Incivilités en vol : les compagnies russes veulent des sanctions lourdes

Crédit : Lori/Legion Media

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Les parlementaires russes veulent compliquer la vie des adeptes de la débauche à bord des avions de ligne. Ils proposent d’équiper les cabines des avions avec des vidéo caméras automatiques, et d’informer tous les passagers de cette nouveauté technologique qui, pense-t-on, doit créer une barrière psychologique pour les hooligans potentiels. Les compagnies aériennes calculent déjà que la mise en place des caméras va conduire à une augmentation des billets.

Un groupe de députés a porté le projet d’amendement du Code russe aérien à la Douma. Le fond du projet se résume en l’équipement des cabines des avions par des vidéo caméras automatiques. Les caméras doivent filmer où se trouvent les passagers et les membres d’équipage. Le caractère incontournable de l’amendement s’explique par « le nombre important de comportements indécents » à bord des avions de ligne, et les vidéos caméras, selon les députés, agiront comme un facteur psychologique restrictif sur les « débauchés » potentiels. « Toutes les personnes à bord de l’appareil seront informées qu’elles sont observées par des vidéos », peut-on lire dans la  note explicative au projet. Les députés espèrent que les enregistrements vidéo aideront à éviter les situations conflictuelles entre les passagers et l’équipage.

Ces derniers temps, des scandales impliquant des « débauchés » ont effectivement eu lieu sur des vols de compagnies aériennes russes. En janvier 2013, un homme d’affaire de Saratov, Sergueï Kabalov a tabassé un steward en réponse à une demande de ne pas fumer dans l’avion et a essayé de faire irruption dans le cockpit en proférant des menaces à bord d’un vol entre Moscou et Hurghada. Après cela, l’homme d’affaire a confirmé qu’il était un membre des Spetnatz GRU et un député. En février 2013, un homme d’affaire moscovite Viatcheslav Ismaïlov a commencé une bagarre à bord d’un vol Moscou-Phuket ; deux blessés au cours de cette bagarre ont eu besoin d'une assistance médicale ce qui a contraint l’avion à faire une escale à Tachkent. Dans les deux cas, les deux responsables des incidents étaient ivres. Sur Aeroflot, pour les trois dernières années, on a enregistré 1100 infractions avec des citoyens éméchés à bord.

Les autorités russes de l’aviation proposent leurs mesures contre les « débauchés ». Comme l’a indiqué, la veille, le chef de l’administration de la sécurité des transports de la Agence fédérale du transport aérien Iouri Saprikin, les principales compagnies aériennes  (Aeroflot, Transaero, UTair) se sont prononcées en faveur de l’accompagnement des vols par des collaborateurs de la sécurité aérienne. Dans l’agence, on a retenu la demande en ajoutant la proposition d’autoriser les collaborateurs d’utiliser des 'pistolets électriques' et des menottes.

Pendant ce temps, le Ministère des transports a déjà travaillé sur d’autres amendements au Code aérien de la Fédération de Russie et a proposé de contraindre le citoyen à donner l’alcool acheté en duty free à la montée à bord, et cela toujours pour lutter contre les « débauchés ».

Le premier assistant du directeur général de la compagnie Transaero, Dmitri Stoliarov a estimé que l’installation de vidéo caméras dans la cabine d’un seul avion de ligne pourrait coûter la somme de 1,5 millions d’euros. C’est pour cela qu’il ne comprend pas à quel point seront légitimes ces enregistrements vidéo, qui certifiera les enregistrements vidéo à bord et qui paiera pour leur mise en place. « Si c’est à la charge des compagnies aériennes, cela se répercutera par une augmentation du coût des billets », a prévenu M. Stoliarov. A Aeroflot, on considère que les vidéo caméras dans les cabines et l’interdiction de porter des boissons alcoolisées du duty free comme « une substitution de notion et l’invention de la bicyclette".

« La mesure appropriée pour lutter contre les ‘débauchés’ est utilisée aux Etats-Unis, au Japon, en Corée et dans tous les autres pays, ce sont les listes noires de passagers », a indiqué le représentant du transporteur. Selon les représentants d’Aeroflot, la possibilité législative pour les compagnies aériennes de créer et de publier de telles listes « pourrait discipliner les gens ».

Paru sur le site de Kommersant le14 février 2013.

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