Fortes inondations à Sotchi

Sotchi après des pluies diluviennes. Crédit : Ekaterina Lyzlova/RIA Novosti

Sotchi après des pluies diluviennes. Crédit : Ekaterina Lyzlova/RIA Novosti

La capitale des Jeux olympiques d’hiver 2014 est inondée. En moins de 24 heures, il y est tombé l'équivalent de deux mois de précipitations. Les canalisations n'ont pas tenu face aux pluies torrentielles et la ville a été inondée. L'état d'urgence a été décrété, les habitants ont été évacués. L'aéroport est le seul réseau de transports qui est en service alors qu'il a lui aussi été touché par l'inondation.

Jeudi matin, le 25 juin, une forte pluie a commencé à Sotchi et vers le milieu de la journée, 60 maisons étaient déjà inondées, la station de pompage, qui approvisionne les villages voisins en eau, a cessé de fonctionner, les trains ont commencé à avoir du retard et les gens ont été évacués.

D'après TASS, 350 personnes, dont des secouristes du ministère russe des Situations d'urgence, sont venues limiter les dégâts provoqués par l'averse. Des garnisons de pompiers des trois quartiers voisins sont venues en aide.Insert title here

Le maire de Sotchi Anatoli Pakhomov a déclaré que les canalisations des eaux de pluie créées pour les Jeux olympiques d'hiver n'étaient pas prêtes pour cette catastrophe naturelle. Selon lui, les constructeurs n'ont fait aucune erreur. « Les canalisations d'eaux pluviales, dont la construction obéit à toutes les règles, n'étaient pas prêtes pour les pluies torrentielles qui sont tombées ce matin », a-t-il dit.

Les constructeurs sont coupables

Les habitants, eux, accusent les constructeurs des sites olympiques. « Je pense qu'il y a trop de bâtiments qui ont été construits en ville, et cela bloque l'écoulement de l'eau. Les fortes pluies sont monnaie courante dans notre région puisque le climat est subtropical, explique Inna, une habitante locale  ».

Le rédacteur en chef de BlogSotchi , Alexandre Valov, partage le même avis. Il a déclaré à Gazeta.ru qu'à cause du relief de la région, l'eau stagnait dans les points bas de la ville et inondait les maisons. « On ne parle plus de déluge à ce niveau-là, mais d'inondation de grande ampleur. Je voudrais attirer votre attention sur les personnes qui se sont occupées de la construction des infrastructures olympiques, a-t-il ajouté. Des militants et des représentants des médias ont plusieurs fois attiré l'attention des autorités sur le fait que d'importantes infractions avaient été commises au cours de la construction des sites des JO-2014, des drains naturels ont notamment été détruits, ils auraient pu permettre à l'eau de s'écouler pendant les averses ». Un des villages situés à proximité du parc olympique avait déjà été inondé juste avant les Jeux olympiques et le problème n'a toujours pas été résolu.

Trop d'eau

Comme l'a expliqué Igor Epifanov, expert des systèmes de drainage et ancien spécialiste de Mosvodostok (entreprise qui s'occupe de la réparation et de l'entretien des systèmes de drainage de Moscou), on construit les systèmes de drainage en se basant sur les précipitations moyennes, on ne prévoit jamais les chiffres maximaux. « Cela coûterait trop cher de prendre en compte les précipitations maximales. J'ai même du mal à imaginer la grosseur des tuyaux qu'il faudrait pour assurer la récupération rapide des eaux pluviales dans une région subtropicale. En outre, en ville il ne doit pas y avoir de construction non autorisée qui pourrait gêner l'écoulement de l'eau, explique-t-il. Je ne pense pas que l'on puisse évacuer sans conséquences l'équivalent de deux mois de précipitations tombées en un seul jour. Si l'averse avait été moins intense, les canalisations ont pu être suffisantes ».

L'aéroport

L'aéroport a été le seul réseau de transports qui est resté en service pendant la catastrophe, bien qu'il ait été lui aussi inondé, souligne le directeur de l'Agence fédérale russe du transport aérien Rossaviatsia Alexandre Neradko. Pour éviter que cette situation ne se reproduise, une réunion de Rossaviatsia a eu lieu et il a été proposé d'équiper l'aérodrome d'une protection supplémentaire sous forme de digue ou de fossé, étant donné l'importance stratégique de l'aéroport dans la région. Le service de presse de Basel Aero, qui dirige l'aéroport, a déclaré que depuis vendredi 13h l'aéroport avait retrouvé un fonctionnement normal et total. « Nous aurions pu assurer plus de vols pendant l'averse, mais il a fallu limiter temporairement l'accueil des avions parce que ni les autoroutes ni les chemins de fer ne fonctionnaient et les gens ne pouvaient ni venir ni partir de l'aéroport, a expliqué le représentant de la compagnie. Les décisions ont été prises de façon individuelle pour chaque vol en fonction de la situation du terminal, de l'enregistrement et de la présence de passagers. Plusieurs avions ont atterri dans d'autres aéroports à cause de l'orage ».

Le service de presse a expliqué que les changements climatiques et la situation géographique avaient joué un rôle important. « L'aéroport peut résister à une catastrophe, mais il est toujours possible que quelque chose se passe mal, cette fois, les canalisations d'eaux pluviales ont défailli, elles ont perturbé le flot des eaux et ont inondé une vaste zone tout autour ».

Sotchi est loin d'être la première ville russe ayant connu des pluies torrentielles ces derniers jours. Précédemment, Koursk, Lipetsk et Moscou ont été inondées, la région de Kasnodar et l'Oural n'ont pas été épargnés non plus.

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