Ce qu’en dit la presse russe : évolution de la situation en Syrie

Kobané, Syrie, le 1er novembre 2014 : Des combattants Kurdes se reposent.

Kobané, Syrie, le 1er novembre 2014 : Des combattants Kurdes se reposent.

AP
La rivalité russo-américaine et la zone d’exclusion aérienne en Syrie

La Russie et les Etats-Unis rivalisent en Syrie

La presse russe commente l’intention des Etats-Unis, rendue publique par la presse américaine, de relancer, sur fond de bombardements russes contre les islamistes, la campagne militaire en Syrie contre le groupe extrémiste État islamique. Le quotidien Kommersant, citant le New York Times, informe que la coalition dirigée par les Etats-Unis s’apprête à lancer une offensive générale contre la ville de Raqqa dans le nord-est de Syrie, la capitale de facto de l’EI. Pour l’opération terrestre, la coalition compte sur 20 000 combattants kurdes et 5 000 combattants de l’opposition syrienne modérée, qui seront appuyés par les forces aériennes de la coalition. Les experts russes interrogés par le quotidien indiquent que deux coalitions alternatives sont actuellement en formation, l’une menée par les Etats-Unis, l’autre par la Russie, et chacune cherche à montrer sa supériorité dans la lutte contre les islamistes.

« Dans cette situation, il est important pour les pays d’éviter de se « nuire ». Pour cela, il faut clairement délimiter les zones d’opération et de peser les décisions. Par exemple, la décision des Etats-Unis de livrer des armes directement à l’opposition syrienne pourrait conduire à ce que les terroristes s’en emparent », estime Dmitri Polikanov, membre du conseil de PIR Center, cité par Kommersant.

Pour Ruslan Poukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies, outre les actions de la coalition contre l’EI, le règlement du conflit en Syrie doit passer par un processus de paix. « Il est très difficile de combattre l’EI. C’est comme frapper la laine ou le brouillard. Après de telles frappes, l’EI se dissipe, puis se reforme à nouveau », explique Sergueï Oznobichtchev, directeur de l’Institut des évaluations stratégiques, cité par Kommersant. Il estime que dans la situation actuelle, la lutte contre l’EI, menée par la Russie et par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, se transforme plutôt en rivalité pour la place du premier violon dans la politique mondiale.

Kommersant

Moscou trouble les plans occidentaux concernant une zone d’exclusion aérienne en Syrie 

La presse russe a également réagi à l’annonce de Financial Times qui explique que, par son « action soudaine » en Syrie, la Russie a troublé les négociations de plusieurs mois entre les Etats-Unis et les autres membres de leur coalition sur la création d’une zone d’exclusion aérienne, un projet avancé par la Jordanie et la Turquie. Les experts interrogés et cités dans l’article de NezavissimaïaGazeta (NG) doutent toutefois que la Russie ait un lien avec l’échec de ce projet et estiment que l’Occident cherche toujours à semer la zizanie dans l’alliance qui se noue sous l’aile de Moscou. Une source de NG au sein du ministère des Affaires étrangères a déclaré que Moscou n’était pas au courant des plans occidentaux sur la création d’une zone d’exclusion et a ajouté que cette question n’avait pas été évoquée lors des pourparlers à New York dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU. « Je ne suis pas au courant de l’échec du projet de création d’une zone d’exclusion aérienne, mais je sais que même avant notre intervention, les Etats-Unis étaient opposés à la proposition turque visant à créer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, et la Russie n’y était pour rien », a déclaré Alexandre Ignatenko, président de l’Institut de la religion et de la politique, dans un entretien avec NG. Il estime qu’en Occident aujourd’hui, il existe un désir de « torpiller le front uni qui se forme contre l’EI et les organisations terroristes connexes », dont certaines sont partiellement soutenues par la Turquie.

Nezavissimaïa Gazeta

La Turquie dénonce une nouvelle violation de son espace aérien

Vedomosti écrit qu’Ankara a dénoncé une nouvelle violation de son espace aérien par les pilotes russes. Selon le périodique, lundi soir, le ministère turc des Affaires étrangères a de nouveau convoqué l’ambassadeur russe Andreï Karlov pour lui annoncer la deuxième violation de l’espace aérien turc par un avion des forces aériennes russes en l’espace de quelques jours. La première violation, survenue le 3 octobre, avait été annoncée lundi matin. Le ministère russe des Affaires étrangères et le ministère de la Défense ont reconnu cette violation. Le général-major Igor Konachenkov, représentant officiel du ministère de la Défense, a déclaré que « cet incident était dû aux mauvaises conditions météorologiques dans la région ».

Vedomosti

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.