Poutine : pas d’ingérence dans le conflit interreligieux en Syrie

Sotchi, Russie, le 12 octobre 2015. Le président russe Vladimir Poutine a accordé un entretien à la chaîne de télévision Rossiya 1.

Sotchi, Russie, le 12 octobre 2015. Le président russe Vladimir Poutine a accordé un entretien à la chaîne de télévision Rossiya 1.

Alexey Nikolsky / TASS
Le 11 octobre dernier, une interview exclusive du président russe Vladimir Poutine a été diffusée dans l’émission Voskresni Vetcher (Dimanche soir) sur la chaîne de télévision Rossiya. Dans cet entretien, le président russe a évoqué l’opération en Syrie, la lutte contre les terroristes, la course aux armements et les ambitions de la politique extérieure russe.

À propos des terroristes

« Nous devons unir nos efforts pour lutter contre le mal. Ce qui s’est passé en Turquie est une attaque terroriste éhontée. <…> C’est une provocation évidente en pleine campagne électorale ».

« Nos collègues en Europe et aux Etats-Unis disent qu’ils combattent le terrorisme, mais nous ne voyons pas de résultats tangibles. De plus, les Etats-Unis ont fermé le programme d’entraînement de ce qu’on appelle l’Armée syrienne libre. Initialement, ils devaient former 12 000 personnes. Puis, ce nombre a été porté à six mille. Au final, ils ont formé 60 combattants à peine, dont 4 ou 5 personnes seulement combattent réellement l’Etat islamique. Les Américains ont dépensé 500 millions de dollars pour ça. Ils auraient mieux fait de nous donner cette somme. Nous l’aurions mieux utilisé pour lutter contre le terrorisme international ». 

À propos de la Syrie

« Nous avions prévenu nos partenaires, particulièrement les pays de la région, de nos intentions et projets à l’avance. Certains disent que nous l’avons fait trop tardivement. Mais je veux souligner que personne ne prévient jamais de la préparation et du lancement de ce type d’opérations. Alors que nous l’avons fait ».

« A ceux qui nous reprochent de frapper l’opposition modérée plutôt que l’EI et les autres organisations terroristes, nous répondons : admettons que vous connaissez mieux la situation sur le terrain, puisque vous y stationnez illégalement depuis plus d’un an, donnez-nous les cibles, nous y travaillerons. [Question : Ont-il refusé ?] Ils ont refusé ».

« Nous avons préparé ces opérations militaires. Nous avons concentré suffisamment de forces, moyens et munitions au bon endroit et au bon moment. Nous avons mené de longues missions de reconnaissance depuis l’espace et par air. <…> Tout cela nous a permis de recueillir des données supplémentaires. Ainsi, tout ce qui se passe dans le ciel et au sol ne sont pas des actions spontanées, mais la réalisation de projets préparés à l’avance ».

« Nous ne faisons aucune différence entre les chiites et les sunnites. Une partie importante de notre population (10%) est musulmane. Ce sont des citoyens russes au même titre que les chrétiens et les juifs. En Syrie, nous ne voulons surtout pas nous ingérer dans des conflits interreligieux ».

Sur les armements et les actions russes

« Il ne s’agit pas d’une course aux armements. <…> Notre programme national d’armement a été conçu il y a plusieurs années quand la situation internationale était calme. Le programme n’est pas réalisé parce que nous préparions des opérations agressives, mais parce que les principaux complexes d’attaque et systèmes de défense de l’armée russe devenaient obsolètes. Il était temps d’en changer ». 

« La politique extérieure russe est pacifique, sans aucune exagération. Si vous regardez la carte du monde et voyez le territoire que la Russie occupe sur cette carte, vous comprendrez aisément que nous n’avons pas besoin de territoires ni de ressources naturelles étrangers. La Russie est un pays autosuffisant ».

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.