Les Russes craignent une guerre nucleaire

Crédit photo : Sergueï Krivosheïev / RIA Novosti

Crédit photo : Sergueï Krivosheïev / RIA Novosti

D'après le forum de sociologie Obshestvenoie mnenié (FOM), la majorité des citoyens de la Fédération de Russie croient actuellement à la possibilité d'une guerre nucléaire dans le monde. La menace atomique, selon les sondés, vient avant tout des Etats-Unis. Les experts en sont certains : c'est la situation internationale tendue en Ukraine qui renforce la crainte des Russes.

Selon les résultats du FOM réuni fin juin, 64% des Russes croient à la possibilité d'un conflit armé avec usage de l'arme atomique, tandis que 20% n'y croient pas et que 17% des interrogés ne se prononcent pas.

De plus, 53% estiment que le risque de guerre nucléaire est aujourd'hui plus important qu'il y a 15 ou 20 ans. 26% estiment que les risques sont restés les mêmes et 7% à peine pensent que le risques ont diminué (14% ne se prononcent pas).

Pour Grigori Dobromelov, directeur de l'institut de recherches, cette crainte massive d'une guerre nucléaire s'explique par l'interprétation de la situation politique donnée par les grands média. 

Selon le FOM, les sondés estiment à 52% que la « menace de l'usage de l'arme nucléaire » viendrait des Etats-Unis, à 12% que la menace est Nord-Coréenne, et à 9% qu'elle serait Pakistanaise.

Les Etats-Unis (77%) arrivent à la première place des pays considérés comme ayant des relations inamicales avec la Russie, suivis par l'Ukraine (66%) et le Royaume-Uni (19%). 

M. Dobromelov note que la situation en Ukraine a « crée une hystérie ». Par ailleurs, « il y a 15-20 ans, les relations entre la Russie, l'Europe et les Etats Unis étaient plus harmonieuses » ajoute Grigori Kertman, analyste pour le FOM.

Piotr Topitchkanov, expert des questions de prolifération des armes nucléaire au centre Karnegui de Moscou, estime lui que les craintes des Russes se justifient « juridiquement » : « Les relations russo-américaines sont conflictuelles, et les gens comprennent que le monde qu'on leur a dessiné au début des annés 90 ne s'est pas réalisé : aucun accord n'a été signé pour l'interdiction de l'emploi des armes nucléaires ».

A titre d'information, les sociologues ont précisé aux répondants que le « club de l'atome » était seulement composé des Etats-Unis, de la Chine, du Royaume Uni, de la France et de l'URSS, avant que ces derniers soient rejoints par le Pakistan, l'Inde et la Corée du Nord.

Selon le FOM, la majorité des interviewés craignent un délargissement du « club de l'atome ». Dimitri Dobromolov explique que des pays qui ne possèdent pas une position dominante dans le monde entier ont acquis l'arme atomique. Par conséquent, les gens se sentent moins en sécurité. 

Piotr Topitchkanov voit deux positions distinctes concernant les armes nucléaires : « Les hommes politiques peuvent continuer à maintenir un dialogue pour la diminution des armes nucléaires si c'est également ce que veulent les gens ».

Comme le montre le FOM, 74% des sondés sont pour un désarmement nucléaire intégrale (14% sont contre). Par ailleurs, 19% pensent que la destruction complète des armes nucléaires est possible pendant les dix prochaines années.

 

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