Bachar el-Assad : Genève-3 sera un échec sans Moscou-3

Le président syrien Bachar el-Assad

Le président syrien Bachar el-Assad

AFP/East News
Les temps forts de l’interview du président syrien aux médias russes.

Les réfugiés

D’un œil, les pays occidentaux pleurent sur le sort des réfugiés et de l’autre, ils les visent avec une mitraillette. Parce ce qu’en fait, ces personnes ont quitté la Syrie à cause des terroristes et du danger de mort, ainsi qu’à cause des conséquences du terrorisme… Si les Européens s’intéressent réellement au destin des réfugiés, qu’ils cessent de soutenir les terroristes…

Front commun contre le terrorisme

Les forces politiques, le gouvernement ou des formations armées illégales luttaient contre ce dernier doivent former un front uni contre le terrorisme. Et c’est d’ores et déjà le cas : certains groupes qui avaient combattu le gouvernement syrien se sont rangés aujourd’hui à nos côtés pour lutter contre le terrorisme.

Genève-3

Il existe des contradictions irréductibles au sujet du gouvernement de transition dans la déclaration de Genève. Moscou-3 doit permettre de surmonter les désaccords entre les différentes forces syriennes et d’élaborer une position consolidée pour ouvrir la voie à Genève-3 et assurer le succès de ces négociations. Nous estimons que Genève-3 a peu de chances de réussir sans le succès de Moscou-3.

Rôle de l’Iran

Ce pays soutient la Syrie sur le plan politique, économique et militaire. En ce qui concerne le soutien militaire, ce n’est pas, comme le prétendent les médias occidentaux, l’envoi en Syrie d’unités militaires iraniennes. Ce n’est pas vrai. Téhéran nous livre du matériel militaire. Il y a, bien sûr, des échanges entre les spécialistes militaires syriens et iraniens, mais ces échanges ont toujours eu lieu et il est évident qu’une telle coopération bilatérale se renforce en situation de guerre. Oui, l’aide de Téhéran est essentielle et elle permet à la Syrie de tenir dans cette guerre sauvage.

Le rôle des djihadistes

Nous savons que le Front al-Nosra et l’Etat islamique (EI) sont ravitaillés en armes, argent et volontaires par la Turquie qui entretient des relations étroites avec l’Occident. Recep Erdogan et Ahmet Davutoglu (respectivement président et premier ministre turcs, ndlr) ne sont pas capables de faire un pas sans se retourner vers les Etats-Unis et les autres pays occidentaux. Le Front al-Nosra et l’EI doivent leur montée en puissance dans la région à la protection de l’Occident qui considère le terrorisme comme un atout pouvant être joué régulièrement. Aujourd’hui, l’Occident veut utiliser le Front al-Nosra contre l’EI, peut-être parce que ce dernier échappe dans une certaine mesure à son contrôle. Ce qui ne signifie pas qu’il veut éliminer l’EI. S’il le voulait vraiment, il en aurait été capable.

Fédéralisation de la Syrie

Quand le peuple syrien décidera d’avancer dans le sens de la fédéralisation, de la décentralisation, de l’introduction d’une gestion autonome ou d’une modification en profondeur du régime politique, cela demandera d’établir un consensus et d’apporter des amendements à la Constitution par le biais d’un référendum. Cela étant, ceux qui le proposent doivent prouver à la population syrienne le bien-fondé de leurs idées parce que leurs initiatives ne constituent pas un dialogue avec l’Etat, mais avec le peuple.

Les relations avec les pays de la région

Dans la situation actuelle, il est impossible de soutenir et de combatte le terrorisme en même temps. Or, c’est ce que tentent de faire aujourd’hui la Turquie, la Jordanie et l’Arabie saoudite. Elles prétendent faire partie de la coalition antiterroriste dans le Nord de la Syrie, tout en soutenant le terrorisme dans le Nord, le Sud et le Nord-Ouest… Je voudrais le souligner encore une fois : si ces pays décident de revenir sur des positions plus justes, s’ils changent d’avis et se mettent à lutter contre le terrorisme dans l’intérêt général, nous l’accepterons et nous coopérerons avec eux et avec les autres Etats.

Les sources de la crise

L’une des sources de la crise actuelle est la guerre qui a débouché sur la scission confessionnelle de l’Irak, ce qui s’est répercuté partiellement sur la situation en Syrie en attisant les contradictions interconfessionnelles dans le pays.

Un autre point crucial est le soutien officiel de l’Occident aux terroristes en Afghanistan au début des années 1980. A ces mêmes terroristes que le monde occidental qualifiait de « combattants pour la liberté ». Plus tard, en 2006, c’est l’EI qui a fait son apparition en Irak sous la tutelle des Etats-Unis et Washington n’a rien entrepris pour lutter contre ce groupe. Réunis, ces facteurs ont soulevé des troubles grâce à l’aide de l’Occident, au financement des pays du Golfe, surtout du Qatar et de l’Arabie saoudite, et au soutien logistique de la Turquie…

Texte intégral (en russe) publié sur le site de Rossiyskaya Gazeta

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