Trois histoires d’épouvante sur Saint-Pétersbourg qu'un guide ne vous racontera jamais

Qu’il s’agisse de Raspoutine ou d’une fillette accompagnée de sa poupée de porcelaine, les fantômes semblent légion dans la capitale du Nord russe.

Le fantôme de Raspoutine sur la rue Gorokhovaïa

Grigori Raspoutine est l’un des plus mystérieux et funestes personnages de l’histoire russe. Après avoir voyagé à travers les monastères et les cloîtres de Russie, il a acquis la réputation d’un vieil d’homme sage, guérisseur et voyant. Le tsar et sa famille lui ont alors accordé leur confiance inconditionnelle, lui réservant une place de choix à la cour royale.

En 1914 Raspoutine s’est installé au 64, rue Gorokhovaïa, dans le plus prestigieux quartier de Saint-Pétersbourg. La population et les nobles affluaient vers cette bâtisse, dans l’espoir de voir leur santé s’améliorer ou leur destin être prédit. Des témoins affirmeront d’ailleurs plus tard qu’il possédait bel et bien un don de voyance et avait prédit la sanglante révolution ainsi que la chute de la monarchie russe.

En 1916, Raspoutine a été assassiné, mais ceux qui avaient planifié de le tuer n’avait aucune idée de la difficulté que cela représenterait. Ils l’ont tout d’abord empoisonné, puis lui ont tiré à bout portant dans le front, lui ont brisé le crâne, et ont finalement jeté son corps dans le cours d’eau gelé de la Petite Neva. L’autopsie a néanmoins révélé que la véritable cause de la mort n’était ni le poison, ni les blessures par balles, ni la noyade. Il a par la suite été enterré à Tsarskoïe Selo.

En 1917, sur ordre du gouvernement provisoire, son cercueil a été transféré sur le Mont Poklonnaïa, à Moscou. Selon la légende, le véhicule transportant son corps serait tombé en panne sur le chemin et Raspoutine n’aurait donc pas été enterré, mais incinéré dans la salle des chaudières de l’Institut Polytechnique. On dit depuis lors que son âme n’a pas trouvé le repos, et que le vieil homme apparait chaque nuit dans les couloirs de la maison du 64, rue Gorokhovaïa. D’après les dires, le fantôme ne causerait cependant aucun mal, et maintiendrait l’ordre dans la demeure.

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Le chevalier de Malte et la fille à la poupée de porcelaine

Le cimetière de Smolensk est l’un des plus anciens de Saint-Pétersbourg. Les fantômes qui y résident sont considérés comme majoritairement inoffensifs.

À la fin du XIXe siècle, un habitant du coin, Nikolaï Verbine, a rédigé une curieuse note dans son journal. Alors qu’il marchait dans le cimetière, lors d’une journée couverte d’automne, il aurait soudainement rencontré un homme vêtu d’habits de l’Ordre de Malte. Nikolaï se serait alors incliné devant l’étranger en signe de respect, mais en l’espace d’un battement de paupières, ce mystérieux personnage aurait disparu aussi soudainement qu’il était apparu. Dans le même temps, dans une allée adjacente, il aurait aperçu une fillette marchant avec une poupée de porcelaine dans les mains. Mais après avoir essayé de la suivre, elle aurait à son tour disparu, laissant place à une tombe, sur laquelle aurait reposé cette même poupée de porcelaine, à l’endroit exact où se seraient tenues les mains de la fillette quelques instants auparavant.

De nos jours, de nombreux habitants de Saint-Pétersbourg murmurent des légendes à propos du cimetière de Smolensk. Ils affirment que si vous avez une décision difficile à prendre, il faut aller se promener dans ses allées, et les fantômes de professeurs et d’académiciens qui y ont été enterrés vous conseilleront.

Le moine adepte de magie noire

Comme vous l’aurez compris, il y a à Saint-Pétersbourg plusieurs cimetières célèbres, et encore plus de légendes et d’histoires à leur propos. Certaines parlent d’un moine dans les années 70, nommé Prokopi, qui vivait près du cimetière Saint-Nicolas. Il était connu pour pratiquer la sorcellerie et plus spécifiquement la magie noire. Un beau jour, le diable serait apparu devant lui et lui aurait proposé un marché : son âme en échange de l’immortalité. Afin de remplir les termes de l’accord, dans la nuit de Pâques, le moine aurait attiré une jeune femme aux mœurs légères dans le cimetière. Il l’aurait alors attachée à une croix, lui aurait arraché les yeux, coupé sa langue et rempli un calice de son sang. Il aurait ensuite dû maudire Dieu 666 fois, et boire le sang de la malheureuse avant l’aurore. Mais le moine aurait manqué de temps, et lorsque les premiers rayons de soleil ont fait leur apparition, il serait tombé raide mort. Les témoins jurent que la jambe droite de l’homme s’est transformée en chat, et qu’à partir de ce moment, les visiteurs du cimetière ont commencé à y apercevoir un énorme chat noir avec des taches grises sur son dos.

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