Une mésentente entre les pilotes serait à l'origine du crash à Rostov-sur-le-Don

Le Boeing 737-800 de Flydubai s’est écrasé près de Rostov-sur-le-Don dans la nuit du 18 au 19 mars 2016.

Le Boeing 737-800 de Flydubai s’est écrasé près de Rostov-sur-le-Don dans la nuit du 18 au 19 mars 2016.

Sergey Pivovarov/RIA Novosti
Le Boeing 737-800 de FlyDubai pourrait s’être écrasé près de Rostov-sur-le-Don (sud) à cause d’un conflit entre les pilotes de l’avion lors de la prise d’altitude avant d’entamer un nouveau circuit, annonce le journal russe Kommarsant, faisant référence à des sources proches de l’enquête.

Les enquêteurs russes ont pu reconstituer le tableau des évènements tragiques grâce au déchiffrage des boîtes noires du Boeing 737-800. Selon Kommersant, l’erreur des pilotes de la compagnie FlyDubai est maintenant la version principale de la catastrophe.

Le 19 mars, alors qu’ils tentaient de poser leur avion à l’aéroport de Rostov-sur-le-Don, l’équipage a été forcé d’entamer un second circuit en raison des conditions météorologiques.

Le journal indique qu’un vent violent et changeant a affecté le bon fonctionnement de l’automanette du Boeing, censée assurer le déplacement de l’appareil selon une trajectoire donnée de descente ou de montée en pilotage automatique. Suite à cela, le commandant de bord a pris la décision de se charger manuellement du pilotage.

Selon les données de l’enregistreur, six kilomètres avant la piste d’atterrissage, à une altitude de 270 mètres, l’un des pilotes a appuyé sur le bouton TOGA (Take off. Go around, ndlr), qui ordonne au système de faire remonter l’avion pour un circuit supplémentaire. Ensuite, l’un des membres d’équipage a coupé le pilote automatique et pris les commandes. Dans ces conditions, les pilotes devaient eux-mêmes définir le tangage (l’angle d’inclinaison du nez de l’appareil, ndlr) grâce aux instruments de bord.

Selon l’enquête, l’équipage a commis une erreur lors de la reprise d’altitude après l’atterrissage avorté. Kommersant indique que l’appareil se trouvait dans une situation compliquée lors de sa descente en pilotage automatique. Son manche était en position de piqué, mais son empennage arrière pointait dans la direction opposée, soulevant le nez de l’avion. Suite à cela, le Boeing a pris de l’altitude. Lorsque l’appareil a atteint un angle de montée critique, la vitesse a brutalement diminué et un conflit a éclaté dans la cabine entre les pilotes.

Le quotidien indique que le pilote aux commandes a brutalement augmenté le régime des réacteurs durant la prise d’altitude, alors que son équipier abaissait le nez du Boeing. Le second pilote a crié à son camarade « Arrête ! Qu’est-ce que tu fais ? Arrête ! Arrête ! » tout en essayant d’interrompre la prise d’altitude en tirant sa manettes vers lui. Selon les spécialistes, les actions contradictoires des deux manettes ont provoqué une « rupture » du pilotage et ont précipité l’avion en piqué. Les pilotes n’ont pu coordonner leurs actions que lors de la chute à une vitesse de 325 km/h avec un angle d’environ 45 degrés. Mais il était déjà trop tard, et les pilotes n’ont pu que hurler de terreur alors que l’avion plongeait vers le sol.

Selon Kommersant, les enquêteurs n’ont pas encore été en mesure de définir lequel des pilotes avait commis l’erreur fatale. Leurs intonations et le timbre de leurs voix sont similaires sur l’enregistrement. Pour identifier les enregistrements, la police prévoit de demander l’aide de la famille du commandant et de son co-pilote.

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