia Moustafina, détentrice de quatre titres olympiques, qui a dû faire le travail aux cotés de la débutante Anna Rodianova, 16 ans, ces dernières ayant tout d'abord atteint la finale du concours général individuel, puis celle des autres catégories.

Le tournoi n'avait pas très bien commencer pour Moustafina. Elle a d'emblée pris la troisième place des épreuves combinées, devancée par les Américaines Simone Biles, débutante dans le championnat, et la championne olympique Kyla Ross. Elle n'est par ailleurs pas parvenue à montrer toute l'étendue de ses capacités aux barres parallèles, agrès sur lequel elle avait triomphé aux jeux olympiques de Londres. A Antwerp, Moustafina s'est cette fois contentée du bronze derrière la chinoise Huidan Huang et à nouveau l'américaine Kyla Ross. Moustafina a expliqué après coup qu'elle ne maîtrisait que depuis un mois le (très) difficile nouveau programme, pourtant il était clair que cette défaite dans sa discipline préférée l'avait touchée. Visiblement en colère, elle s'est emparée de l'or en clôture du tournoi, dans la plus fourbe des disciplines - la poutre – et a accompli de surcroît sa performance avec une incroyable facilité, faisant preuve d'éclat et de désinvolture.

C'est précisément chez les hommes que les Russes ont connu la plus grande partie de leurs difficultés. C'est en tous cas ce qu'affirme l’entraîneur principal, Andreï Rodionenko. Il était en effet difficile de ne pas voir à quel point s'est effondrée l'équipe masculine russe lors de ces championnats du monde. En revanche, le maître japonais, Kōhei Uchimura, s'est débarrassé de toutes difficultés. Champion olympique au concours général, Uchimura est à présent possesseur de quatre titres de champion du monde dans cette catégorie. Mais plus que la victoire habituelle d'Uchimura, c'est la prestation éblouissante du nouveau champion du monde, Kenzo Shirai, qui restera gravée dans les mémoires. L'unique participant russe à la finale du concours général individuel, le champion d'Europe David Beliavski, est arrivé à la douzième place. Et l'unique médaille masculine russe – l'argent aux anneaux – a été remportée par Alexandre Balandin.

« Nous nous sommes éloignés du niveau maximum dont est capable l'équipe. Visiblement, il est possible que quelque chose n'ait pas été entièrement prêt, a déclaré Monsieur Rodionenko à l'issue des championnats. Nous avons travaillé avec acharnement, pratiquement au-delà de nos forces, mais nous ne sommes pas arrivés ici dans les meilleurs conditions. Ce n'est en aucun cas une justification. Je dis simplement ce qui est ».

Article original publié sir le site de Kommersant le 7 octobre 2013.

 

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