Les Russes veulent s'armer pour défendre leurs propriétés

Crédit : Itar-Tass

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Les Russes demandent l'autorisation de détenir une arme pour défendre leur habitation. Pour le moment, il existe en Russie une présomption de culpabilité par rapport aux gens se défendant ou défendant leur biens à l'aide d'une arme. Plus de 100 000 personnes ont voté sur un site pour la proposition d'apporter les modifications adéquates au Code Pénal de la Fédération de Russie.

Le site d'initiatives citoyennes a été crée il n'y a pas longtemps à l'initiative du Président de la Russie pour avoir la réaction de la population aux projets de lois et à des propositions importantes. C'est justement sur ce site qu'on a proposé aux Russes de voter pour la disposition qui considérera toute action accomplie à domicile pour la défense de son patrimoine, de sa santé et de la vie de ses proches comme de la légitime défense. L'initiative a été nommée « Ma maison-ma forteresse », écrit le journal Moskovski Komsomolets.

Aujourd'hui, dans le Code pénal, le terme d'autodéfense ne s'applique seulement qu'aux cas où le citoyen défendrait sa propre vie ou la vie d'une personne qu'on attaque. Si des voleurs essaient alors d'arracher un sac à main, on peut se défendre seulement de façon appropriée, c'est-à-dire ne pas donner le sac à main, mais ne pas tirer. C'est la même chose pour le cas de cambrioleurs, s'ils pénètrent chez vous mais qu'ils ne vous menacent pas avec un pistolet, alors le fusil dans vos mains sera déjà illégal.

Maria Boutina, présidente du directoire du mouvement « Droit à une arme », a expliqué l'esprit des changements proposés au vote de la société civile « Il est envisagé d'apporter des changements à cet article pour permettre au citoyen de défendre sa maison, ou soit le lieu de résidence temporaire juste après l'intrusion illégale. Il ne s'agit pas d'un acquittement automatique d'un citoyen qui faisant usage d'une arme ou commettant d'autres actions, il faut étudier chaque cas séparément, serait défendu par l’État. »

Dmitri Galotchkine, membre de la Chambre civique a expliqué que « maintenant le destin de cette initiative dépend de l'activation de la société civile, de la poursuite du travail énergique au niveau des experts et de l'interactivité avec les législations, on a réuni pour cela une « table ronde ». Nous comprenons que toutes les initiatives, qui ont mobilisé 100 000 personnes, ne peuvent pas aller jusqu'à un examen au parlement. Cette initiative est hors de la politique est rassemble des représentants de partis politiques et de points de vue tout à fait différents. Nous voulons que les représentants de différents partis parlementaires et le plus grand nombre de députés possible la soutiennent. »

Mikhaïl Vinogradov, psychiatre-criminologue, directeur du Centre l'aide juridique et psychologique en situation extrême, est certain qu'il y a assez de parlementaires à la Douma qui peuvent s'emparer d'un thème assez fort et accepter le document. « Je suis pour autoriser les Russes à posséder une arme à feu pour se défendre et défendre leur propriété », explique l'expert. Vinogradov précise qu'on peut accepter une loi légalisant l'usage des armes à feu seulement dans le cas d'un règlement des problèmes de corruption. Il veut dire que quand un individu ne pourra pas s'acheter un pistolet sans entrave avec un pot-de-vin. « Il est alors important que n'importe quelle personne à qui on autoriserait à utiliser une arme, soit préparée, sache s'en servir et soit apte. En revanche, avec l'aide de la corruption dans ce domaine, les pistolets ne tomberont pas dans de bonnes mains, il est alors difficile d'évaluer les conséquences futures. Il y a maintenant assez d'escrocs qui aident ceux qui le souhaitent à acquérir des armes non-létales », conclut le psychiatre.

Sergueï Gontcharov, député de l'assemblée municipale de Moscou et président de l'association des vétérans de la division antiterroriste « Alpha », considère au contraire le projet de loi irréaliste et même dangereux pour la société russe. « Les auteurs de cette initiative s'appuient sur le modèle américain, où pour la violation des limites d'une propriété on peut se retrouver dans le viseur et le propriétaire de la propriété aura toujours raison. Dans notre situation, ce principe ne convient pas. La pratique est telle qu'en 1993 on avait autorisé l'arme non-létale, en espérant que la population se défendrait elle-même des criminels, mais on ne se doutait pas que ça pouvait devenir une arme d'attaque. On règle les conflits sur la route, les disputes quotidiennes à l'aide d'une arme pneumatique et à gaz, explique le député. Je pense qu'il n'y a pas besoin de donner aux Russes le droit de défendre leur propriété à l'aide d'une arme. La disposition actuelle du code pénal convient pleinement à la situation ». 

 

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