Les activistes de Greenpeace passibles de nouvelles inculpations

Les avocats insistent sur de nombreuses irrégularités commises lors de l’arrestation et par la suite. Crédit : AFP / East News

Les avocats insistent sur de nombreuses irrégularités commises lors de l’arrestation et par la suite. Crédit : AFP / East News

Les enquêteurs ont trouvé des substances narcotiques à bord du navire Arctic Sunrise.

Le roman policier autour des activistes de Greenpeace arrêtés à Mourmansk connaît de nouveaux développements. Les écologistes sont passibles de nouveaux chefs d’inculpations du Code pénal russe. Le 9 octobre, porte-parole du Comité d'enquête de Russie a annoncé que le navire Arctic Sunrise, dont l’équipage est déjà placé en garde à vue, sera arrêté. Actuellement, Arctic Sunrise est toujours stationné dans la baie de Kola, les enquêteurs y ont trouvé de nouvelles preuves.

« La commission d’enquête étudie les équipements, objets et documents confisqués lors de l’inspection du navire, annonce Vladimir Markine. Nous avons établi qu’une partie des équipements relève de technologies duales et pouvait être utilisée à des fins autres qu’écologiques. Nous vérifierons cela au cours des expertises judiciaires qui seront prochainement ordonnées par les enquêteurs. En outre, l’inspection du navire a révélé la présence de substances narcotiques,  apparemment du pavot et de la morphine. L’origine et l’utilisation possible de ces produits sont en cours de vérification ».

En outre, la commission d’enquête estime que les écologistes ont porté atteinte à la vie et à la santé de représentants de la force publique russe. Nous vous rappelons que le jour des événements des canots pneumatiques ont été mis à l’eau depuis le navire Arctic Sunrise à proximité de la plateforme pétrolière Prirazlomnaïa dans la mer de Barents. A bord de ces canots, les écologistes ont rejoint la plateforme et ont tenté de l’escalader à l’aide d’équipements d’alpinisme. Les garde-côtes ont mis fin à cette tentative en portant onze coups en l’air, puis ont dirigé leurs embarcations vers Arctic Sunrise, afin de l’inspecter. Pour les en empêcher, les écologistes ont délibérément éperonné les embarcations des garde-côtes et les ont ainsi mis en danger, estime Vladimire Markine. La commission entend alourdir l’accusation portée contre les activités de Greenpeace la semaine dernière.

La tentative de la défense de contester l’arrestation de 4 représentants russes de Greenpeace, Andreï Allakhverdov, Denis Siniakov, Ekaterina Zaspa et Roman Dolgov, a échoué. Le tribunal régional de Mourmansk a ordonné le maintien de ces derniers en garde à vue. Néanmoins, une partie des appels concernant les 26 autres écologistes arrêtés, a déjà été adressée au tribunal régional. Les avocats insistent sur de nombreuses irrégularités commises lors de l’arrestation et par la suite. Notamment, les écologistes ont été arrêtés le 19 septembre, quand les garde-côtes les ont enfermés dans le carré du navire Arctic Sunrise. Aussi, le délai d’arrestation est largement dépassé. En outre, l’arrestation du médecin de bord, Ekaterina Zaspa, n’est pas justifiée, estime son défenseur Vladislav Zheinov. Elle ne s’est pas rendue à bord de la plateforme, sa seule fonction est celle de médecin dont la présence est obligatoire à bord de chaque navire.

« Tout cela ressemble à une tentative d’arrêter les écologistes sans se soucier des détails juridiques, estiment les avocats. L’inculpation de « piraterie » ne pourra être justifiée du point de vue légal. La « piraterie » suppose l’usage de force à des fins de détention d’un navire ou des biens à bord. Supposer que Greenpeace avait l’intention de se saisir de la plateforme est absurde. Sans parler du fait que les écologistes n’étaient pas armés ».

Kumi Naidoo, Directeur exécutif de Greenpeace International, a adressé une lettre au Président russe Vladimir Poutine lui proposant de se rencontrer au plus vite à Moscou afin de mettre fin à la détention des activistes de Greenpeace. Le porte-parole du Président, Dmitri Peskov a indiqué que l’administration n’a pas encore reçu la lettre, son acheminement par les canaux diplomatiques pouvant prendre plusieurs jours. Dmitri Peskov a indiqué que « M. Vladimir Poutine n’était pas le destinataire compétent en matière d’enquêtes ».

 

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