Fusillade dans le sud de la Russie : les médias sous le feu de la critique

Lundi 22 avril, un homme a tué six personnes lors d'une tentative de braquage d'un magasin d'armes à Belgorod. Crédit : RIA Novosti

Lundi 22 avril, un homme a tué six personnes lors d'une tentative de braquage d'un magasin d'armes à Belgorod. Crédit : RIA Novosti

Certains hommes politiques russes ont comparé le massacre de Belgorod avec la tragédie de Boston, et accusé les médias de « provoquer la répétition » des tueries de masse.

Il sera impossible de mettre fin aux tueries de masse tant que les médias répandront de telles informations : tel est le point de vue a été exprimé par Vladimir Jirinovski, célèbre homme politique russe, commentant le massacre commis par un habitant la ville de Belgorod. Six personnes sont tombées sous les balles du tireur.

« Nous ne mettrons jamais fin à ce genre de crime parce qu'il y a une sorte de vanité morbide. Quelqu'un perd la vie et on en parle au moins une semaine, deux, trois. A Boston, comme à Belgorod », a déclaré le chef du Parti libéral-démocrate, connu pour ses déclarations scandaleuses.

Lundi vers 14h00, le suspect du crime âgé de 32 ans, l'habitant de la ville Sergueï Pomazoun, est entré dans une armurerie et a tué trois vendeurs à bout portant. Puis il est sorti et a ouvert le feu sur les passants. Les balles ont mortellement touché une écolière de 14 ans et une résidente de Belgorod de 16 ans. Un homme de 49 ans a également trouvé la mort. Après cela, le tueur s'est assis au volant de sa jeep et pris la fuite. Selon la police, Pomazoun était armé d'une carabine semi-automatique « Vepr » de 7,62 mm conçue sur la base d'une kalachnikov.

« Je l'ai toujours dit, coupez les informations. Vous provoquez la répétition de tels massacres. Ils voient que le monde entier tremble, et ils veulent faire partie de ce processus », a martelé M. Jirinovski, s'adressant aux journalistes.

Selon le politicien, plus l'information sera diffusée en détails, plus il y aura de cas similaires. Le député a relevé que chaque jour dans le pays, on tuait et on volait, mais que les médias ne racontaient pas chaque cas. Cependant, tous les détails sont dévoilés dès qu'il s'agit d'un crime de masse.

Mardi, un membre de la faction LDPR à la Douma (chambre basse du parlement russe), Vladimir Ovsiannikov, a appelé à adopter une loi permettant aux citoyens russes d'acquérir, de porter et d'utiliser des armes à canon court. « Si à ce moment-là et à cet endroit de Belgorod deux ou trois hommes armés étaient passés par là (...), des hommes armés à des fins d'auto-défense et déterminés protéger les autres, je suis sûr qu'ils auraient utilisé leur arme pour que ce monstre ne tue pas les gens », a confié M. Ovsiannikov à RIA Novosti.

« Nous sommes privés du droit à l'autodéfense. Voilà le problème de notre pays », a déclaré le député. Auparavant, le Parti libéral-démocrate a soumis à la Douma un projet de loi visant à autoriser les citoyens à porter des armes à canon court, mais le projet a été rejeté.

La police ne dispose d'aucune information sur les motivations du tireur. Selon les données préliminaires, le suspect possédait un casier judiciaire et a fait quatre ans de prison. D'après le journal Kommersant, il présentait des problèmes psychiatriques.

Les forces de l'ordre de la région de Belgorod ainsi que des régions voisines de Russie sont à la recherche du suspect 24 heures sur 24. Pour toute information à son sujet, une récompense de 3 millions de roubles (environ 75.000 euros) a été promise.

Plus de deux mille policiers et un groupe de forces d'élite ont été engagés dans la traque du suspect. Le ministère de l'Intérieur a transféré le signalement du suspect à toutes les régions de Russie, ainsi qu'aux autorités ukrainiennes. L'Ukraine a renforcé les effectifs du Service national des frontières. Belgorod, environ 400.000 habitants, est située dans le sud de la partie européenne de la Russie, à 700 kilomètres au sud de Moscou, et à 40 kilomètres de la frontière avec l'Ukraine.

Réalisé à partir des matériaux de RIA Novosti et Kommersant.

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