Kaliningrad: au carrefour des époques, des religions et des idéologies

Un petit parc dans la ville de Zelenodorojni, près de la frontière polonaise. // Depuis la chute de l'Union soviétique, la région de Kaliningrad forme une "exclave" appartenant à la Fédération de Russie, sans aucune frontière terrestre commune avec le reste du pays. Elle est voisine de la Pologne au sud, de la Lituanie au nord et à l'est, et de la mer Baltique à l'ouest.

Un petit parc dans la ville de Zelenodorojni, près de la frontière polonaise. // Depuis la chute de l'Union soviétique, la région de Kaliningrad forme une "exclave" appartenant à la Fédération de Russie, sans aucune frontière terrestre commune avec le reste du pays. Elle est voisine de la Pologne au sud, de la Lituanie au nord et à l'est, et de la mer Baltique à l'ouest.

Dmitry Vyshemirsky
Depuis la chute de l'Union soviétique, la région de Kaliningrad forme une "exclave" appartenant à la Fédération de Russie, sans aucune frontière terrestre commune avec le reste du pays
Un couple à Zelenodorojni, près de la frontière polonaise. // La région de Kaliningrad se situe à 1 284 km au nord-ouest de Moscou. Pendant la majeure partie de son histoire (soit près de 700 ans) Kaliningrad était la capitale de la Prusse-Orientale. Jusqu'en 1255, elle s'appelait Twangste, puis elle fut nommée Königsberg jusqu'au 4 juillet 1946.
Fenêtres occultées d'une vieille maison allemande, village de Iasnoïe. // Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, en août 1944, Königsberg a été lourdement touchée par les bombardements britanniques, en particulier le centre-ville. De nombreux civils ont perdu la vie, la vieille ville a été rasée, et nombre de monuments anciens ont été perdus.
Une vieille dame et son chien assis devant un bâtiment dont la porte est encore surmontée d'une inscription en allemand. Zamensk. // Lorsque l'Armée Rouge repoussa les Allemands en 1945, la Prusse-Orientale fut été coupée du reste de l'Allemagne, et plus de 2 millions d'habitants ont fui les villes et les villages. Königsberg a été cernée par les troupes soviétiques. Le 6 avril 1945, la ville fut prise d'assaut, et quatre jours plus tard, ses défenseurs rendaient les armes.
Des pionnières devant un bâtiment qui porte encore l'inscription allemande "Poste impériale", Ozersk. // Seul 20 % de Königsberg a échappé aux tirs de mortier soviétiques et aux bombardements britanniques de 1945, lesquels ont détruit non seulement les bâtiments, mais aussi l'histoire de la ville. De nombreuses années plus tard, certains habitants considèrent 1945 comme la date de naissance de la ville, d'autres, comme celle de sa destruction.
Silhouettes de trois jeunes officiers, Kaliningrad. // Lors de la conférence de Potsdam, décision fut prise de placer temporairement le nord de la Prusse-Orientale, ainsi que sa capitale Königsberg, sous mandat soviétique. Plus tard, la région environnante, le district de Kaliningrad, a été pleinement reconnue comme appartenant à l'URSS.
Un vélo customisé avec un volant de Mercedes, à une station de tram abandonnée. // Après la guerre, la population allemande a été expulsée, et entre juin 1945 et 1948, plus de 500 000 Prussiens ont été déportés à l'ouest vers la future RDA.
Un homme avec une guitare, Sovetsk (anciennement Tilsit). // Seuls quelques rares spécialistes allemands sont restés sur place pour aider l'industrie locale à se relever, mais ils n'ont pas eu le droit d'obtenir la nationalité soviétique. Ils ont été remplacés par des citoyens soviétiques venus d'autres régions de l'URSS, lors d'un plan de recolonisation.
Une grand-mère et son petit-fils, Goussev (anciennement Gumbinnen). // Le 4 juillet 1946, à la mort du fonctionnaire du Parti Mikhaïl Kalinine, la ville a été rebaptisée Kaliningrad en son honneur, bien qu'elle n'ait aucun lien direct avec lui. Les villes historiques allemandes de la région ont reçu de nouveaux noms soviétiques.
Une église allemande en ruines, Tchernichevskoïe. // La ville de Kaliningrad a rapidement pris son essor pendant l'après-guerre grâce à sa position stratégique, la présence de troupes, et une arrivée massive de colons soviétiques. La région était fermée aux étrangers, hormis pour de rares "visites de courtoisie" du voisin polonais.
Une église allemande en ruines près de Pravdinsk. // Hélas, les autorités n'ont pas suffisamment  prêté attention à l'héritage culturel germanique de la région, et la plupart des monuments ont été laissés à l'abandon, malgré les protestations des architectes, des historiens, des experts locaux, et des habitants.
Pause cigarette à Znamensk. // On peut encore voir de nos jours des églises allemandes en ruines dans nombre de villages de la région.
Publicité défraîchie pour un studio photo, Goussev (anciennement Gumbinnen). // Dans les villes de la région, nombre de maisons de l'avant-guerre ont servi à loger les nouveaux colons russes qui se sont installés après 1945.
Une ancienne inscription allemande sur le mur d'une maison, Ozersk. // Vers la fin du 20e siècle, l'attitude vis-à-vis de l'architecture allemande a évolué, et plusieurs bâtiments ont été rénovés à Kaliningrad, tout comme la cathédrale en ruines de la ville qui fut reconstruite. Mais la plupart de l'héritage allemand de la région reste dans un état déplorable.
Une ancienne gare, Ozerki (anciennement Georgenfelde). // Tandis que la période soviétique commence à s'effacer dans les mémoires de la région, les symboles d'autres époques et d'autres événements retrouvent peu à peu leur signification : les 700 ans de l'histoire allemande de la ville, les dizaines de fois où le destin de l’Allemagne et de la Russie se sont croisés...