F1 : « On n'est pas là pour se faire des amis, mais pour faire du business »

Oksana Kassatchenko ю 3Pour nous, les managers, le Grand Prix de Monaco est également une course très difficile". Crédit : Itar-Tass

Oksana Kassatchenko ю 3Pour nous, les managers, le Grand Prix de Monaco est également une course très difficile". Crédit : Itar-Tass

Le monde de la Formule 1 regorge de règlements, lois et recommandations officiels. Mais il y a aussi un ensemble de règles non écrites. La plus célèbre promotrice russe de courses automobile et directrice commerciale de l'équipe Caterham, Oksana Kossatchenko, explique pourquoi les pilotes et les techniciens n'aiment pas la piste de Monte-Carlo et quelles questions il ne faut pas poser aux pilotes.

Le grand prix de Monaco est le moment de vérité pour un pilote

Le Grand Prix de Monaco est connu pour son esprit. La ville entière, tout le pays et tous ses habitants et les visiteurs vivent pendant ces journées uniquement par la course. La F1 remplit tout l'espace. Autour c'est l'univers du luxe, il y a un grand nombre de yachts et de voitures chères. Cependant, tout le monde comprend que le Grand Prix de Monaco n'est pas le circuit parfait pour la Formule 1. La moindre erreur ou même une bavure peut vous envoyer dans la barrière de sécurité. Cette piste a des exigences élevées pour le pilotage. Par conséquent, le Grand Prix de Monaco n'est pas aimé de tous les pilotes, loin s'en faut. Pour eux, ce circuit, c'est le moment de vérité.

Un tel contact entre les équipes et les spectateurs n'existequ'à Monaco

Pour nous, les managers, le Grand Prix de Monaco est également une course très difficile. Sur tous les autres circuits on crée pour l'équipe des conditions spéciales, des couloirs, grâce auxquels vous pouvez vous rendre sans embouteillages jusqu'au paddock. Mais ici, vous devez marcher à pied, ou tout au moins vous déplacer en scooter. La vie bouillonne autour de vous: partout il y a des yachts, des voitures de luxe. A Monaco, le paddock et le garage sont séparés, et pour aller du premier au second, vous êtes littéralement obligé de jouer des coudes à travers la foule. Ce contact étroit entre les équipes et le public n'existe nulle part ailleurs. Par conséquent, dans l'ensemble les équipes n'aiment pas cette course. Elle est très compliquée en termes de logistique et d'organisation.
 
Ici personne n'évoquera votre vie privée

La Formule 1 n'implique pas de passer au scanner les gens qui y travaillent. Ici, personne n'est disposé à évoquer certains détails personnels. En général, les pilotes communiquent uniquement avec les journalistes sportifs qui les interrogent sur la course, sur des choses spécifiques liées au sport. Si des journalistes « life style » se rendent au Grand Prix, ils communiquent souvent soit avec la direction de l'équipe, soit avec les techniciens.
 
Pas de faux-pas : on vous surveille

Toutes les équipes font une étude préalable. La chose la plus simple, c'est quand les voitures sont sur ​​la grille de départ et que les représentants des équipes viennent et regardent. Formellement, c'est la première et seule occasion de voir ouvertement la voiture du rival, de comprendre quelles nouveautés elle possède. On ne va pas au garage des autres - c'est contre les règles. Tout ce qui n'est pas sur votre territoire est confidentiel et est destiné uniquement aux membres de l'équipe où il se trouve. On vérifie de façon stricte le respect de cette règle. Dans chaque garage, chaque motor-home, un tas de caméras captent tous les mouvements.

Ecclestone a littéralement créé la F1 à partir de rien

Dans la Formule 1, on ne se fait pas pas des amis. Dans la F1, on fait des affaires. Si je dis que j'ai plein d'amis dans la F1, c'est un mensonge. Mais j'ai beaucoup de partenaires commerciaux avec qui il est agréable de communiquer. Bernie Ecclestone est le principal. Il s'agit d'un homme d'affaires très dur, mais il a créé ce monde littéralement à partir de rien. D'un petit événement, qui a réuni quelques dizaines de voitures, il a créé le sport le plus rentable au monde. Ce monde tourne autour de lui.

Le logo sur la voiture, ce n'est pas le principal

La présence de Kaspersky Lab (société russe spécialisée dans la sécurité des systèmes d'information, ndlr) dans la Formule 1 est le premier exemple positif d'une interaction d'affaires classique avec une société russe. Kaspersky Lab octroie ses services à Fiat, et l'un des modes de paiement de ses services, cela peut être des publicités réalisées chez Ferrari. Coller un logo sur une voiture, n'importe qui peut le faire s'il a de l'argent. Mais tout le monde n'est pas capable d'en tirer du profit.

Oksana Kossatchenko

Oksana Kossatchenko est le plus célèbre promoteur russe de courses automobiles. Après avoir achevé la Faculté de philologie, Kosachenko commence une carrière à la télévision : elle devient commentatrice sportive. « Au début, je ne connaissais rien aux courses, mais j'ai eu un environnement exclusif », raconte Oksana. « Les gens étaient illuminés par leur idée, et il était impossible de ne pas être contaminée ». Le monde de la course automobile, Kosachenko l'a rapidement eu dans la peau : peu après elle a elle-même pris le volant d'une voiture et participé à des courses. En 2001, elle est devenue promotrice de Vitaly Petrov, qui avait alors 16 ans. Prenant sous son patronage le pilote de talent, Kosachenko l'envoie en stage en Italie, où elle sera son interprète personnel. En parallèle, elle développe une stratégie visant à promouvoir Petrov et conclut d'importants contrats de sponsoring. En 2010-2012, sa pupille entre dans la classe royale du sport automobile: les deux premières années pour l'écurie Renault, en 2012 pour Catherham. Depuis mars 2013 Kosachenko est directrice commerciale de Catherham. Oksana pense que les faibles n'ont rien à faire dans le sport. « Je travaille 16 heures par jour, je fais sans cesse le tour du monde. Mon ex-mari m'a dit : « On doit se séparer. Je suis trop volumineux pour entrer dans ta valise ».

 

Texte original (en russe) disponible sur le site de Moskovskie Novosti.

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