L’Ukraine veut participer à une mission de l’Otan en mer Noire

Stepan Poltorak, ministre de la Défense ukrainien (au centre), lors d'une réunion de la Commission OTAN-Ukraine au siège de l'OTAN à Bruxelles le 15 Juin.

Stepan Poltorak, ministre de la Défense ukrainien (au centre), lors d'une réunion de la Commission OTAN-Ukraine au siège de l'OTAN à Bruxelles le 15 Juin.

AP
Kiev a manifesté son intention de rejoindre la mission de l’Otan en mer Noire. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou mettrait en œuvre des contre-mesures adéquates. Que pourrait entreprendre la Russie ?

Le ministre ukrainien de la Défense, Stepan Poltorak, a soumis au sommet de l’Otan, le 14 et le 15 juin à Varsovie, la « feuille de route » des réformes dans le secteur militaire. Objectif ?  Rendre l’armée de son pays conforme aux normes de l’Alliance d’ici 2020. Plusieurs pays de l’Otan se sont empressés de promettre une aide financière supplémentaire à Kiev et de déclarer leur soutien intégral à la politique ukrainienne.

En qualité de projet à court terme, l’Ukraine a annoncé qu’elle se joindrait à la mission de surveillance de l’Otan en mer Noire, aux côtés de la Turquie, de la Roumanie et de la Bulgarie, pays riverains de la mer Noire comme la Russie.

Cette décision a déclenché une vive préoccupation à Moscou. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la Russie considérait « avec sérieux et prudence » la nouvelle idée de son voisin méridional.

« Nous suivons de près la situation et nous espérons que cette décision ne rendra pas la région plus dangereuse. Nous nous réservons le droit de prendre des contre-mesures adéquates », a indiqué Grigori Karassine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, dans une interview à l’agence RIA Novosti.

La flotte ukrainienne

L’Ukraine déclare depuis longtemps son souhait de se joindre à l’Otan et d’habiter la maison commune européenne. Elle saisit donc la moindre occasion de participer à des manœuvres militaires de l’Alliance afin de manifester son attachement à cette politique.

Toutefois, vu l’absence de financement et d’entretien approprié des bâtiments au cours des 25 dernières années, les forces navales ukrainiennes se trouvent dans un état de délabrement avancé.

« La flotte ukrainienne n’a plus sa puissance d’antan et exige d’importants investissements et une sérieuse modernisation. Elle dispose de certains navires présentant une certaine force militaire. Mais en réalité, Kiev n’a plus que son navire amiral, l’Hetman Sahaydachniy, l’unique bâtiment qui peut prendre part à de telles manœuvres. Tous les autres navires sont des vedettes de patrouille », a fait remarquer à RBTH l’observateur miliaire du quotidien russe Izvestia, Dmitri Safonov.

Selon son expression, les manœuvres des bâtiments de Russie et de l’Otan rappellent « une flaque d’eau où les navires se heurtent les uns aux autres ».

Eventuelles mesures de Moscou

L’expert militaire de l’agence TASS, le colonel à la retraite Viktor Litovkine, estime que la Russie ne réalisera aucune démarche précipitée ou irréfléchie et qu’elle continuera de moderniser les infrastructures militaires de la péninsule de Crimée.

« Une série de mesures a été adoptée pour renforcer la sécurité des frontières russes sur cet axe et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, est venu en personne inspecter les infrastructures militaires de la presqu’île », a-t-il noté.

Il a rappelé que la Russie avait procédé à la modernisation de ses chasseurs en Crimée et avait livré dans la région des Soukhoï Su-30SM de quatrième génération capables de tirer des missiles antinavire. En outre, il a été décidé de transférer dans la péninsule des batteries côtières avec des missiles de croisière Bal et Bastion, capables d’atteindre des cibles à la sortie du Bosphore (reliant la mer Noire à la Méditerranée et contrôlé par la Turquie).

« La Russie déploie également des radars de nouvelle génération capables de contrôler la situation dans la région en surface, sous l’eau et dans le ciel. Nous procédons à la modernisation de la Flotte de la mer Noire qui a vu arriver récemment un sous-marin doté de missiles de croisière Kalibr d’une portée de 2500 km », a ajouté Viktor Litovkine.

Selon lui, Moscou peut si nécessaire transférer dans la péninsule des bombardiers stratégiques Toupolev Tu-22M3.

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