Napoléon, le retour : la bataille de Borodino reconstituée

Borodino, où les armées russe et française s’affrontèrent le 7 septembre 1812, est célèbre dans le monde entier grâce aux descriptions incomparables de la bataille dans Guerre et Paix de Léon Tolstoï. En Russie, pourtant, le champ de bataille a atteint une signification presque spirituelle et a été préservé comme un sanctuaire national.

Borodino, où les armées russe et française s’affrontèrent le 7 septembre 1812, est célèbre dans le monde entier grâce aux descriptions incomparables de la bataille dans Guerre et Paix de Léon Tolstoï. En Russie, pourtant, le champ de bataille a atteint une signification presque spirituelle et a été préservé comme un sanctuaire national.

Andreï Stekatchev
Les premiers jours du mois de septembre, une reconstruction historique de la bataille de Borodino se tient à 125 km de Moscou. Deux jours par an, des milliers de personnes se réunissent ici pour troquer leurs vêtements pour des uniformes, leurs voitures pour des chevaux, leurs appartements pour des tentes de camp et le XXIe siècle pour 1812.
Les 3 et 4 septembre 2016, les membres des clubs historiques, vêtus d’uniformes français et russes, participent à la reconstruction de la bataille de Borodino de 1812 qui opposa l’armée de Napoléon et les troupes russes.
La bataille réelle dura 12 heures et fit plus de 45 000 victimes parmi les soldats russes et environ 30 000 du côté français.
Napoléon la qualifia de « bataille des géants ». « Les Français se sont prouvés dignes de victoire et les Russes ont gagné le droit de ne pas être battus », déclara l’empereur français.
Deux jours de tintement d’épées et de tirs de canons, des centaines de chevaux, des tonnes d’armures et un pur plaisir pour les spectateurs. La cavalerie, l’infanterie et l’artillerie reproduisent toutes à l’identique ce qui est écrit dans les chroniques sur la célèbre bataille dans le cadre de l’invasion désastreuse de la Russie par Napoléon.
La bataille la plus sanglante eut lieu le 7 septembre à Borodino, à quelque 125 km de Moscou.
Dans l’histoire française, la bataille de Borodino est connue comme la bataille de la Moskova, alors que le fleuve y est très étroit. Dans la région de Borodino, c’est plutôt un ruisseau recouvert de saules le long des berges.
Initialement en infériorité numérique face aux Français, les deux armées russes battirent en retraite pour éviter de plus grandes batailles. Elles réunirent enfin leurs forces à Smolensk, où le maréchal Koutouzov assuma le commandement des forces russes.
Les historiens débattent toujours de l’importance de la bataille de Borodino. D’une part, après la bataille, le commandant suprême de l’armée russe Mikhaïl Koutouzov ordonna la retraite et l’abandon de Moscou. D’autre part, l’événement marqua un tournant dans la guerre et la puissance de l’armée française fut minée pour la première fois.
Les Russes considèrent qu’ils remportèrent la victoire, même si l’armée russe dut se retirer après une bataille peu concluante sur le plan militaire.