Vladimir Poutine retarde le premier tir du nouveau cosmodrome russe

Le 14 octobre 2015. Le président russe Vladimir Poutine (2e à gauche) inspecte le cosmodrome en chantier de Vostotchny. A gauche, le directeur général de l'Agence spatiale fédérale russe "Roskosmos" Igor Komarov.

Le 14 octobre 2015. Le président russe Vladimir Poutine (2e à gauche) inspecte le cosmodrome en chantier de Vostotchny. A gauche, le directeur général de l'Agence spatiale fédérale russe "Roskosmos" Igor Komarov.

RIA Novosti/Alexey Nikolsky
Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu au cosmodrome en chantier de Vostotchny pour une inspection et a décidé de reporter le premier départ d’un lanceur, prévu pour la fin de l’année. Il a indiqué qu’il ne fallait faire aucun « super-effort » et que la « qualité du résultat » primait. Un expert renchérit : la hâte recèle de grands risques.

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé dans la région de l’Amour (Extrême-Orient russe) pour une visite dans le cosmodrome en chantier de Vostotchny (Oriental) et a reporté le lancement de la première fusée en raison du retard sur le calendrier des travaux de construction.

A condition de fournir un « super-effort », le premier lancement pourrait être réalisé à Vostotchny fin décembre, a déclaré le 14 octobre au président le vice-premier ministre Dmitri Rogozine. Mais le chef de l’Etat a répondu que le pays avait besoin non pas de « rapports victorieux », mais d’un «  résultat de qualité ». « Alors entendons-nous : vous achevez la construction des systèmes de ravitaillement en eau et en électricité et vous entamez les préparatifs nécessaires. Prévoyez les premiers lancements pour le printemps 2016. Si vous le faites pour l’anniversaire du premier vol de l’homme dans l’espace (le 12 avril, ndlr), ce sera bien », a indiqué Vladimir Poutine.

Plusieurs officiels ont affirmé précédemment que le retard sur le calendrier des travaux n’empêcherait pas le lancement à la fin de l’année. Le président s’est félicité des progrès enregistrés, en constatant que les délais avaient été réduits de moitié : si avant, le retard était de huit mois, aujourd’hui il n’est que de quatre.

Les experts saluent eux-aussi la décision de reporter le premier lancement. « La hâte est à exclure, lors des travaux de construction en particulier. Car elle risque non seulement d’engendrer par la suite d’importantes dépenses en vue de redresser de la situation, mais également de provoquer des accidents », a confié à RBTH Andreï Ionine, membre correspondant de l’Académie Tsiolkovski de cosmonautique.

Il a rappelé que le cosmodrome était destiné en premier lieu au lancement de vols habités parce que « pour les autres objectifs, la Russie exploite Baïkonour situé en territoire du Kazakhstan ami et Plessetsk (dans le nord-ouest de la Russie, ndlr) ». Dans ce contexte, la date de départ d’un vol habité est beaucoup plus importante (initialement en 2018). « Presque personne n’a remarqué que cette deuxième date a été repoussée de cinq ans. Or, le premier lancement n’est qu’une étape intermédiaire. Maintenant le départ du vol habité est fixé à 2023 », a fait remarquer Andreï Ionine.

La construction de Vostotchny a débuté en 2010. Premier cosmodrome national civil de Russie, il garantira un accès intégral du pays à l’espace. En 2013, le chantier s’est retrouvé au cœur de plusieurs scandales : vingt affaires pénales ont été intentées pour détournement de fonds, abus de pouvoirs et arriérés de salaires. Plus de 220 fonctionnaires ont été mis en examen.

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