La Russie et l'Estonie ont signé un accord sur leur frontière commune

Le PM estonien Urmas Paet (à g.) et son homologue russe Sergueï Lavrov. Crédit : AFP / East News

Le PM estonien Urmas Paet (à g.) et son homologue russe Sergueï Lavrov. Crédit : AFP / East News

Les ministres des affaires étrangères de Russie et d'Estonie, Sergueï Lavrov et Urmas Paet, ont signé le 18 février des accords sur les frontières nationales et la délimitation des espaces maritimes, ainsi qu'un accord sur l'immobilier diplomatique et le planning des consultations des ministères des affaires étrangères des deux pays pour les années 2014 et 2015.

« Aujourd'hui nous avons signé un accord sur la frontière russo-estonienne et un accord concernant la délimitation des espaces maritimes dans les golfes de Finlande et de Narva », a annoncé Sergueï Lavrov à l'issue de la rencontre avec son homologue estonien à Moscou. A son avis, la signature des accords entre la Russie et l'Estonie contribuera au développement ultérieur des relations bilatérales. « L'établissement d'un cadre légal quant à ses frontières est important pour chaque Etat », a-t-il noté. « C'est un attribut d'un Etat qui témoigne qu'une question ouverte qui existait entre un Etat et son voisin est désormais fermée ».

De plus, prochainement, la Russie et l'Estonie prévoient de signer encore quelques accords de coopération. « Actuellement, toute une série de documents sur la coopération est en cours de préparation pour la signature », a dit le ministre russe des affaires étrangères.

Sergueï Lavrov s'est abstenu de qualifier la question de la frontière russo-estonienne comme problématique. « En pratique, nous n'avons pas eu de grands problèmes en l'absence de cet accord », a-t-il expliqué. « L'interaction frontalière s'effectuait de façon assez efficace et constructive. Mais, bien sûr, la finalisation du cadre légal pour cette situation, la démarсation de la frontière au sol, qui aura lieu après la ratification de l'accord, est un pas important et non pas une simple formalité ».   

Rappelons que les négociations concernant la frontière entre la Russie et l'Estonie duraient depuis 1992. Il y a eu également des scandales: après la signature de l'accord concernant la frontière en 2005, le parlement estonien a ratifié le document mais en y rajoutant des références au Traité de Tartu du 2 février 1920, et à la Déclaration du rétablissement du pouvoir étatique constitutionnel du 7 octobre 1992, contenant des affirmations concernant l'agression de l'URSS contre l'Estonie en 1940. Selon le Traité de Tartu, l'Estonie obtenait le district de Narva et le kraï Petchorski (actuellement district Petchorski de l'oblast de Pskov). Hypothétiquement, cette référence pourrait servir de base pour les prétentions territoriales à l'encontre de la Russie. La Russie n'a pas accepté ces modifications et s'est retractée sur cet accord. En 2012, les négociations concernant la frontière ont recommencé, et en octobre l'année dernière, le président russe Vladimir Poutine a approuvé la proposition du gouvernement de signer avec l'Estonie les accords concernant la frontière nationale russo-estonienne, et la délimitation des espaces maritimes dans les golfes de Finlande et de Narva.

Nikolaï Mezhevitch, professeur du département des recherches européennes de la faculté des relations internationales de l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg, et de 1991 à 1997, expert des délégations soviétique et ensuite russe créées pour les négotiations avec la République estonienne, commente les contestations de longue date autour de la frontière : « Pendant longtemps, on discutait en Estonie la question qui aurait plus besoin de cette frontière, Moscou ou Tallinn ? La majorité de l'élite économique a toujours dit que c'était Tallinn qui en avait besoin, et une partie importante des politiciens, y compris la coalition au pouvoir, pensait que c'était Moscou. Ils ne prenaient pas en compte le fait évident que la Russie vivait sans une frontière avec un Etat plus grand, le Japon, sans que rien de grave ne se passe ».  

Sources : Itar-Tass, Rossiyskaya Gazeta, Interfax, Rubaltic.ru

 

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