Un mouvement nationaliste interdit en Russie

Activistes du Mouvement contre l'immigration illégale à Moscou en mars 2009. Ce mouvement nationaliste a été déclaré illégal en 2011.

Activistes du Mouvement contre l'immigration illégale à Moscou en mars 2009. Ce mouvement nationaliste a été déclaré illégal en 2011.

Maxim Shemetov/TASS
La justice a interdit l’activité de l’union des nationalistes russes, la reconnaissant comme extrémiste. Toutefois, les experts estiment que la décision du tribunal n’affectera pas fortement leur situation.

Un tribunal de Moscou a classé l’union Rousskiye (les Russes) sur la liste des organisations extrémistes et a interdit son activité sur le sol du pays. Il s’agit du mouvement nationaliste russe le plus puissant. L’initiative visant à le reconnaître comme extrémiste a été avancée en août dernier par le Parquet de la capitale. L’organe de la justice a alors estimé que le programme de l’union vise à attiser l’hostilité sur la base de l’appartenance ethnique et « appelle à entamer une lutte de libération nationale pour la mise en place d’un État fondé sur l’ethnie ». La demande du parquet a été satisfaite mercredi 28 octobre. 

Présent au tribunal, le représentant de Russkiye Dmitri Diomouchkine a pourtant estimé que le parquet n'avait pas fourni de preuves de l'activité extrémiste de l'union. Il a en outre rappelé que l'organisation n'était pas enregistrée. « On ne peut pas interdire ce qui n'existe pas », a-t-il indiqué. 

Ceci étant dit, il est peu probable que l’interdiction émise par le tribunal porte un coup dur au mouvement nationaliste en Russie, considèrent les interlocuteurs de RBTH. « Le mouvement des nationalistes russes est très amorphe du point de vue organisationnel », estime l'avocat Matveï Tsen, spécialisé dans les affaires des nationalistes. Le mouvement Rousskiye n'a ni structure, ni plan précis, ni même un système de collecte et de redistribution de moyens. Pour tous les autres mouvements nationalistes du pays, la situation est similaire.

Alexandre Verkhovski, le directeur du centre analytique Sova, expert du nationalisme et de la xénophobie partage cet avis : prise à part, chaque décision de ce type n'entraîne aucune conséquence sérieuse et n'a qu'une importance symbolique reflétant la position de l'État. « Diomouchkine dirigeait avant l’organisation Slavianski Soyouz [Union slave, interdite en 2010]. Qu’est-ce qu’on fait ces gens ? Ils ont appelé leur organisation Slavianskaya Sila Soyouz [Force Slave, également interdite] portant la même abréviation et rien ne leur a été fait », rappelle Verkhovski. 

Auparavant, les nationalistes ont demandé l’autorisation de la Mairie de Moscou pour tenir le 4 novembre prochain, le Jour de l’Unité nationale, la traditionnelle « Marche russe », à l’organisation de laquelle l’union prend une part active. Toutefois, il semble que la décision du tribunal n’affecte pas les projets des Rousskiye. Comme l’a expliqué Dmitri Diomouchkine à RBTH, les documents sont présentés par un groupe d’individus et non pas au nom des organisations, ce qui signifie qu’il pourra poursuivre la préparation de la marche. 

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