Brûlez la Marena et réveillez l’ours pendant la fête de Maslenitsa

A l’origine, la fête Maslenitsa (Jours gras) était une fête païenne. Ce n’est qu’avec l’avènement du christianisme que l’équinoxe de printemps (mars 20-21) est devenu une institution qui tombait pendant la période du carême. Ainsi, la grande consommation nationale des crêpes intervenait dorénavant un mois plus tôt.

Les Slaves ignoraient tout de Pâques ou du jeûne et fêtaient Maslenitsa à la fin du mois de mars, lorsque la durée du jour devient égale à celle de la nuit et tout ce qui est vivant se réveille.

L’autre nom slave donné à Maslenitsa est Komoeditsa, nom dont de nos jours on ne se souvient que dans des villages reculés de Biélorussie. « Kom » était un autre mot pour « ours ». Celui qui « mange le miel » était considéré comme l’ancêtre de l’homme, et il incarnait le dieu du bétail, Veles, à qui on offrait des cadeaux pendant la fête de Komoeditsa. Les crêpes, symbole du soleil et du printemps, étaient particulièrement prisées.

Au sens strict, Komoeditsa ou Maslenitsa n’est pas seulement une fête du printemps, mais également de l’ours.

Et comment fêter Maslenitsa sans l’effigie ? Pour les païens, les effigies étaient imprégnés d’une signification profonde : ils ne représentaient pas l’hiver comme pensaient à tort les chrétiens, mais Marena (ou Marzanna) était l’incarnation du mal et de la mort. Cette déesse slave était associée aux changements des saisons et au passage du jour à la nuit. Apaisée toute au long de l’année, ce n’est que durant la fête de Maslenitsa que Marena devenait l’objet des représailles pour les Slaves.

Tout le monde se mettait en cercle et dansait en rond autour d’un feu de joie dans lequel on faisait des offrandes aux ancêtres et on brûlait la Marena.

Les païens attachaient une signification particulière au cercle. Il représentait le passage des saisons et le cycle du jour et de la nuit. Autant que la vie des hommes se déroule également en cercle.

Tout cela s’accompagnait de chants et de supplications.

A tour de rôle, chaque personne rassemblée buvait une petite gorgée d’une coupe de kvass et implorait la miséricorde des dieux, les suppliant d’envoyer de la chaleur.

On versait un peu de kvass sur le feu en sacrifice aux dieux et en offrande aux ancêtres des Slaves, puis venait le rituel d’enflammer du pain et des crêpes.

Un ours se laissait attirer vers le feu de joie par le son des chants pour participer lui aussi à la fête.

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