Efficacité énergétique : les pays exportateurs et développés souvent mal notés (WEF)

La Russie occupe la 27e place du classement. Crédit photo : ITAR-TASS

La Russie occupe la 27e place du classement. Crédit photo : ITAR-TASS

Les systèmes énergétiques les plus avancés sont ceux de la Norvège, de la Suède et de la France. En queue de classement : l'Éthiopie, la Tanzanie et le Liban.

Le Forum économique mondial (WEF) et la société Accenture ont réalisé un classement de l'efficacité du secteur carburant-énergie de 105 pays. Il montre à quel point leur système énergétique contribue au développement économique, et comment il influe sur l'environnement et la sécurité énergétique.

Les systèmes les plus avancés se trouvent en Norvège, en Suède, en France, en Suisse, en Nouvelle-Zélande, en Colombie, en Lettonie, au Danemark, en Espagne et au Royaume-Uni. Les moins efficaces sont en Ethiopie, en Tanzanie, au Liban, au Mozambique, au Népal, en Mongolie et au Bahreïn.

La Russie occupe la 27e place du classement. La plupart des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont derrière elle, sauf le Brésil qui est 21e. L'Afrique du Sud est 59e, l'Inde : 62e, et la Chine : 74e. Les États-Unis (55e) sont encore plus bas dans le classement, et la plupart des pays de l'OPEP sont mal notés : l'Arabie saoudite est 82e, l’Iran 96e.

La Russie est parvenue à dépasser d'autres pays exportateurs de ressources grâce à un haut niveau d'électrification, à son indépendance envers les importations de matières premières, au coût élevé des exportations et à une industrie nucléaire développée. Parmi les points négatifs : la trop forte intensité énergétique du PIB et des normes environnementales faibles sur les émissions. « Le bilan énergétique de la Russie comporte une plus faible part pour le charbon et le mazout », ajoute l'analyste de Nomos Bank Denis Borissov.

Les économies en développement rapide et industrialisées, tout comme les pays riches en ressources naturelles, ont souvent tendance à sacrifier l'écologie et l'efficacité énergétique, en subventionnant la consommation intérieure, indique le rapport. Les subventions au secteur des carburants et de l'énergie a augmenté en 2011 de 30% à 523 milliards de dollars, a estimé l'AIE. Ces subventions influent sur la formation des prix, estime le WEF.

Le prix intérieur du pétrole en Arabie Saoudite est de 10 dollars seulement. Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont totalisé 88 milliards de dollars en 2011, contre 523 milliards de dollars dépensés en subventions pour les carburants, calcule l'AIE. « Les prix ​​intérieurs en Russie sont contenus par les tarifs gaziers, et pour le pétrole par les taxes à l'exportation », a déclaré M. Borisov.

La part des combustibles et de l'énergie dans l'économie est de 30% au Nigeria, 35% au Venezuela et 57% Koweït contre 4% aux États-Unis. Selon Rosstat, en 2011, l'extraction de tous types de minéraux utiles en Russie s'est élevée à 9% du PIB.

La contribution du secteur carburant-énergie va changer, promet l'AIE : en 2020, les États-Unis seront le plus grand producteur mondial de pétrole, la Chine promet de réduire son intensité énergétique de 16% d'ici 2015, et l'UE compte réduire la demande en énergie de 20% d'ici 2020. Le Japon souhaite diminuer sa consommation d'électricité de 10% avant 2030.

Le but de cette réorganisation de l'architecture énergétique est de stimuler la croissance économique, d'assurer la sécurité et un accès égal à l'énergie, résument les auteurs de l'étude : « Parfois, il faut faire des sacrifices pour remplir trois conditions cruciales : diversification, énergie bon marché et respect de l'environnement ».

Article paru sur le site de Vedomosti le 12 décembre 2012.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.