AvtoVAZ : le géant automobile russe veut redevenir rentable d’ici deux ans

Des modèles de Lada présentés lors du Salon international de l'automobile de Moscou de 2016 au centre d'expositions Crocus Expo.

Des modèles de Lada présentés lors du Salon international de l'automobile de Moscou de 2016 au centre d'expositions Crocus Expo.

Sergei Savostyanov / TASS
La nouvelle direction du plus grand constructeur automobile russe AvtoVAZ prévoit de renouer avec la rentabilité d’ici 2018. L’objectif doit être atteint grâce au lancement de nouveaux modèles, à la réduction du prix de revient et à la stabilisation de la situation sur le marché automobile russe.

AvtoVAZ traverse des temps difficiles. Toutefois, le nouveau directeur général de la société, le Français Nicolas Maure, a déclaré dans une interview au journal en ligne Gazeta.ru qu’il avait l’intention de se focaliser sur le rétablissement des positions d’AvtoVAZ et sur le lancement de nouveaux modèles afin de rendre l’entreprise rentable dès 2018. Il a cependant précisé que beaucoup dépendrait du cours des devises et que l’objectif pourrait être atteint si une embellie est constatée sur le marché.

Toutefois, les prévisions de Nicolas Maure pour l’année prochaine ne sont guère optimistes. Selon lui, les ventes de voitures neuves en Russie atteindront en 2017 environ 1,3 million d’unités. Ce même chiffre est cité par le ministère russe de l’Industrie et du Commerce.

Toujours, d’après Nicolas Maure, AvtoVAZ prévoit cette année de fabriquer un peu plus de 420 000 véhicules et de maintenir une part de 20% du marché des véhicules légers.

Kirill Iakovenko, analyste de la société de courtage Alor Broker, est certain que les projets d’AvtoVAZ visant à renouer avec les bénéfices en 2018 sont réalistes.

« Vu que les concurrents d’AvtoVAZ rénovent leurs modèles et présentent des voitures restylées en moyenne tous les trois ans, le géant russe devra soit suivre la cadence, soit fermer l’entreprise et quitter le marché. La réticence à investir dans les études est le point faible de toutes les sociétés russes héritées du temps de l’Union soviétique. Dans une économie de marché, il est impossible de fabriquer une auto, aussi grand que soit son succès, pendant des dizaines d’années et d’espérer que les concurrents resteront les bras croisés  », a fait remarquer Kirill Iakovenko.

Selon lui, AvtoVAZ possède tant l’accès aux technologies nécessaires que les capacités de production requises. Il est vrai que l’entreprise a également des dettes, mais celles-ci ne doivent pas empêcher la réalisation de programmes d’investissement prioritaires visant à augmenter la part d’AvtoVAZ sur le marché intérieur et à intensifier ses exportations, a-t-il estimé.

Projets d’exportation et baisse du coût de revient

Un concept-car Lada Xcode présenté au Salon international de l'automobile de Moscou de 2016. Crédit : Sergei Savostyanov / TASSUn concept-car Lada Xcode présenté au Salon international de l'automobile de Moscou de 2016. Crédit : Sergei Savostyanov / TASS

AvtoVAZ se propose également de booster cette année ses exportations. Nicolas Maure a indiqué dans ce contexte que l’entreprise n’avait pas encore formé sa stratégie définitive d’exportation et qu’avant de s’attaquer à d’autres problèmes, elle se focaliserait sur les livraisons dans les pays de l’ex-URSS.

L’entreprise étudie les capacités d’une trentaine de pays pouvant être intéressés par les importations de Lada. Il s’agit notamment des pays du Proche-Orient et d’Afrique où les voitures russes ont toutes les chances de trouver un propriétaire.

Nicolas Maure avoue qu’AvtoVAZ avait de grandes ambitions dans le domaine des exportations, mais que celles-ci sont restées lettre morte. Les tensions entre Moscou et Kiev ont débouché sur la cessation des livraisons en Ukraine, tandis que le Kazakhstan développe la production locale. En ce qui concerne l’entrée sur le marché européen, la situation est plus complexe, car les exigences techniques y sont bien plus élevées : les véhicules sont soumis à la norme Euro 6, sans oublier la logistique et l’homologation.

« Si la dynamique du marché intérieur reste négative, ce n’est que grâce aux exportations qu’il est possible sinon d’accroître, du moins de préserver la production au niveau actuel pendant un an et demi ou deux ans, a poursuivi Kirill Iakovenko. Le marché principal pour AvtoVAZ sera l’Asie centrale, mais Lada a également des chances d’accroître ses livraisons en Europe orientale et en Amérique latine ».

Des Lada Vesta au Salon international de l'automobile de Moscou de 2016. Crédit : Sergei Savostyanov / TASSDes Lada Vesta au Salon international de l'automobile de Moscou de 2016. Crédit : Sergei Savostyanov / TASS

Cet avis est entièrement partagé par l’analyste du courtier IFC Markets, Dmitri Loukachov : « La récession économique est aujourd’hui observée non seulement en Russie, mais également dans la majorité des pays émergents, ce qui intensifie la demande de véhicules légers et utilitaires à un prix abordable et peu coûteux à l’entretien. Une croissance des exportations de 20% à 25% d’ici deux ans est pour AvtoVAZ un objectif réaliste à condition de trouver les bons coups de marketing et de formation des prix ».

Nicolas Maure a fait connaître son intention de réduire le coût de revient d’une voiture de 20%, notamment grâce à la stratégie japonaise Monozukuri qui prévoit de choisir un design plus optimal et de faire des économies sur les matières en remplaçant à certains endroits l’aluminium par du plastique.

D’ici 2025, AvtoVAZ se propose de lancer huit nouveaux modèles et d’organiser huit face lift. Deux nouvelles autos seront mises en vente avant la fin de 2019, a souligné Nicolas Maure dans son interview à Gazeta.ru. L’une d’elles sera le break Lada Vesta Cross.

Le texte est publié en version abrégée. Le texte intégral en russe est disponible sur le site de Gazeta.ru

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