La Russie cherche à faciliter l’installation des russophones

La région de Rostov-sur-le-Don, 8 août 2014. Un enfant avec son chien dans le camp de réfugiés ukrainiens de Goukovo, près de la frontière russo-ukrainienne.

La région de Rostov-sur-le-Don, 8 août 2014. Un enfant avec son chien dans le camp de réfugiés ukrainiens de Goukovo, près de la frontière russo-ukrainienne.

Alexander Ryumin/TASS
Les experts estiment que cette décision est liée à l’augmentation du nombre de réfugiés ukrainiens arrivant en Russie.

Le gouvernement débloque 200 millions de roubles (plus de 2,6 millions d’euros) destinés aux régions accueillant des russophones ayant décidé de revenir en Russie. Les autorités voient ce programme comme un moyen de résoudre le problème des russophones restés à l’étranger suite à la chute de l’Union soviétique, ainsi que comme un levier afin d’attirer de la main d’œuvre dans le pays.

Selon le cabinet des ministres, l’argent est débloqué sous forme de subventions pour 59 régions de Russie. « Cette décision (de débloquer les ressources) permettra de créer les conditions nécessaires afin d’accueillir les russophones et d’augmenter le potentiel de main d’œuvre des régions russes », indique le gouvernement dans un communiqué.

Les experts estiment que la décision est due au nombre croissant de réfugiés ukrainiens qui, fuyant le conflit dans l’est de leur pays, se rendent en Russie. Le programme leur permet d’acquérir la citoyenneté de façon accélérée.

Svetlana Gannouchkina, experte des problèmes de la migration et membre du Conseil des droits de l’homme auprès du président, a déclaré à RBTH que les autorités tentaient d’adapter le programme au contexte actuel pour améliorer la situation des réfugiés ukrainiens en Russie. Selon le Service des migrations de Russie, plus d’un million de réfugiés sont arrivés d’Ukraine depuis le début de l’opération des troupes ukrainiennes dans le Donbass en avril 2014.

Toutefois, malgré le nombre important de personnes souhaitant quitter les pays voisins pour venir s’installer en Russie, ce programme n’a pas vraiment la cote parmi les russophones. D’après Svetlana Gannouchkina, ceci est dû aux difficultés liées à l’acquisition de la citoyenneté russe dans le cadre de ce programme. Si ce dernier permettait de simplifier le processus de naturalisation, il serait bien plus attractif, a-t-elle souligné.

Dans le même temps, depuis le lancement du programme, les autorités font tout pour le rendre plus attrayant en y ajoutant différents avantages et facilités. Toutefois, ces mesures n’ont pas réussi pour l’instant à provoquer un tournant dans l’attitude des participants potentiels.

Selon les données du Service des migrations, 400 000 personnes sont venues s’installer en Russie depuis l’application du programme en 2007, 100 000 russophones y ayant participé rien qu’en 2014, ce qui est lié au conflit armé dans l’est de l’Ukraine. Or, en lançant le programme, les autorités espéraient que 700 000 personnes viendraient vivre en Russie durant les cinq premières années de sa réalisation.

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