Le Sénat français vote la levée progressive des sanctions contre la Russie

Reuters
La chambre haute du parlement français a soutenu la résolution sur la levée progressive des sanctions contre la Russie proposant au gouvernement d’assouplir les sanctions dans le sillage de la mise en œuvre des accords de Minsk. Le document n’a pas de caractère contraignant, mais c’est la première fois que le parlement du pays adopte une telle décision à la majorité absolue.

« Pour la première fois, un parlement national se prononce sur les sanctions, appelant à réétudier la question, à les rendre plus différentiées et à envisager leur levée progressive », a déclaré Yves Pozzo di Borgo, sénateur UDI et l’un des auteurs du document, aux journalistes. « Je ne sais pas si cette résolution pourra faire changer d’avis les membres du prochain sommet de l’UE, mais elle poussera certainement tous les pays de l’Union à se pencher sur la question », a-t-il ajouté. Le document a été présenté par les sénateurs Yves Pozzo di Borgo et Simon Sutour en mai.

302 députés ont voté pour la résolution et 16 contre. 335 parlementaires sur les 348 étaient présents au moment du vote. « Cela n’arrive que très rarement et c’est très important. Ce résultat est très significatif », a déclaré M. di Borgo. Rappelons que le 28 avril dernier, la chambre basse du parlement français avait adopté une décision similaire qui toutefois n’avait recueilli que 55 voix sur 577. La majorité avait pu être atteinte parce que 101 députés seulement étaient alors présents à l’assemblée.

Le document voté par le parlement appelle le gouvernement français à « un allègement partiel et progressif du régime des sanctions contre la Russie, notamment des sanctions économiques ». Les sénateurs français estiment qu’il faut le faire en raison des « conséquences négatives pour les deux parties dans les domaines politique et économique des sanctions européennes et des contre-sanctions russes ». En outre, le document propose « d’appeler les partenaires européens à lever les sanctions individuelles introduites contre des parlementaires russes ». Les auteurs du document précisent que cela permettrait de rétablir les relations entre la Russie et l’Union européenne.

Cependant, le document condamne la politique russe vis-à-vis de l’Ukraine et l'intégration de la Crimée à la Russie. Les auteurs soulignent l’importance de la mise en œuvre des accords de Minsk et appellent les deux parties au conflit à les respecter.

Article complet disponible sur le site de Kommersant

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