Le cas Snowden sème l'embarras entre Moscou et Washington

Crédit photo : PhotoXpress

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Coincé à Moscou depuis sa spectaculaire échappée de Hong-Kong, le « lanceur d’alerte » Edward Snowden a multiplié les demandes d’asile (acceptées par des pays d’Amérique latine) pour échapper à son extradition vers les États-Unis. « La Russie ne livre jamais personne et n’a pas l’intention de le faire », a fait savoir Vladimir Poutine, tout en appelant l’ancien consultant de la NSA à cesser de « faire du tort » aux Américains.

Un arbitrage russe délicat


Éditorial

NEZAVISSIMAÏA GAZETA / 02.07

Du point de vue de l’image, c’est une histoire ennuyeuse, car il n’y a pas de bonnes solutions.

Livrer Snowden aux Américains ? Les défenseurs des droits de l’homme et une bonne partie de la presse, bienveillants à l’égard de l’ancien collaborateur de la NSA, n’approuveraient pas ce choix.

Lui accorder l’asile ou le laisser rejoindre l’Équateur ? Personne n’y verrait une position de principe, mais au contraire un geste d’anti-américanisme primaire.

La résolution du problème traîne. On a mis la Russie sur un lit très étroit, et désormais elle ne cesse de se retourner à la recherche de la position la plus confortable.

Un camouflet pour les États-Unis


Éditorial

GAZETA.RU  / 28.06

Ce scandale s’est déporté en terrain russe au moment même où l’insistance des Américains s’intensifiait. Le Kremlin a accepté de devenir le principal adversaire de la Maison Blanche.

Le fait que l’administration Obama ait admis, ou plutôt qu’elle n’ait pas réussi à empêcher la mutation de cette affaire en scandale mondial, lui est extrêmement dommageable. Alors qu’elle critique en permanence Poutine sur les violations des droits de l’homme, elle est aujourd’hui contrainte de le supplier d’extrader un ancien agent ayant révélé les détails de l’intrusion de ses propres autorités dans la vie privée des autres.

Un impact à relativiser


Andreï Smirnov et Nikolaï Zimine

ITOGI / 01.07

La Russie n’a pas de raisons de remettre Snowden. Premièrement, cet incident ne peut pas dégrader les relations entre Moscou et Washington. Après l’adoption de la « liste Magnitski » et de sa réponse russe, la « loi Dima Yakovlev », les rapports entre les deux pays sont proches du point de congélation.

Deuxièmement, la fuite d’un agent vers le territoire d’un ennemi potentiel est quelque chose de courant.

Troisièmement, il ne faut pas oublier que Snowden est chez nous de passage. Il ne comptait pas demander l’asile à la Russie. Par conséquent, Moscou a parfaitement le droit d’affirmer qu’elle n’est pas concernée.

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