En France et en Russie, la culture financière des jeunes laisse à désirer

Crédit photo : Photoxpress

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En Russie et en France, les indicateurs du niveau de culture financière des jeunes de 15 ans sont inférieurs à la moyenne. Dans le classement global, les deux pays partagent la dixième place, avec un score de 482 points. Tels sont les résultats du test de culture financière PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Les résultats de l’étude portant sur la culture financière de 29 000 jeunes issus des 18 pays suivants : Australie, Belgique, Chine, Colombie, Croatie, Espagne, Estonie, États-Unis, France, Israël, Italie, Lituanie, Nouvelle-Zélande, Pologne, République tchèque, Russie, Slovaquie et Slovénie ont été présentés le 9 juillet au siège de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) à Paris.

La première place en termes de niveau de culture financière est revenue à la Chine (plus précisément à Shanghai, la plus grande ville du pays), qui cumule 603 points. La dernière place est occupée par la Colombie avec 379 points.

« La variation du niveau de compétence en culture financière est frappante, tant entre les pays et économies qu’au sein-même de ceux-ci », indique José Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE.

« Les résultats des élèves français en culture financière sont inférieurs à la moyenne des 13 pays et économies de l’OCDE ayant participé à l’évaluation. Environ un élève sur cinq, ou 19.4 % contre 15.3 % en moyenne dans l’OCDE, n’atteint pas le niveau de compétence de base en culture financière », explique Flore-Anne Messy, experte à l'OCDE en charge des questions d'éducation financière.

Dans l’ensemble, par comparaison avec d’autres pays, le niveau général d’éducation des jeunes Français devrait influer sur le niveau de culture financière. Il s’avère toutefois que les connaissances de base acquises à l’école (y compris les compétences de lecture et les connaissances en mathématiques) ne sont pas suffisantes pour permettre d’analyser des informations et prendre des décisions d’ordre financier. 

Seul 28% des jeunes disposent d’un niveau de culture financière supérieur à la moyenne.   

Selon certains experts, les autorités françaises accordent une attention insuffisante à l’amélioration de la culture financière des jeunes.

« Les résultats du test PISA 2012 sont cohérents avec les sondages qu’on a effectué avec TNS en 2012-2013 », explique Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. Selon ce dernier, le gouvernement développe à l’heure actuelle une stratégie nationale d’éducation financière.

Un site spécial est d’ores et déjà disponible. Ce site propose des informations de base sur l’histoire des finances, des outils pédagogiques et des jeux pour acquérir des connaissances en matière de planification du budget et apprendre à prendre des décisions d’ordre financier.  

1187 étudiants et 227 écoles de 42 régions du pays ont pris part aux tests PISA 2012 en Russie. Le niveau de culture financière de 17% des participants russes se situe en dessous des attentes PISA.

« Nous apprécions grandement les résultats de ce test. La notation de la Russie est inférieure au niveau moyen mais cela est compréhensible, dans la mesure où le marché financier russe est relativement jeune et n’a pas encore atteint le même niveau de développement que les marchés d’Europe », indique Anna Zelentsova, coordinatrice du projet « Contribution à l’amélioration du niveau de culture financière et au développement de l’éducation financière en Russie » du ministère des Finances de Russie.

« Ces résultats signifient toutefois que nous devons prendre des mesures supplémentaires afin d’améliorer la culture financière des habitants du pays. Il est indispensable d’enseigner à nos jeunes comment analyser de l’information financière et développer leur capacité à prendre des décisions financières éclairées », a-t-elle ajouté.

Selon l’expert russe, l’école est amenée à jouer un rôle clé dans l’amélioration de la culture financière de la population. Afin d’impliquer l’école dans la totalité du programme et de faire de l’éducation financière une matière obligatoire, il est indispensable de réaliser un travail bien précis.

Il s’agit d’un côté de travailler avec les parents, lesquels sont de plus en plus critiques envers les programmes scolaires, du fait du nombre élevé de matières et de la charge de travail élevée des enfants.

« A l’heure actuelle, 10 régions de Russie mènent des projets pilotes visant à améliorer la culture financière. Avant le début de l’année académique, nous prévoyons d’organiser des rencontres avec les parents d’élèves de plusieurs écoles, afin d’expliquer la nécessité d’un tel travail, et d’écouter leurs opinions », a déclaré Mme Zelentsova.

Selon les résultats de la partie russe de l’étude, 72% des enseignants ont répondu que la culture financière était absente de leurs programmes. « Les enseignants n’ont souvent pas accès à la documentation pédagogique indispensable. Il est nécessaire de prêter attention à la formation des enseignants eux-mêmes », a indiqué l’expert.

L’expert a également évoqué la participation des banques et institutions financières à ce programme national de renforcement de la culture financière. Selon Mme Zelentsova, il est très important de les impliquer dans ce processus.

« Les acteurs privés peuvent aider à sélectionner des approches efficaces et créatives pour le développement des compétences financières, en particulier pour les étudiants. Il est très important de s’adresser aux jeunes en parlant leur langage, en utilisant des outils de communication modernes, ainsi que les réseaux sociaux », a-t-elle ajouté.  

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