Haut-Karabakh : rencontre des présidents azerbaïdjanais et arménien à Vienne

De gauche à droite : Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, Serge Sarkissian, président de l'Arménie, Edward Nalbandian, ministre des Affaires étrangères de l'Arménie, l'ambassadeur Andrzej Kasprzyk, représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, Victoria Nuland, secrétaire d'État assistant pour l'Europe et l'Eurasie et John Kerry, secrétaire d'État des États-Unis.

De gauche à droite : Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, Serge Sarkissian, président de l'Arménie, Edward Nalbandian, ministre des Affaires étrangères de l'Arménie, l'ambassadeur Andrzej Kasprzyk, représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, Victoria Nuland, secrétaire d'État assistant pour l'Europe et l'Eurasie et John Kerry, secrétaire d'État des États-Unis.

Valery Sharifulin / TASS
Vienne a accueilli une rencontre des leaders d’Arménie et d’Azerbaïdjan, la première depuis le déclenchement des hostilités dans la région du Haut-Karabakh, qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

La rencontre s’est déroulée le 16 mai au format du Groupe de Minsk de l’OSCE pour le règlement du conflit dans la République du Haut-Karabakh (non reconnue). Le Groupe est coprésidé par la Russie, la France et les Etats-Unis.

Le président arménien Serge Sargsian et le leader azerbaïdjanais Ilham Aliev ont déclaré à Vienne leur attachement à un règlement négocié du conflit.

Présent aux négociations, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé que les présidents des deux pays avaient convenu d’achever dans les plus brefs délais la mise au point d’un mécanisme spécial de l’OSCE qui enquêtera sur les incidents le long de la ligne de désengagement et qui s’attellera à rechercher des personnes portées disparues. 

Les experts estiment que le bilan essentiel de la rencontre est la déclaration du président azerbaïdjanais sur la nécessité de respecter les accords de 1994–1995 concernant la trêve et le cessez-le-feu. « Le Groupe de Minsk a pratiquement contraint Ilham Aliev à reconnaître – quoique seulement en paroles – l’accord sur le cessez-le-feu », a indiqué à RBTH Youri Skakov de l’Institut d’orientalisme de l’Académie des sciences. Bakou avait affirmé que ce document n’était plus en vigueur. 

Lors d’une conversation tenue précédemment avec le premier ministre russe Dmitri Medvedev, Ilham Aliev a déclaré que Bakou aspirait dans la résorption du conflit à « la modification du statu quo (dans le Haut-Karabakh) et à la levée de l’occupation des terres azerbaïdjanaises ». Les accords du milieu des années 1990 ont maintenu le statu quo que Bakou estime injuste.

Les parties loin de leurs objectifs

Le conflit armé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet du Haut Karabakh – territoire qui, pendant la période soviétique, faisait partie de l’Azerbaïdjan, mais était principalement peuplé d’Arméniens ethniques – a éclaté au début des années 1990 sur fond d’effondrement de l’Union soviétique. Cette flambée de violence a débouché sur l’apparition de la République non-reconnue du Haut-Karabakh soutenue par l’Arménie.

Ce conflit qui couvait depuis vingt ans s’est aggravé début avril 2016. Des combats aux armes lourdes se sont poursuivis pendant plusieurs jours sur la ligne de désengagement, faisant plus de trente morts. Après ces violences, les parties sont restées sur leurs positions respectives sans atteindre leurs objectifs, a souligné Youri Skakov.

Ce qui signifie très probablement qu’une nouvelle aggravation est à craindre à l’avenir, a-t-il ajouté, en constatant que les déclarations des deux présidents ne les engageaient à rien. 

Dans le même temps, il a été annoncé à l’issue des négociations de Vienne que les leaders azerbaïdjanais et arménien devaient s’entendre au mois de juin sur une nouvelle rencontre.

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