Nice, transformée en terre de djihad

Situation à Nice après l'attentat meurtrier qui a endeuillé jeudi soir les festivités liées au 14 juillet.

Situation à Nice après l'attentat meurtrier qui a endeuillé jeudi soir les festivités liées au 14 juillet.

EPA
En lançant une attaque au camion, à Nice, contre la foule rassemblée à l’occasion des festivités du 14 juillet, les terroristes poursuivaient plusieurs objectifs à la fois.

D’abord, prouver qu’aucune mesure de sécurité – les forces de l’ordre étant mobilisées et sur le qui-vive tant à l’occasion de l’Euro 2016 que pendant la Fête nationale – ne peut arrêter les « soldats du djihad » lorsqu’ils se sont fixés sur une cible.

Ensuite, montrer au monde entier que les récents échecs militaires de Daech [organisation terroriste interdite en Russie, ndlr] en Irak et en Syrie ne veulent pas dire pour autant que les islamistes radicaux sont affaiblis et que leur potentiel de combat a été torpillé. Au contraire, ils sont prêts à porter les hostilités dans les villes pacifiques d’Europe, à agir de manière encore plus énergique et encore plus astucieuse qu’auparavant. Jusqu’ici, jamais un attentat d’une telle ampleur n’avait été perpétré en Europe selon ce mode opératoire : il ne s’agit pas de l’explosion d’un véhicule piégé mais d’un camion qui roule en zigzag dans une foule pour écraser des dizaines de personnes.

Enfin, l’internationale terroriste envoie un message aux services secrets européens : nous conservons l’initiative. Etant donné le nombre de personnes venues du monde islamique qui habitent votre continent, le nombre d’agents dormants prêts à se manifester à tout moment, vous êtes voués à vivre une interminable succession d’attentats et ce, au moment et à l’endroit que nous déciderons.

Les conséquences de ce « carnage » de Nice ? En fait, il n’y en aura pas de spectaculaires. Que les terroristes n’allaient pas se limiter à Paris et Bruxelles était évident. Que ces derniers préparent de nouveaux attentats, les services de renseignement le déclarent régulièrement. Qu’une partie de la population musulmane de France, de Belgique, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, et par ailleurs de Russie également, se radicalise sous l’effet de la propagande de Daech et d’autres mouvements islamistes n’est plus un secret pour personne.

Le 14 juillet, jour de la Fête nationale, les islamistes ont perpétré une nouvelle attaque. Ce n’est ni la première, ni malheureusement la dernière. Alors que faire ? Continuer à vivre ! Que pourrait-t-on faire d’autre… Vivre et apprendre à faire face à cet ennemi sans foi ni loi, qui est parvenu à implanter ses cellules terroristes au cœur de l’Europe. Ne pas taire le problème, ne pas faire semblant que l’islam radical n’existe pas. Ne pas permettre à ces « soldats du djihad », rentrés de Syrie et d’Irak, de rester en liberté, de vivre comme si de rien n’était parmi d’honnêtes citoyens mais manifester à leur égard une tolérance zéro.

Cependant la société européenne n’est pas prête pour la tolérance zéro. Elle fait preuve de trop d’humanité envers ceux qui veulent l’anéantir. Mais à la guerre, car c’est bien une véritable guerre qui a été déclarée au monde civilisé, l’humanité n’est pas toujours la meilleure attitude à adopter.

Maxim Ioussine, observateur du quotidien Kommersant

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.