Kazan 2013 : l'héritage de l'Universiade

Roustam Minnikhanov : "Nous travaillons depuis longtemps afin que Kazan et le Tatarstan soient mieux connus de part le monde". Source : service de presse

Roustam Minnikhanov : "Nous travaillons depuis longtemps afin que Kazan et le Tatarstan soient mieux connus de part le monde". Source : service de presse

Selon Roustam Minnikhanov, président du Tatarstan, les grands rassemblements sportifs permettent la hausse des investissements et contribuent à l'attrait des villes et des régions. Dans un interview pour BRICS Business Magazine, M. Minnikhanov raconte comment l'Universiade a permis à Kazan de résoudre des problèmes qui auraient pu mettre vingt ans de plus avant de trouver une solution.

Selon vous, quelle était la réputation du Tatarstan à l'étranger avant l'Universiade  ? Qu'est ce qui a changé depuis ?

Nous travaillons depuis longtemps afin que Kazan et le Tatarstan soient mieux connus de part le monde. C'est une nécessité d'ordre vital si l'on veut attirer les capitaux dans notre république ; car il est important pour les investisseurs d'en savoir d'avantage sur l'endroit où ils prévoient de placer leur argent. Il y a encore de cela quelques années, les étrangers ne connaissaient que deux villes en Russie : Moscou et Saint-Pétersbourg. Dans le cadre de nos visites à l'étranger, nous nous efforcions d'expliquer en quoi le Tatarstan constitue l'une des régions les plus dynamiques de Russie.

J'estime qu'avec l'aide de l'Universiade, nous avons réussi à atteindre cet objectif. Nous avons accueilli plus de 12 000 participants provenant de 160 pays différents, ainsi que de nombreux visiteurs. Les épreuves des Universiades ont été retransmises par les principales chaînes sportives.

De plus en plus souvent, des critiques s'élèvent dans le monde à l'encontre des événements sportifs d'envergure, qui sont à l'origine de dépenses mirobolantes pour les villes et les États. Quel est le bilan financier des Universiades ? Quel effet prévoyez-vous à long terme sur l'économie de la région ?

Je ne partage pas ce point de vue. Certes, les grands événements sportifs exigent des investissements pour leur organisation, ainsi que pour la construction d’équipements sportifs adéquats. Cependant, une fois la compétition terminée, toutes ces nouvelles infrastructures, ces nouvelles routes et ces nouvelles voies de communication sont loin d'être inutiles. Elles rendent service à la population.

La préparation des jeux s'est déroulée tout au long des cinq dernières années. La réalisation des travaux a suivi plusieurs objectifs : l'édification et la fourniture en équipements sportifs du village olympique ; le développement du réseau routier de la ville ; la construction du métro ; la rénovation complète des immeubles d'habitations se trouvant dans les zones d'accueil et d'hébergement ; la conduite de travaux visant au renforcement des berges le long du fleuve ; la construction d'un nouveau terminal pour l'aéroport international de la ville ; la mise en place de normes écologiques au sein des différentes infrastructures ; et enfin la modernisation des services de santé publique.

Depuis le passage de l'Universiade, Kazan a gagné en qualité de vie, devenant une ville beaucoup plus confortable. Ont été résolues de nombreuses questions qui, sans les jeux étudiants, auraient pu attendre vingt ans avant de trouver une solution.

Que conseillez-vous aux villes de Sotchi et de Rio qui se préparent à accueillir leurs Olympiades ? La première entame sa dernière ligne droite avant les Jeux.

Tout d'abord, je leur recommanderais de ne pas prêter attention aux critiques, mais de se concentrer entièrement sur la préparation des jeux. Beaucoup parmi nous croyaient également que nous n'allions pas terminer les préparatifs à temps, mais je continuais de leur répondre qu'au matin du 6 juillet, le jour de l'ouverture, tout serait prêt. Et c'est ce qui s'est passé. Nous sommes parvenus à tout construire, organiser et préparer à temps. Je suis certain que les organisateurs des jeux de Sotchi et de Rio réussiront à tout boucler dans les temps. De notre côté, nous sommes prêts à partager notre expérience en la matière.

Les entreprises étrangères sont assez bien représentées au Tatarstan. Quels secteurs intéressent en particulier les investisseurs étrangers ?

Nous possédons de nombreux débouchés pour les investissements. C'est plus précisément le secteur hôtelier qui attire les investisseurs étrangers, et cela surtout depuis l'Universiade, qui ont vu arriver à Kazan un grand nombre de touristes. Dans le fond, nous sommes ouverts à toutes les propositions. Les investisseurs peuvent être certains que pour chacun de leurs projets les dirigeants de la république du Tatarstan se feront un plaisir d'aller à leur rencontre.

Au Tatarstan, nous pouvons offrir aux entreprises dédiées aux nouvelles technologies les infrastructures et les cadres qualifiés nécessaires à leur développement.

Parmi les importants projets d'investissement qui sont mis en œuvre au Tatarstan, beaucoup viennent d'Europe. Êtes-vous intéressés par les investissements d'envergure en provenance des marchés en développement ?

Nous essayons d'attirer les investissements en provenance de pays divers, sans faire de distinctions entre l'Europe et l'Asie. Nous avons, par exemple, une coopération avec des entreprises malaisiennes qui prennent part à la réalisation du projet Smart City (une cité d'innovations à Kazan, ndlr). Nous travaillons par ailleurs activement avec le monde arabe étant donné que les investisseurs de ces pays ont de l'argent et qu'ils veulent le placer efficacement.

Il y a quelques temps, vous aviez pris pour exemple la Chine ou Singapour, qui font preuve à la fois d'une puissante régulation étatique tout en étant une économie de marché. Leur expérience a-t-elle pour vous, en tant qu'homme politique, une signification particulière ?

Je ne pense pas que la Russie doive suivre ces exemples aveuglement. Toutefois, nous avons sérieusement étudié l'expérience de ces pays qui connaissent une importante croissance économique.

Nous nous sommes penchés sur le cas de Singapour depuis déjà plusieurs années ; tous nos ministres, les chefs de nos municipalités, ont suivi une formation dans ce pays afin de se familiariser avec leurs méthodes de gouvernance. Aujourd'hui, nous recrutons des spécialistes singapouriens pour la modernisation de notre systèmes scolaire. Pour ce qui est de la Chine, c'est leur expérience dans la création de zones économiques spéciales et de parcs industriels, surtout au niveau des communes, qui nous intéresse plus particulièrement.

Source : BRICS Business Magazine

 

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Ses propos ont été recueillis avant le crash de l'avion, survenu le 17 novembre 2013 à Kazan. Le fils de Roustam Minnikhanov, Irek Minnikhanov a péri dans l'accident. Le rédaction de La Russie d'Aujourd'hui exprime ses sincères condoléances à M. Minnikhanov et aux familles des victimes de la catastrophe.


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