Un milliardaire russe rejoint l'initiative Giving Pledge

Vladimir Potanine a commencé à réaliser des œuvres de charité en 1999. Crédit : Kommersant Photo

Vladimir Potanine a commencé à réaliser des œuvres de charité en 1999. Crédit : Kommersant Photo

Vladimir Potanine est le premier entrepreneur russe à rejoindre, aux côtés de 11 autres philanthropes du monde entier, l'initiative mondiale de Bill Gates et Warren Buffett Giving Pledge (Serment du don). Jusqu'à présent, seuls des représentants d’entreprises américaines participaient à la campagne.

L’initiative Giving Pledge a été fondée en juin 2010 par les leaders de la liste des milliardaires et anciens amis Buffett et Gates pour « pousser les personnes les plus riches et leurs familles à faire don de la plupart de leur fortune à des fins de philanthropie ». En février 2013, 93 milliardaires se sont joints à la campagne, qui prévoit le transfert dans des buts caritatifs ​​d'au moins 50% de leur patrimoine. Parmi eux, Michael Bloomberg, David Rockefeller, George Lucas et beaucoup d'autres.

« Je me joins au Serment du don parce que c’est une initiative remarquable, qui mérite d'être soutenue. J'espère que mon exemple ne témoignera pas seulement de la renaissance de la philanthropie en Russie envers le monde, mais inspirera aussi mes compatriotes ainsi que d'autres personnes », a écrit Potanine dans une lettre aux organisateurs de Giving Pledge, citée par le site de l'agence Interros.

Potanine a commencé à réaliser des œuvres de charité en 1999. Le Fonds caritatif Vladimir Potanine dépense environ 10 millions de dollars par an dans l'éducation, la culture et le sport. Par exemple, l’homme d'affaires a fourni un soutien actif au musée de l'Ermitage et au musée Guggenheim. Il y a trois ans, Potanine a annoncé qu'il avait l'intention de léguer sa fortune à des œuvres de charité.

La raison est simple : Potanine veut que ses héritiers obtiennent tout par eux-mêmes. « Au fil des ans, j'ai clairement compris que beaucoup d'argent, c’était avant tout de grandes tentations, de grandes épreuves, et un lourd fardeau pour les héritiers. Ils sont dans l'ombre d’un père célèbre et riche, ils ont peu d'incitation et de motivation dans la vie, car ils ont déjà tout... C'est pourquoi je suis fermement convaincu qu’il ne faut pas laisser aux enfants des fortunes telles qu’elles les démotivent. Si vous voulez rendre un enfant heureux, donnez-lui un million, mais si vous voulez le perdre, donnez-lui un milliard. Dans ce dernier cas, l'enfant pensera : ça y est, la vie est finie, que vouloir de plus ? (…) C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas transférer mes actifs par voie d'héritage, mais, en les léguant à un fonds, de les transmettre à des œuvres de charité », écrit l’homme d'affaires dans une chronique pour le magazine Forbes.

En Russie, cette mesure a été perçue de façon divergente. « Si un homme qui a bâti un tel empire ne voit pas son avenir dans les mains de ses enfants et veut que sa progéniture réalise tout par elle-même, il est logique pour lui de donner de son argent à des œuvres de charité. Cependant, cet argent aurait pu permettre de résoudre beaucoup de problèmes internes russes, estime Alexander Gafine, membre du conseil d'administration de la banque Rietumu. Je pense que Potanine ne fait pas vraiment confiance au système russe de gouvernance et estime qu’il est plus fiable de remettre ce capital à des fondations occidentales ».

Que lègue Potanine ?

Au printemps 2012, le magazine Forbes a estimé à 14,5 milliards de dollars le patrimoine de Potanine, le classant au 4e rang de la liste des hommes d'affaires les plus riches de Russie. Selon l'indice des milliardaires Bloomberg, qui chaque année évalue la fortune des 100 personnes les plus riches du monde, Potanine occupe désormais la 52e place avec 15,4 milliards de dollars (il possède également divers engagements pour 1,5 milliard de dollars, souligne Bloomberg).

Actuellement, Potanine supervise personnellement les activités de ses actifs par le biais d’Interros. Une partie des bénéfices est réinvestie dans l'entreprise, une partie est utilisée pour le financement d’associations caritatives agréées. À l'avenir, les responsabilités liées à la gestion des actifs seront remises à un fonds spécial, rappelle le service de presse de l'homme d'affaires.

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