Syrie : Russie et USA pousseront le pouvoir et l'opposition au dialogue

Lors de la réunion, les ministres ont également discuté de la question clé pour la Russie de l'adoption des enfants. Crédit photo : Reuters

Lors de la réunion, les ministres ont également discuté de la question clé pour la Russie de l'adoption des enfants. Crédit photo : Reuters

La Russie et les États-Unis ont réaffirmé leur position commune sur la Syrie et feront tout leur possible pour que les autorités et l'opposition entament un dialogue, a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue d'une rencontre tenue le 26 février à Berlin avec le secrétaire d'État américain John Kerry.

« Concernant la Syrie, le principal est que nous avons réaffirmé notre compréhension commune du caractère insupportable de la poursuite de la violence, et à travers cette compréhension – notre détermination à faire tout ce qui dépend de la Russie et des États-Unis, bien sûr tout ne dépend pas de nous, mais ce qui en dépend, nous le ferons afin de créer des conditions propices au lancement rapide d'un dialogue entre le gouvernement et l'opposition », a indiqué le ministre russe cité par RIA Novosti.

Selon M. Lavrov, « personne ne résoudra les problèmes des Syriens à leur place, mais pour que ce règlement soit évoqué, il est nécessaire de s'asseoir à la table des négociations ».

Lors de la réunion, les ministres ont également discuté de la question clé pour la Russie de l'adoption des enfants. Tel que rapporté par les médias, M. Kerry a assuré à Lavrov qu'il allait personnellement prendre des mesures pour garantir la transparence et la responsabilité envers Moscou dans ce domaine.

« Nous avons discuté en détail des problèmes liés à l'adoption d'enfants russes. John Kerry a admis que le problème n'était pas inventé de toutes pièces... et a assuré qu'il allait personnellement prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer aux États-Unis une pleine transparence et une responsabilité envers nous dans ce domaine », a déclaré M. Lavrov cité par RIA Novosti.

Selon le chef de la diplomatie russe, M. Kerry a fait une déclaration très importante. « Nous veillerons à ce que ces propos (ceux du Secrétaire d'État) soient traduits en actes », a ajouté M. Lavrov. Au cours des pourparlers, les diplomates ont évoqué le sujet de la défense antimissile.

Lundi, les enquêteurs russes ont ouvert une enquête criminelle pour « assassinat » suite à la mort d'Anton Fomine, neuf ans, aux États-Unis. Anton Fomine a émigré en 2005 aux Etats-Unis avec ses parents. Peu après, son père est mort d'un cancer, et sa mère a été incapable de s'occuper de lui en raison de problèmes de santé. Le garçon est mort dans un incendie, étouffé par inhalation de fumée. Les enquêteurs américains n'ont trouvé aucune preuve de la culpabilité des tuteurs d'Anton, et ont classé l'affaire.

La veille, le journal russe Kommersant, se référant à des sources diplomatiques, a écrit que Barack Obama et Vladimir Poutine sortiraient de l'impasse sur la défense antimissile en échangeant des déclarations politiques promettant de ne pas utiliser leur potentiel l'un contre l'autre. Après la rencontre avec Kerry, le ministre russe des Affaires étrangères a cependant démenti cette information. « J'ai lu ce communiqué et ai parlé avec ses auteurs. Je ne sais pas où l'auteur a ses sources, mais il n'y a aucun fondement pour un reportage de ce genre. Je ne sais pas où cette information est apparue », a-t-il dit. 

« Nous avons présenté notre position. Nous avons recueilli suffisamment de déclarations, dans le cadre de l'OSCE et du Conseil Russie – OTAN, et nous avons déclaré au sommet que nous lutterions pour garantir l'indivisibilité de la sécurité. Ainsi, personne d'entre nous n'assurera sa sécurité aux dépends des autres », a souligné le ministre.

Selon M. Lavrov, Moscou estime que le système antimissile de l'OTAN « sera un défi pour notre sécurité, de sorte que des déclarations ne suffisent pas ».

« Si nous ne pouvons pas trouver un accord sur un système commun, ce que la Russie a proposé à plusieurs reprises depuis 2007, lorsque le président Poutine s'est rendu aux États-Unis, il faut alors bien sûr évoquer non pas des déclarations, mais des garanties. On vérifiera selon des critères objectifs militaires et techniques que ce système n'est pas dirigé contre le potentiel nucléaire de la Russie », a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères.

Article réalisé sur la base de matériaux de RIA Novosti, Gazeta.Ru et Vzgliad.

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