La piste française dans « l'affaire Rosbank »

De nouveaux détails sont survenus dans l'affaire criminelle scandaleuse de l'ex-président de Rosbank Vladimir Goloubkov, écrit le 29 juillet 2013 le quotidien Izvestia.

Le Comité d'enquête russe a interrogé 10 hauts responsables de la banque, dont le Français François Bloch. Il a déclaré que Goloubkov ne pouvait prendre aucune décision sans son collègue – le vice-président de la banque Juan Carlos Albizzati, ni sans l'autorisation de la direction de la banque-mère – le Groupe Société Générale.

Parmi les hauts responsables de Rosbank interrogés figurent la directrice du département des opérations créancières Elena Fateeva, la vice-présidente de la banque pour la gestion des risques Perizat Chaïkhina, le directeur du Corporate Banking Michel Macagno, le vice-président Juan Carlos Albizzati et le premier vice-président de Rosbank François Bloch.

Une source proche de l'enquête a déclaré que même si Bloch avait été très prudent dans les réponses données aux enquêteurs, il avait dévoilé une information importante qui devrait aider l'enquête.

Ainsi, Bloch, membre de la commission créancière de Rosbank, a été incapable de se souvenir s'il était présent à la réunion où a été prise la décision de prolonger de cinq ans la durée de la limite de risque pour le groupe Ecooffice (dont le directeur Andreï Kovalev est l'un des plaignants dans l'affaire). Cependant, le Français a déclaré que Vladimir Goloubkov avait délégué une partie de ses pouvoirs à ses subordonnées en décidant personnellement du degré d'autonomie avec lequel ils agissaient au nom de Goloubkov.

Bloch a également expliqué que le siège du Groupe Société Générale (la banque française est l'actionnaire principal de Rosbank) était en permanence au courant de la situation au sein du département russe. Selon Bloch, il était impossible d'approuver la restructuration du contrat créancier pour des montants élevés sans l'accord du siège à l'étranger. Son autorisation n'était pas nécessaire uniquement lorsqu'il s'agissait de « prêts insignifiants ».

A l'heure actuelle, l'affaire pénale pour corruption commerciale oppose le copropriétaire du holding Ecooffice Andreï Kovalev et son ex-épouse Tatiana au président de Rosbank Vladimir Goloubkov et la vice-présidente Tamara Polianitsyna qui ont été arrêtés le 15 mai 2013.

Selon l'enquête, Goloubkov a découvert que l'un des emprunteurs de la banque – la société Avto-Prestige 1 (spécialisée dans les transactions immobilières) – était en négociations pour la restructuration de son prêt auprès de la banque. A l'époque, Tatiana Kovaleva était la directrice générale de la société, et son ex-mari Andreï Kovalev était son adjoint. Les entrepreneurs souhaitaient prolonger les délais de remboursement du crédit accordé par Rosbank en novembre 2007, ainsi que bénéficier d'une réduction du taux d'intérêt.

D'après l'enquête, Goloubkov avait décidé de se faire de l'argent sur cette transaction, mais afin de « se couvrir », il avait demandé à sa subordonnée Tamara Polianitsyna de négocier avec Avto-Prestige 1. Selon les enquêteurs, Goloubkov promettait de la récompenser financièrement pour ce service.

Source : RIA Novosti

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