Négociations Lavrov-Kerry à Genève : deux rencontres en une journée

Crédit : AP

Crédit : AP

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain John Kerry ont eu des négociations le 2 mars à Genève. Ils se sont focalisés sur l’application des accords de Minsk prévoyant un cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine.

Les chefs des deux diplomaties se sont rencontrés à deux reprises dans le courant de la journée. Outre la situation en Ukraine, ils ont également évoqué le dossier syrien, la lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI) et le programme nucléaire iranien.

Cependant, ils se sont principalement concentrés sur le respect du cessez-le-feu dans les régions orientales de l’Ukraine. Sergueï Lavrov a indiqué avoir demandé à John Kerry d’user de son influence sur Kiev afin que ce dernier applique intégralement les modalités de la trêve, qui prévoient un cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part ajouté que Sergueï Lavrov avait rappelé à son homologue américain « les engagements de Kiev en vue de réaliser une réforme constitutionnelle et d’accorder un statut spécial aux régions orientales du pays ».

John Kerry a exprimé l’espoir que le cessez-le-feu serait intégralement matérialisé dans le courant de « quelques heures », tout en menaçant la Russie de nouvelles sanctions économiques. Ainsi, il a déclaré que Moscou serait confronté à de « nouvelles conséquences » si le cessez-le-feu n’est pas appliqué.

Négociations avec Kerry, mais pas seulement

Sergueï Lavrov a également participé à Genève à la conférence du désarmement des Nations unies et à une réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Répondant aux questions des journalistes, il a commenté le nouveau rapport du Conseil en faisant remarquer que certains points du document devaient être précisés.

« Par exemple, le rapport affirme que d’après des informations dignes de foi, des troupes russes sont présentes en Ukraine », a-t-il poursuivi. Or, « le chef d’état-major général de l’armée ukrainienne en personne a démenti récemment la nouvelle et a dit qu’il n’y avait pas d’unités de l’armée russe en Ukraine », a souligné Sergueï Lavrov.

Il a également noté que le rapport mentionnait la limitation par les autorités ukrainiennes de la liberté de circulation entre le Donbass et les autres régions de l’Ukraine, et a vivement critiqué cette démarche de Kiev.

Alexeï Arbatov, directeur du Centre de sécurité internationale de l’Institut d’économie mondiale, a constaté qu’en évoquant l’application des accords de Minsk à Genève, les deux pays mettaient l’accent sur les points qu’ils jugent prioritaires.

Les États-Unis insistent sur le retrait de toutes les troupes étrangères et la restitution aux autorités ukrainiennes du contrôle de la frontière entre la Russie et les régions de Lougansk et de Donetsk. La Russie, de son côté, souligne la nécessité du retrait de l’armée ukrainienne. « Les uns et les autres engagent d’âpres débats au sujet de la réforme constitutionnelle et des élections locales prévues par les accords de Minsk », a-t-il indiqué à RBTH.

En ce qui concerne les menaces de Washington d’introduire des sanctions, ces déclarations de John Kerry relèvent presque du rituel. « Les États-Unis estiment qu’il convient de maintenir la pression sur la Russie, sans quoi Moscou n’influencera pas les milices populaires afin que celles-ci appliquent les accords de Minsk », a fait observer pour conclure Alexeï Arbatov.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.