La majorité des Russes ne s'intéressent pas à la politique

La moitié des citoyens (51%) reconnaissent qu'ils ne comprennent pas grand chose à la politique. Crédit : Itar-Tass

La moitié des citoyens (51%) reconnaissent qu'ils ne comprennent pas grand chose à la politique. Crédit : Itar-Tass

Les Russes s'intéressent peu à la politique selon les données d'un récent sondage du Centre Levada. Plus de 65% des personnes ayant répondu sont certaines que les partis ne poursuivent que leur intérêt et non pas ceux du peuple. Les spécialistes expliquent un tel comportement par le fait que les générations les plus vieilles qui ont vécu les avancées politiques dans les années 90, laissent désormais la place aux jeunes générations qui n'attendent rien de la politique aujourd'hui.

Presque les 2/3 des citoyens russes (65%) sont convaincus que les partis politiques se battent pour leurs intérêts et le résultat de cette bataille « n'apporte aucun avantage au peuple ». Telles sont les données du Centre Levada qui a mené une enquête du 18 au 22 juin parmi 1.600 citoyens russes dans 45 régions du pays. Seul un quart (26%) considère que la concurrence permet « de satisfaire les intérêts de beaucoup de personnes, ce qui amène à prendre des décisions qui expriment pleinement la volonté du peuple ». Les citoyens sont sceptiques envers les politiques : 80% des personnes interrogées sont d'accord avec le fait qu'ils ne « sont intéressés qu'à conquérir le pouvoir et à le garder ». Seulement 13% sont convaincus du fait que les politiques sont « intéressés par ce que veulent leurs électeurs ».

Les gens ne sont pas seulement déçus par les partis et les politiques mais également par les élections, remarque le directeur du Centre Levada Alekseï Grajdankine. Selon lui, la relation aux partis se forme sur le rôle que ces derniers jouent dans la vie du pays, et « c'est un pays présidentiel et le rôle des parlementaires est petit ». « Les gens se posent des questions, pourquoi s'occuper de ce que font les partis quand cela n'apporte aucun résultat, explique Grajdankine. En conséquence, la croyance selon laquelle les membres des partis poursuivent leurs propres ambitions et intérêts se renforce ».

La moitié des citoyens (51%) reconnaissent ainsi qu'ils ne comprennent pas grand chose à la politique. Plus de 59% ont déclaré que la politique « leur tapait sur les nerfs ». Il y a un an, 48% des citoyens (la marge d'erreur statistique ne dépasse pas les 3,4%). « Protester ou ne pas protester, peu importe. Rien ne change dans le pays. Les gens sont fatigués, ils ont cessé de croire qu'ils pouvaient changer quoi que ce soit », considère Alekseï Grajdankine.

Dans l'ensemble, l'atmosphère de désintérêt pour la politique domine depuis quelques années déjà. En 2011, le Centre panrusse d'étude de l'opinion publique (VITsOM) avait mené une enquête qui montrait que les deux tiers des Russes (61%) ne s'intéressaient pas à la vie politique et sociétale du pays. Les sondés avaient alors affirmé à 36% qu'ils ne s'intéressaient pas à la politique en général et à 25% que c'était un « effort inutile ». 5% ont indiqué que parmi les politiques, personne ne leur était sympathique.

yaaLes sociologues remarquent que dans les années 80 et 90 la politique intéressait fortement les Russes. Depuis les années 2000, les pics de participation politique des citoyens sont apparus en 2004 et en 2007. Alors un tiers des citoyens seulement ne se retrouvait pas dans cette participation (32% et 39% respectivement). Comme le considère le collaborateur de l'institut sociologique RAN et membre du conseil scientifique du VITsOM, Leonti Vyzov, le désintérêt des Russes pour la politique est apparu il y a déjà longtemps et est lié au fait que « les vieilles générations, qui ont vécu des avancées politiques dans les années 90, laissent désormais la place aux jeunes générations qui n'attendent rien de la politique aujourd'hui, et trouvent plus utile de ne s'occuper que de leurs propres affaires. Cette génération accumule peu à peu de la force et fait logiquement baisser le nombre de ceux qui s'intéressent à la politique », déclare l'expert.

Préparé avec les matériaux de Kommersant et Novaya Gazeta.

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