Satisfaits du maintien d'Angela Merkel

Sans surprise, la formation d’Angela Merkel, la CDU, a remporté les élections allemandes du 22 septembre, permettant à la chancelière d’accéder à un troisième mandat. Elle entend désormais former une coalition afin de gouverner à la majorité absolue au Bundestag. La presse russe brosse des portraits laudateurs de la « Dame de fer » allemande et voit en sa réélection non seulement une chance pour l’Europe, mais aussi pour la Russie.

Un gage de stabilité pour les années à venir

Ekaterina Kravtsova

THE MOSCOW TIMES / 24.09

La victoire d’Angela Merkel devrait assurer la stabilité des relations russo-allemandes pour les quatre années à venir.

Dans le programme de son parti, Merkel a loué les relations « de bon voisinage » avec la Russie et plaidé pour un nouvel accord de partenariat entre la Russie et l’Union européenne, pour davantage de coopération entre les citoyens des deux pays ainsi que pour de nouvelles avancées en vue d’un régime sans visa pour les entrepreneurs, étudiants et universitaires.

Même si Merkel continue de s’exprimer sans détour sur les problèmes des droits de l’Homme en Russie, les experts estiment que cela n’aura pas d’impact sur les affaires entre les deux pays.

Des sociaux-démocrates juges pragmatiques

Maria Gorkovskaïa

IZVESTIA / 23.09

Les conservateurs et les sociaux-démocrates (SPD) ont déjà été au pouvoir de 2005 à 2009. C’est de cette nouvelle coalition, la plus vraisemblable selon les experts, que dépend aujourd’hui le rapprochement entre Berlin et Moscou. Les deux formations défendent l’idée de nation et partagent le même esprit.

La politique étrangère les rapproche, notamment la volonté de renforcer les partenariats avec la Russie et l’aspiration à jouer un rôle de médiateur international. Les sociaux-démocrates sont traditionnellement reconnus pour leur politique orientale pragmatique. Ils pourraient notamment mener ce processus de rapprochement entre la Russie et l’UE.

Des intérêts économiques communs

Fiodor Loukianov

RIA NOVOSTI / 24.09

La réélection de Merkel n’entraînera certainement aucun changement pour la Russie, bien que l’on ne sache pas encore qui intégrera la coalition avec les chrétiens démocrates.

Moscou a toujours coopéré en bonne intelligence avec les sociaux-démocrates. Bien sûr, une potentielle alliance avec les Verts réjouirait moins le Kremlin, ce parti prêtant une attention particulière aux problèmes des droits de l’Homme et des minorités.

Dans tous les cas, les relations russo-allemandes sont solides, fondées sur des intérêts économiques communs qui ont traversé toutes les perturbations depuis les années 1960. Des changements radicaux paraissent de fait improbables.

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