Xavier Faure, l’aventurier français du ciel ouralien

Xavier attire l’attention dans cette ville paisible qui n’avait connu, avant que cet invité-surprise n’arrive, que quelques étrangers de passage. Source : archives personnelles

Xavier attire l’attention dans cette ville paisible qui n’avait connu, avant que cet invité-surprise n’arrive, que quelques étrangers de passage. Source : archives personnelles

En juillet 2012, Xavier Faure s’est rendu à Kungur pour participer au festival de montgolfières « La Foire céleste de l’Oural ». Depuis lors, l’idée de s’installer en Russie ne l’a plus quitté. Il décide donc de tout laisser derrière lui en France et à bord de sa fidèle Lancia prend la route pour l’Oural.

Il est 10h. C’est le lendemain du Réveillon à Kungur, petite ville située dans les piémonts de l’Oural, à 90 km de Perm, la capitale régionale. Sur la place principale, la nappe glacée sur laquelle seuls quelques rares parents font jouer leurs petits sur des luges. Dans l’ombre du sapin de Noël, un homme, manteau militaire et chapka soviétique, règle son appareil photo.

« Regardez, nach Fransuz ! », s’écrit l’un des gamins.

En effet, « ce promeneur solitaire » est français : il s’appelle Xavier Faure, pilote de montgolfière avec 13 années d’expérience, actuellement à Kungur et en demande de naturalisation en Russie.

Courageux, c’est ainsi que ses voisins du foyer de l’école des Arts de Kungur où il loge depuis 1 mois qualifient cet épicurien de 36 ans, auquel les uns prédisent un avenir en Russie, tandis que les autres voient en lui un  étranger qui va bientôt repartir. « Regardez ces  espaces nivelés par la neige, s’exclame Xavier, en été, je les ai contemplés depuis le ciel, tous fleuris et verts ! ».

En juillet 2012, Xavier Faure s’est rendu à Kungur pour participer au festival de montgolfières « La Foire céleste de l’Oural ». Depuis lors, l’idée de s’installer en Russie, pays dont il apprenait la langue au lycée dans sa Champagne natale, ne l’a plus quitté.

Il décide donc de tout laisser derrière lui en France, mais emporte un  tome de Boulgakov, quelques affaires pour célibataire endurci, et à bord de sa fidèle Lancia prend la route pour… l’Oural.

Xavier parcourt les 5 000 km tout seul: « Avec du recul je me dis que j’aurais mieux fait d’embarquer avec mon propre ballon tellement ma voiture a été mise à l’épreuve lors du périple par cette rude saison d’hiver ! ».

 « Je veux m’installer dans l’Oural et demander la nationalité russe »

Heureux ? Il n’en demandait pas tant ! « Je suis plus que comblé à Kungur, avoue Xavier, la chaleur humaine est partout en plus de cette sensation d’immensité et de liberté ».

« Je suis bien équipé contre le froid avec les valenkis (bottes en feutre).C’est  parfait pour marcher ici. Plus on marche, plus on se réchauffe ! ». Source : archives personnelles

Loger dans les 10 m carrés de la chambre de son foyer ne le dérange pas : « Vous avez déjà vu les logements qu’on propose à Paris ? ».

 Il partage la cuisine avec des étudiants qui lui apprennent le russe et les recettes de bortsch. « Je veux m’installer dans l’Oural et demander la nationalité russe. Vivre ici est mon rêve depuis l’enfance. J’ai certainement dû être russe dans une vie antérieure », confie-t-il.

Les congères de deux mètres autour de l’école N16 sont son paysage quotidien : c’est là que Xavier aide chaque jour les élèves à apprendre le français. « Je suis bien équipé contre le froid avec les valenkis (bottes en feutre).C’est  parfait pour marcher ici. Plus on marche, plus on se réchauffe ! ».

Xavier attire l’attention dans cette ville paisible qui n’avait connu, avant que cet invité-surprise n’arrive, que quelques étrangers de passage. Andrei Vertiprakhov, fondateur du festival de montgolfières encourage le pilote : « Xavier a montré sa volonté dans les airs  de Kungur, il saura faire face aux difficultés sur terre ici ».

Mais la marchande d’une échoppe  voisine n’est pas du même avis : « On devrait le marier ! Les filles ne manquent pas dans l’Oural ! ».

Pourquoi partir aussi loin ? Xavier affirme revenir d’une longue période de crise en France qui l’a poussé à se ressaisir. Mais à qui, à quoi s’accrocher ? « Qu’on ne me parle plus des possibilités incroyables qu’il y a en Europe, dit-il agacé. En Russie, il y a un réel dynamisme et une vraie volonté au niveau des collectivités ».

À Perm, dans la capitale régionale, on l'attend aussi. « Avec ses expériences, Xavier, tel un Michel Strogoff, aura de quoi tenir en haleine nos élèves les moins assidus ! », partage Mme Tchervonnykh, la directrice de l’école spécialisée en français N 22.

Jamais à bout de souffle, Xavier Faure a introduit une demande de régularisation au service de l’immigration de Kungur. Sera-t-il encore sur place quand il obtiendra la réponse ?

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