Charlie Hebdo : un attentat contre la liberté d’expression

Fleurs et chandelles devant l'ambassade de France à Moscou. Crédit photo : Flora Moussa/RBTH

Fleurs et chandelles devant l'ambassade de France à Moscou. Crédit photo : Flora Moussa/RBTH

Plusieurs personnalités politiques russes ont exprimé jeudi leur soutien à la France et ont condamné l'attaque inhumaine qui a coûté la vie à 12 personnes.

Le chef du Conseil présidentiel pour les droits de l’homme, Mikhaïl Fedotov, a qualifié de tentative d’étouffer à l’aide des armes la liberté d’expression l’attaque terroriste perpétrée mercredi 7 janvier contre le journal satirique français Charlie Hebdo.

« L’assassinat inhumain de journalistes français est une tentative d’interdire la liberté d’expression par des tirs de fusil d’assaut. Ceci ne peut être justifié : toutes sortes de discussions sur les règles de l’étique journalistique ne peuvent être menées qu’avec des journalistes vivants et pas avec ceux assassinés. Et bien évidemment, [il ne peut y avoir de discussion, ndlr] avec les idéologues du terrorisme », a souligné M. Fedotov.

Ce dernier a en outre espéré que les auteurs de cette attaque terroriste seraient bientôt arrêtés et traînés en justice.

« Il est crucial que cette attaque terroriste monstrueuse ne soit pas un prétexte pour une chasse aux sorcières d’envergure visant les musulmans d’Europe et n’incite pas l’islamophobie. Dans le cas échéant, on pourrait constater que les terroristes ont atteint leur but », a poursuivi le responsable.

M. Fedotov a par ailleurs précisé que l’effectif du Conseil présidentiel pour les droits de l’homme présentait ses condoléances aux familles des victimes.

Mercredi, deux hommes armés d'une kalachnikov et d'un lance-roquette ont fait irruption au siège de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement de la capitale française, et ont ouvert le feu sur les personnes qui s'y trouvaient. L'attaque a fait 12 morts, dont 4 dessinateurs, 2 policiers et un observateur de la radio France Inter. Onze personnes ont été blessées.

Suite à cette attaque inhumaine, Konstantin Kossatchev, président du Comité des relations internationales du Conseil de la Fédération (sénat russe), a déclaré que la Russie était prête à partager avec la France, mais aussi avec la communauté internationale dans son ensemble, son expérience en matière de la lutte anti-terroriste.

« Nous sommes prêts à faire part (…) de notre expérience dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Nous sommes en train de travailler sur l’initiative visant à intensifier un dialogue civil, y compris interparlementaire, à ce sujet », a-t-il écrit sur son blogue sur le site officiel du Conseil de la Fédération, selon l'agence RIA Novosti.

La nécessité de déployer des efforts conjoints dans le domaine de la lutte contre le terrorisme a en outre été pointée lors de l’entretien téléphonique entre les chefs de la diplomatie russe et français, Sergueï Lavrov et Laurent Fabius, tenu le lendemain de la tragédie.  

« Monsieur Lavrov a exprimé de profondes condoléances à l'occasion de l'attentat terroriste perpétré la veille au centre de Paris et se soldant par des victimes. Les ministres ont été unanimes à estimer que cette tragédie confirmait la nécessité d'ultérieurs efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme », lit-on jeudi dans un communiqué du service de presse du ministère russe des Affaires étrangères.

Des responsables politiques russes n’ont pas été les seuls à exprimer leur soutien à la France : depuis le petit matin de la journée de jeudi, des citoyens ordinaires affluaient devant la représentation diplomatique française à Moscou pour déposer des fleurs et allumer des chandelles.

« Toutes nos condoléances. La Russie est contre le terrorisme », « La Russie est avec vous. La liberté d’expression prime sur le reste », tels messages laissaient les Moscovites venus rendre hommage aux victimes de l’attaque.

À 19h00 (heure locale), un rassemblement en mémoire aux victimes de Charlie Hebdo regroupant des citoyens des deux pays a eu lieu devant la chancellerie de l’ambassade de France à Moscou.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.