Les adieux à la Dame de Fer

La mort de Margaret Thatcher, c’est la fin d’une époque. Pour les Russes, celle qu’on a surnommée la Dame de fer représentait la première tentative sérieuse de l’Occident de s’entendre avec l’URSS. Sa poigne, son conservatisme, son respect des traditions et sa défense acharnée des intérêts de son pays en avaient fait une héroïne naturelle pour un grand nombre de Russes. On considère aussi que son héritage reste palpable à ce jour.

La première des mohicans


Editorial

GAZETA.RU / 08.04

Les relations amicales entre Thatcher et Gorbatchev ont réellement favorisé la « détente des tensions internationales ». Ce qui contraste avec l’influence qu’a pu avoir sur les relations entre les États-Unis et la Russie l’amitié entre George Bush Junior et Vladimir Poutine.

La rhétorique diplomatique russe est encore tributaire aujourd’hui du monde créé par Thatcher, entre autres dirigeants des grandes puissances du XXème siècle. Nos fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et le président lui-même continuent régulièrement d’accuser l’Occident de considérer la Russie dans l’esprit de la Guerre froide, en prenant pour acquis qu’elle est terminée. 

Une grande dame


Mikhail Gorbatchev 

NOVAÏA GAZETA / 09.04

Pourquoi avons-nous réussi à trouver un terrain d’entente ? Entre autres parce qu’une relation personnelle s’est établie peu à peu, la confiance s’est instaurée. Le plus important est que Thatcher n’a jamais remis en cause nos intentions, s’opposant à ceux qui considéraient que la perestroïka n’était qu’une tentative d’« endormir la vigilence de l’Occident ».

Et pendant l’étape critique de la perestroïka, quand il a fallu entreprendre des actions réelles pour soutenir les réformes dans notre pays, c’est elle qui a soutenu activement notre participation au sommet du G7 à Londres et a beaucoup œuvré aux préparatifs de cette rencontre. 

Un corde au cou 

Boris Mejouev

Izvestia / 09.04

Quel rôle a joué Thatcher dans l’histoire des réformes en Russie post-soviétique ? Franchement, un rôle très négatif.

L’appel à une privatisation de masse débridée, à la dissolution des institutions représentatives et au changement constitutionnel, tout cela témoignait d’un terrible manque de tact. En somme, Eltsine a accompli ses transformations révolutionnaires et libérales conformément aux exigences de la défunte lady.

Et les conséquences de ces réformes, profondément néfastes pour la Patrie, nous continuons à les digérer aujourd’hui. Inutile de pleurer Thatcher, elle va continuer à diriger le monde et la Russie depuis sa tombe. 

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