Le gourou du rock russe Boris Grebenshchikov fête ses 60 ans

Boris Grebenshchikov ou BG est l’une des rares personnes qui a pu rencontrer des figures majeures de la scène rock mondiale. Le 27 novembre 2013 il a soufflé ses 60 bougies. Jouyaux anniversaire Boris Grebenshchikov !

Boris Grebenshchikov est né le 27 novembre 1953 à Leningrad. A la fin des années 60, le jeune Grebenshchikov se met à la guitare (bien entendu, il passe par l’apprentissage des légendaires Beatles), puis il commence à écrire ses propres textes. 

Le groupe de rock Aquarium est créé en 1973 par Boris Grebenshchikov, à l’époque étudiant en mathématiques à l’Université d’Etat de Leningrad, qui devient son leader, auteur et compositeur invariable.

Photo des membres du groupe : Piotr Troshchenkov, Boris Grebenshchikov, Alexandre Titov, Viatcheslav Egorov, Andrei Romanov. Crédit : Itar-Tass

Boris Grebenshchikov compte plus de 30 albums au sein d’Aquarium, des disques solo et des participations dans les projets d’amis-musiciens. La musique de Grebenshchikov a été utilisée dans de nombreux films russes, ses chansons sont régulièrement citées par des écrivains (Victor Pelevine, Tatiana Tolstaia, etc.) et ont souvent trouvé une traduction dans la culture russe.

Toutefois, l’étendue des intérêts de Boris Grebenshchikov a toujours dépassé les frontières formelles de l’Union Soviétique. Sa personnalité et son art ont réuni les meilleurs éléments qu’il identifiait dans d’autres cultures. 

Ces textes puisent dans le folklore russe mais aussi celte et indien. Son attitude vis-à-vis de la religion est à part aussi – à une époque, il s’est intéressé à l’orthodoxie, puis au bouddhisme, et, paradoxalement, cela n’a donné lieu à aucune dissonance intérieure. Le principal message de tous ses morceaux : commence par toi-même, observe le monde, ne nuis à personne. Cette sorte de bouddhisme russifié est toujours populaire, surtout dans les milieux intellectuels, bien qu’il soit remplacé par d’autres modèles de comportement, comme l’activisme – un truc plus réfléchi et européen, rien à dire. Bien sûr, cela ne correspond pas à la philosophie de BG. « Mène-moi au fleuve, mets-moi dans l’eau, enseigne-moi l’art de la docilité », chante Grebenshchikov qui a parfaitement maitrisé cet art, l’art d’accepter le monde tel quel, et l’enseigne à son public. 

Et le public ne diminue pas, c’est un autre paradoxe de BG. Alors que d’autres vétérans de la scène ne remplissent les salles que grâce à la nostalgie du passé, pour y chanter des hits à l’épreuve du temps aux fans qui vieillissent avec eux, le monde de Boris Grebenshchikov et sa musique continuent à attirer un public très jeune qui, souvent, voit en lui plus qu’un musicien - un gourou, dont la musique est une énigme qui, une fois résolue, permet de comprendre la vie.

Sa musique cache bien des choses, des citations de Talking Heads ou de Brian Eno ou de Patty Smith. Le look de ses jeunes années s’inspire ouvertement de celui de Bob Dylan.

Le jeune Boris Grebenshchikov. Crédit : Itar-Tass

BG est l’une des rares personnes qui a pu rencontrer des figures majeures de la scène rock mondiale. Parmi ses amis et connaissances : David Bowie, Lou Reed, Iggy Pop. L’intérêt suscité par la perestroïka portait à croire que BG pourrait devenir une star internationale. En 1987, des producteurs américains l’ont invité aux Etats-Unis où il a participé à l’enregistrement d’un album, intitulé Radio Silence, aux côtés de Dave Stewart, Annie Lennox et une vingtaine d’autres musiciens (sorti en 1989). Toutes les chansons, à l’exception de deux titres, sont en langue anglaise. L’album a atteint la 198e place du classement Billboard 200, alors que le titre phare, Radio Silence, s’est hissé à la 5e place.

Certains critiques pensent qu’en essayant de s’adapter aux temps et formats nouveaux, Boris Grebenshchikov a perdu de son intérêt artistique comme tous ceux qui cherchent à atteindre un public large, mais qu’il a gardé une forme d’originalité.

En mars 2013,  Boris Grebenshchikov a annoncé que son groupe Aquarium ne communiquerait plus avec la presse. Le collectif devrait réduire le nombre de ses concerts, mais continuera à enregistrer des disques.

PLAYLIST

1) Sestra (Sœur)

2) Arigato 

3) Kusok jizni (Morceau de vie)

4) Rock'n'roll mertv (Rock'n'roll est mort)

5) Metchi stakany na stol (Mets des verres sur la table)

6) Poezd v ogne (Le Train en feu)

7) Gorod zolotoï (La Ville dorée)

8) Noga sudbi (Le pied du destin)

9) Prazdnik urozhaya vo dvortse truda (La fête des récoltes au palais du travail)

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.