La piste de l’explosion pour expliquer le crash de l’avion russe

Les débris de l'avion russe qui s'est écrasé le 31 octobre dans le Sinaï.

Les débris de l'avion russe qui s'est écrasé le 31 octobre dans le Sinaï.

AFP/East News
Les enquêteurs et les services secrets occidentaux se concentrent actuellement sur deux pistes du crash de l’avion russe en Egypte. Des sources au sein de la commission d’enquête évoquent une explosion dans l’un des moteurs, mais la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, qui ne participent pas à l’enquête, disposent d’autres données. Selon leurs experts, la présence d’une bombe à bord serait la cause du crash.

La cause du crash de l’avion russe en Egypte pourrait être un attentat à bord ou une explosion dans l’un des moteurs. Cinq jours après le drame, les fonctionnaires et les médias étrangers privilégient ces deux hypothèses.

Bien que l’équipe internationale d’enquêteurs et la commission technique n’aient pas encore présenté les résultats de leurs travaux, et qu’elles s’abstiennent de toute supposition, les autorités britanniques ont d’ores et déjà officiellement déclaré qu’un attentat aurait eu lieu à bord. Cet avis est également partagé par les Etats-Unis, quoique les fonctionnaires américains préfèrent requérir l’anonymat.

Le Kremlin qualifie ces conclusions de « spéculations » et rappelle que le droit d’avancer des hypothèses n’appartient qu’aux enquêteurs. « Nous n’avons entendu pour l’instant aucune déclaration de la part de l’enquête. Toute autre supposition revêt le caractère d’information non vérifiée ou de spéculation », a affirmé le 5 novembre le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Le même jour, Alexandre Neradko, le directeur de l’Agence des transports aériens de Russie (Rosaviatsia), a souligné que les criminalistes analyseraient notamment l’éventualité d’un attentat à bord. La Russie évite pour l’instant de formuler une piste prioritaire.

Londres évoque un « engin explosif »

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a fait savoir mercredi soir ses « craintes que la chute de l’avion ait été provoquée par un engin explosif » placé à bord. Il a dit disposer d’un grand nombre d’informations, « notamment de données des services de renseignement ». A titre de « mesure préventive », Londres a décidé de suspendre tous les vols entre Charm el-Cheikh et le Royaume-Uni. L’Irlande a interdit à ses avions civils d’effectuer des vols non seulement au départ de Charm el-Cheikh, mais également à destination de cette station balnéaire égyptienne.

La chaîne de télévision américaine CNN et l’agence Associated Press ont annoncé précédemment, se référant à des fonctionnaires américains non nommés, que les services secrets avaient intercepté des messages de membres du groupe terroriste Etat islamique (EI). Selon ces sources, le renseignement américain estime lui aussi que l’Airbus russe a été victime d’une bombe. Toutefois, le porte-parole du département d’Etat américain, John Kirby, a déclaré que sa structure préférait ne pas commenter le crash avant la fin de l’enquête. Aucun commentaire officiel n’a été émis en réaction à l’information de la chaîne de télévision CBS News selon laquelle un satellite américain aurait détecté un mystérieux flash de chaleur au niveau de l’avion. Ce flash pourrait correspondre, d’après la chaîne, à une explosion, que ce soit d’une bombe ou d’un réservoir de carburant.

Explosion d’un moteur

L’Egypte, qui participe aux côtés des experts russes à l’enquête, dément pour l’instant l’hypothèse d’une bombe. « Le groupe d’enquêteurs ne possède encore aucune donnée ni preuve confirmant cette piste », a indiqué le 5 novembre le ministre égyptien de l’Aviation civile, Hossam Kamal. Selon toute probabilité, la cause du crash est une explosion dans l’un des moteurs, a affirmé mercredi le journal égyptien Al-Masri Al-Youm, se référant à des sources au sein de la commission d’enquête. Ces sources évoquent pour leur part les données des boîtes noires de l’avion.

De leur côté, les enregistreurs de vol ont « livré » leurs premières informations, a confirmé le ministère russe des Transports. L’agence Interfax a réussi à préciser auprès d’une source informée au Caire (où sont décryptées les boîtes noires) que l’équipage n’était au courant d’aucune défaillance technique jusqu’au moment de l’accident. Il s’avère que « 4 minutes avant la disparition de l’appareil des écrans radars, la situation à bord était normale et l’équipage échangeait de messages ordinaires avec les tours de contrôle ». Cependant, selon la même source, « le moment de la disparition de l’appareil des radars est précédé sur l’enregistrement de bruits étrangers à un vol normal ».

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