Les mesaventures judiciaires de Greenpeace en Russie

Depuis plusieurs semaines, 30 membres de l’équipage de l’Arctic Sunrise sont en détention à Mourmansk. Ils encourent 15 ans de prison pour piraterie, notamment pour avoir tenté d’aborder une plateforme pétrolière appartenant à Gazprom. Pour les uns, l’action des militants était totalement inoffensive et ne mérite pas une telle punition. Les autres y voient une atteinte sérieuse à l’ordre. Pour tous, la réaction du pouvoir est symptomatique.

Dans l’ordre des choses


Éditorial

GAZETA.RU / 04.10

Cette action est tout au plus un petit acte de hooliganisme. Que le pouvoir monte en épingle cette histoire microscopique en y voyant l’occasion de montrer sa force au monde entier témoigne de sa phobie et de son agressivité croissantes.

Malgré la campagne de persuasion à la télévision et dans les sondages, la société russe reste généralement indifférente. Une répression de plus, un autre procès exemplaire n’étonneront personne.

L’opinion internationale quant à elle ne cesse d’y voir des raisons de sa juste colère et notre pouvoir est devenu un partenaire idéal : il fournit de telles raisons à la chaîne.

La guerre de Poutine contre Greenpeace


Gueorgui Bovt

THE MOSCOW TIMES / 08.10

La dureté démonstrative à l’encontre des militants de Greenpeace est comparable à la sévérité avec laquelle ont été punies les Pussy Riot, dans le but de dissuader toute tentative future d’expression politique sur un site religieux.

Poutine est convaincu qu’il doit ériger les militants en exemple pour que le monde entier sache qu’il n’est pas bon d’interférer avec les intérêts russes en Arctique.

Les dirigeants russes sont sincèrement convaincus que les membres de Greenpeace sont payés pour exécuter les ordres des ennemis de la Russie, en l’occurence ses rivaux pour les ressources naturelles de l’Arctique. 

Piraterie ou irresponsabilité?


Vladimir Kotliar

NEZAVISSIMAÏA GAZETA  / 09.10

L’équipage du brise-glace et les membres qui n’ont pas quitté le navire n’ont commis aucun crime et pourraient être remis en liberté.

Mais ceux qui ont escaladé la plateforme et le capitaine, parfaitement au courant du projet, doivent répondre d’avoir enfreint la loi russe sur la sécurité des plateformes, ainsi que pour le préjudice moral infligé aux employés de celle-ci.

Ce sera une autre histoire si l’enquête découvre que cette action était financée par des « écologistes » du type de Dokou Oumarov [rebelle tchétchène, ndlr] ou par d’importants exportateurs de pétrole et concurrents de Gazprom en Arctique. 

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