Attentat-suicide à la gare de Volgograd, 18 morts

Les victimes se trouvaient autour du portique au moment de l'explosion. Crédit : RIA Novosti

Les victimes se trouvaient autour du portique au moment de l'explosion. Crédit : RIA Novosti

La ville de Volgograd, dans le sud de la Russie, se situe loin des grandes villes symboles du pouvoir, à bonne distance des zones sensibles du Caucase, et à près de 700 kilomètres de Sotchi, où se tiendront les prochains Jeux Olympiques d'hiver. Pourtant, c'est la deuxième fois en moins de deux mois que l'ancienne Stalingrad est victime d'un attentat. Un bilan plus lourd a pu être évité grâce au système de sécurité mis en place dans la gare où s'est produit l'explosion. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans l'ensemble des gares et aéroports du pays.

La foudre est sensée ne jamais tomber deux fois au même endroit. La ville de Volgograd fait malheureusement exception à la règle. Car c'est bien la deuxième fois en deux mois que la ville est touchée par une attaque terroriste : le 21 octobre, une femme kamikaze s'était faite exploser dans un autobus. Dimanche 29 décembre, l'explosion s'est produite dans la gare ferroviaire Volgograd-1 située dans le centre de la ville.

Vassilissa Vassileva travaille dans un restaurant qui se trouve juste en face de la gare.

« L'explosion était si forte que notre bâtiment a été complètement secoué ; on pensait même que c'était nous qui avions été attaqués », raconte la jeune femme. « C'est en se précipitant à l'extérieur qu'on s'est rendu compte que c'était la gare qui avait été touchée. Des gens étaient étendus sur les marches de l'entrée principale. Toutes les vitres du bâtiment avaient été soufflées par l'explosion et de la fumée noire s'échappait depuis la fenêtre du premier étage ».

« L'horloge de la gare s'est arrêtée au moment de l'explosion, à 13h07. Mon copain Pacha a tout de suite cherché à joindre son ami qui travaille dans la police ferroviaire. Ce dernier lui a dit qu'il était blessé et qu'il ne pouvait plus parler. On a compris que les choses étaient graves. »

Selon un bilan provisoire, l'explosion a causé la mort de 18 personnes et en a blessé 37 autres, dont une trentaine grièvement. Une fillette de 9 ans fait partie des blessés et a dû subir une opération chirurgicale.

Les premières équipes de secours sont arrivées sur les lieux du drame seulement quelques minutes après l'explosion. La police a bouclé le bâtiment tandis que des démineurs et des maîtres chien étaient dépêchés sur place.

Selon les premiers témoignages, une femme a déposé son sac sur le tapis roulant de l'appareil de contrôle des bagages à l'entrée de la gare, avant se s'engager sous le détecteur de métaux. C'est à ce moment-là qu'a eu lieu l'explosion. Suite à l'attentat d'octobre dernier, on avait assisté à un renforcement des normes de sécurité. La vigilance était de rigueur. Les appareils à rayons X, loin de faire de la figuration, fonctionnaient réellement. Toutes ces mesures se sont cependant révélées insuffisantes.

Les victimes se trouvaient autour du portique au moment de l'explosion. L'information selon laquelle l'auteur de l'attentat était une femme kamikaze a été presque immédiatement diffusée par le Comité national russe de lutte contre le terrorisme. Une plainte contre X a été déposée conformément aux articles du code pénal russe portant sur les « Actes terroristes » et l'« Usage illégal d'engins explosifs » .

Partis de Kizliar dans le Caucase, Valentina Oustinova et son neveu, Ivan Konovalov, se rendaient via Volgograd dans la ville d'Oulianovsk. A 15h, ils devaient prendre le train « Kislovosk - Ekaterinbourg ». Ils attendaient leur correspondance depuis quelques heures et, après s'être promenés en ville, avaient repris place dans la salle d'attente de la gare.

« Au début on a entendu une petite détonation », raconte Ivan. « J'ai cru que quelqu'un faisait sauter un pétard avant Nouvel an. Puis ça a explosé pour de bon : les vitres ont éclaté avec des flammes. J'ai seulement eu le temps de me protéger le visage. »

« Nous nous trouvions assez éloigné de la bombe mais la déflagration a quand même mis le feu à notre manteau de fourrure. Les gens ont immédiatement commencé à sortir par les fenêtres. Je ne voulais pas regarder le lieu de l'explosion qui était plein de sang et d'éclats de verre. »

Svetlana Demtchenko et son amie faisaient partis de ceux qui se trouvaient proches de l'explosion :

« J'ai été éblouie par le flash et suis tombée par terre », raconte Svetlana. « C'est probablement ce qui m'a sauvé la vie. »

Tatiana et Loudmila travaillent comme femmes de ménage et s'occupent précisément de la partie centrale du bâtiment, où se situent les détecteurs de métaux. Elles commencent leur déjeuner à 13h et s'étaient donc rendus au sous-sol afin de manger dans la pièce réservée au personnel. La bombe a explosé quelques minutes plus tard...

A cause de l'attentat, les trains assurant de longues distances se sont retrouvés bloqués aux abords de Volgograd. Près d'une heure et demi après l'attaque, la direction des chemins de fer russes a réussi à organiser le transit des convois via une gare de banlieue reliée à la gare centrale par un passage sous-terrain.

Les rues entourant la gare centrale étaient noires de monde.

Le gouverneur de l'oblast, Sergueï Bojenov, a annoncé que les familles des personnes décédées – sans considération du lieu de résidence de la victime – recevront une aide financière de plusieurs millions de roubles de la part du fond de réserve de l'oblast de Volgograd. Les blessés pourront toucher jusqu’à 200 000 roubles (environ 4500€) selon la gravité de leur blessure.

« Aujourd'hui, tous les services de la ville travaillent selon le schéma mis en place en octobre », affirme M. Bojenov. « Je voudrait saluer le courage et le sang-froid de la population de Volgograd. Les centres hospitaliers de la ville bénéficient de tout le nécessaire pour la prise en charge des blessés. Nous sommes par ailleurs en contact avec les cliniques de la capitale et transférerons des patients à Moscou si cela est nécessaire. Un avion sanitaire se tient prêt à décoller afin d'assurer le transport éventuel des blessés. »

La plupart des personnes grièvement touchées se trouvent dans l'hôpital №25. La fillette de neuf ans est soignée à l’hôpital №7. Les victimes souffrent principalement de brûlures, déchirures, fractures et traumatismes sévères liés à l'explosion.

Les experts gardent le silence pour l'instant et se réservent d'expliquer comment une telle tragédie a pu se reproduire. Le ministère de l'intérieur russe a annoncé via l'agence Interfax qu'un renforcement des mesures de sécurité était à l’œuvre dans les gares et aéroports du pays.

 

Au lendemain de l'attentat à la station Volgograd-1, lundi matin, une autre explosion est survenue dans un trolleybus à Volgograd faisant au moins dix morts.

 

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