Crash du Boeing : la Russie soutient la résolution du Conseil de sécurité

La résolution déplore les actes qui ont mené au crash de l'avion et exige « d'engager la responsabilité des personnes coupables de cet incident ». Crédit : Reuters

La résolution déplore les actes qui ont mené au crash de l'avion et exige « d'engager la responsabilité des personnes coupables de cet incident ». Crédit : Reuters

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité une résolution sur le crash du Boeing de Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine. Le document est la « version la plus déterminée », il déplore les actes qui ont mené au crash de l'avion, et exige la tenue d'une enquête multilatérale et indépendante sur la tragédie « en conformité avec les principes qui régissent l'aviation civile internationale ».

La résolution 2166

Le projet de résolution a été soumis par l'Australie, qui a perdu 27 de ses citoyens dans la tragédie. Le Conseil de sécurité de l'ONU « exige de cesser sans tarder toutes les actions militaires dans la zone adjacente au lieu de la catastrophe, notamment celles menées par des groupes armés, afin de garantir la préservation et la sécurité des lieux lors de la conduite de l'enquête internationale ».

D'après la résolution, « les groupes armés qui contrôlent le lieu de la catastrophe et la région adjacente » doivent garantir son intégrité et éviter les « destructions, déplacements ou dommages de grands ou petits débris, des équipements, des effets personnels et des dépouilles ».

Le document souligne la nécessité d'accorder un accès au lieu du crash à « la mission spéciale d'étude de l'OSCE et aux représentants des autres organisations internationales », mais également d'assurer la sécurité du travail des spécialistes.

La résolution déplore les actes qui ont mené au crash de l'avion et exige « d'engager la responsabilité des personnes coupables de cet incident ». Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé ses condoléances aux membres des familles des défunts, mais également aux populations et aux gouvernements des pays dont les citoyens ont été victimes de la catastrophe aérienne.

Les déclarations durant les audiences

La représentante permanente des États-Unis à l'ONU Samantha Power a déclaré que l'avion avait probablement été abattu par un missile de type « sol-air ».

« Nous pouvons évaluer les preuves que nous avons maintenant : l'avion a été abattu par un missile « sol-air » à une altitude de 33 000 pieds (10 000 mètre, ndlr), il évoluait dans le corridor établi pour les transferts commerciaux. Nous savons que les systèmes qui existent chez les rebelles (Sol-Air à très courte portée, ndlr) ne peuvent pas abattre un avion... Les rebelles se sont vantés sur les réseaux sociaux d'avoir abattu un avion de ligne mais ils ont ensuite supprimé ce message. Les rebelles n'auraient pas pu non plus se servir des systèmes Bouk, il leur faudrait l'aide de spécialistes », a dit Power lors de la discussion.

Comme l'a fait remarquer la représentante des USA, les militaires ukrainiens n'ont pas mené de tirs de missiles le jour du crash du Boeing 777.

« Si le président Poutine continue à s'engager dans l'escalade, la communauté internationale élargira les sanctions », a ajouté Madame Power. « La Russie doit mettre un terme à cette guerre, et elle peut le faire ».

Le représentant de l'Ukraine à l'ONU a déclaré lors des audiences que les forces insurgées avaient installé deux systèmes sol-air Bouk-41. « D'après les interceptions des conversations radio des chefs des terroristes et les vidéos prises par les citoyens, les terroristes avaient deux systèmes Bouk. La question est de savoir où ils ont reçu une technologie si moderne. On sait que deux citoyens russes sont venus comme spécialistes en guidage de tirs », a-t-il dit.

Vitali Tchourkine a appelé les pays à « s'abstenir de conclusions hâtives et de déclarations politisées » avant la fin de l'enquête. Le diplomate considère également indispensable, afin d'éclairer les circonstances de l'incident, qu'elle soit « organisée sous l'égide de l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile (ICAO) ».

Le représentant permanent de la Chine à l'ONU Liu Jieyi a également appelé à ce que l'ICAO joue un rôle central dans la conduite de l'enquête. 

Il a ajouté qu'il faut maintenant « se concentrer sur la révélation de la vérité sur la catastrophe ».

« Jusqu'alors, aucune des parties ne doit se livrer à de quelconques conclusions ou s'engager dans une escalade d'accusations mutuelles », a résumé le représentant de la Chine.

Le premier ministre australien Tony Abbott a salué le vote de la résolution. D'après lui, « L'Australie continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir le bon déroulement de l'enquête sur cet acte barbare, trouver ceux qui ont commis ces crimes et les livrer aux mains de la justice ».

 

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