La MGU rejoint le Top 10 des meilleures universités des pays du BRICS

Dans le classement mondial réalisé par QS, l'Université d'État Lomonossov de Moscou arrive en 120e position. Crédit : Lori / Legion Media

Dans le classement mondial réalisé par QS, l'Université d'État Lomonossov de Moscou arrive en 120e position. Crédit : Lori / Legion Media

Les universités russes sont cotées dans les pays en voie de développement bien qu’elles restent loin derrière les universités chinoises. Elles ne parviennent même pas à se classer parmi les 100 meilleurs établissements d’enseignement supérieur internationaux. Les experts expliquent cela par le fait qu’historiquement, les universités russes ne se consacraient pas à la science, mais à l’éducation.

A la mi-décembre, l'université d'État Lomonossov de Moscou a atteint la troisième place du classement des meilleures universités des pays du BRICS. Le classement des universités russes, brésiliennes, indiennes, chinoises et sud-africaines a été réalisé par Quacquarelli Symonds World University Rankings en partenariat avec l’agence Interfax. Le leader incontestable de ce classement est la Chine. Les deux premières positions sont occupées par ses universités : l'Université Tsinghua et l'Université de Pékin. Six établissements russes et 22 établissements chinois se hissent parmi les 50 meilleures universités des pays du BRICS.

Cette année, QS a publié le premier classement régional pour les pays du BRICS. Les experts ont évalué la qualité de la formation, la réputation des diplômés auprès des employeurs, les accomplissements académiques – la quantité de publications scientifiques et de références à ces publications. Un nouveau critère a également été introduit- la part d’enseignants ayant un doctorat. Bien que cette étude classe la Russie loin derrière la Chine, globalement le classement de QS est favorable à l’enseignement supérieur russe.

Problème de langue

Deux semaines avant la publication de ce classement, le magazine britannique Times Higher Education avait publié un classement similaire d’établissements supérieurs des pays en voie de développement. Les deux premières positions de ce classement sont identiques à celles déterminées par QS, mais l’appréciation des succès de l’enseignement russe par les Anglais est bien plus modeste. L'université d'État Lomonossov de Moscou,  dans ce classement, n’arrive qu’en dixième position. Une autre université russe parvient à se hisser dans ce classement – l’Université d'État de Saint-Pétersbourg- mais en 67e position seulement.

Le magazine britannique déclare que la « Russie est en dépression » et que son système éducatif est replié sur lui-même. Le classement est influencé par le fait que les travaux scientifiques sont publiés en langue russe ce qui complique leur diffusion dans le reste du monde. Parfois, même les informations générales sur les établissements, publiées sur leurs sites Internet, ne sont pas traduites en anglais, ce qui rend l’évaluation de ces établissements par les agences internationales quasi-impossible.

En effet, selon Times Higher Education, la Russie se retrouve littéralement derrière la planète entière dans le classement général des établissements supérieurs internationaux, publié en octobre. Aucune université russe ne s’est classée dans le Top-200, l'Université d'État Lomonossov de Moscou étant le seul établissement russe ayant parvenu à se classer dans le Top-400. A titre de comparaison, dans le classement mondial réalisé par QS, l'Université d'État Lomonossov de Moscou arrive en 120e position, l’Université d'État de Saint-Pétersbourg en 240e position et l'Université technique d'État de Moscou-Bauman en 334e position. La première place du classement QS revient au Massachusetts Institute of Technology, la deuxième à l’Université de Cambridge et la troisième à l’Université Harvard.

Critères divers

La publication de chaque nouveau classement international est un coup dur pour la réputation de l’enseignement supérieur russe.

D’un côté, les autorités du pays et les représentants du milieu académique qualifient les résultats de ces classements d’inadéquats et veulent créer leur propre échelle de mesure des savoirs. En juin dernier déjà, le président russe Vladimir Poutine a chargé le ministère de l’Education d’élaborer les critères pour la création d’un classement national des universités russes.

Puis, fin novembre, l’idée a été reprise par le recteur de l’Université d'État Lomonossov de Moscou Victor Sadovnitchi : « Je soutiens la création d’un classement qui répondrait au modèle classique de l’université. Nous sommes prêts à accueillir le siège d’un tel classement en Russie. Essayons d’évaluer l’université en tant que centre de la culture, de l’éducation, des sciences – l’université aux traditions fortes qui joue un rôle immense dans son pays ».

Investissements dans le classement

Le gouvernement russe, par ailleurs, ne nie pas l’importance de la reconnaissance de l’éducation russe sur l’arène internationale et projette d’investir 35 milliards de roubles pour augmenter le prestige des universités russes. L’un des objectifs poursuivis est de rentrer dans le Top-100 des établissements internationaux du classement QS. En 2014, 10,5 milliards de roubles seront alloués à cet effet. Outre l’Université d'État Lomonossov de Moscou et l’Université d'État de Saint-Pétersbourg, dont le financement bénéficie d’un poste propre dans le budget d'État, 15 autres universités obtiendront des financements nationaux. Notamment, l'Université fédérale d'Extrême-Orient, l'Institut de physique et de technologie de Moscou, l'Université nationale de recherche École des hautes études en sciences économiques, l'Université d'Etat aérocosmique de Samara.

Irina Abankina, directrice de l’Institut de développement de l’enseignement de l’École des hautes études en sciences économiques note que « les classements internationaux promeuvent, en premier lieu, la mobilité des étudiants ». « Les diplômés de ces établissements jouissent d’une plus grande confiance auprès des employeurs étrangers. Et cela s’applique aux sociétés qui se lancent dans la haute technologie en Russie, dans les domaines de l’informatique ou de production d’équipements médicaux couteux », explique la professeure.

Irina Abankina estime que le retard des établissements supérieurs russes dans les classements internationaux a ses propres causes historiques. « Les trois-quarts des critères des classements internationaux évaluent le niveau scientifique des universités, et un quart seulement la qualité de l’enseignement. Notre niveau d’intégration scientifique dans les universités est très faible, et il y a pour cela des raisons historiques. En Russie, les universités forment les étudiants avant tout, la science est le domaine des instituts de recherche scientifique et des instituts académiques séparés ».

 

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